Le réseau égyptien pour l’abolition de la dette et le droit à un développement équitable (ENADED)

Texte de présentation

25 mai par CADTM , ENADED


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Le capitalisme a de plus en plus tendance à mondialiser tous les aspects de la vie humaine, aussi nos luttes doivent-elles également se situer à un niveau mondial. Il est vital de développer des stratégies de réseautage avec d’autres organisations qui partagent nos positions. Le capitalisme a eu pour conséquence des formes de plus en plus marquées d’impérialisme et de dépendance économique ; l’intensification du capitalisme financier a entraîné l’augmentation de la dette des pays du Sud. La problématique de la dette est un élément clé contre lequel il nous faut lutter car le spectre de la dette s’est emparé de notre lutte au quotidien. L’objectif principal de notre réseau égyptien est donc d’offrir une meilleure connaissance de la problématique de la dette en Égypte et, ce faisant, de développer une conscience plus vive de la nécessité de l’engagement.

Cette présentation tente de définir le réseau, ses participants, les rôles qu’il peut jouer et les luttes dans lesquelles il va s’engager étant donné la stagnation économique et politique dans laquelle nous nous trouvons. Nous brosserons tout d’abord un rapide historique de la création de dette en Égypte et du statut actuel de la dette dans le pays. Cet aperçu nous permettra de comprendre à la fois l’économie politique de la dette en Égypte et les conséquences sociales de ce processus.

Qui sommes-nous ?

Le Réseau égyptien pour l’abolition de la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
et le droit à un développement équitable
(ENADED) est un cadre de coordination qui rassemble des militants de gauche, des institutions des droits de l’homme, des organisations de la société civile qui s’investissent dans la lutte contre la domination capitaliste et l’impérialisme et contre les politiques économiques qui en découlent, à l’échelle régionale et à l’échelle mondiale. L’ère impérialiste dans laquelle nous vivons est caractérisée par des politiques de développement particulièrement inéquitables. Les politiques de la dette publique sont au centre des stratégies de l’ère impérialiste à l’échelle mondiale. Notre réseau cherche à organiser la lutte contre ces orientations, en particulier les politiques d’endettement.

Le réseau travaille avec des partenaires et des camarades régionaux et mondiaux pour développer des stratégies de résistance plus efficaces. Nous cherchons à promouvoir des politiques alternatives pour un développement équitable. C’est grâce à la coordination avec les militants et les organisations régionales et mondiales que nous pourrons étoffer notre structure. Le réseau travaille dans le cadre des stratégies du CATDM de lutte contre la mondialisation Mondialisation (voir aussi Globalisation)
(extrait de F. Chesnais, 1997a)
Jusqu’à une date récente, il paraissait possible d’aborder l’analyse de la mondialisation en considérant celle-ci comme une étape nouvelle du processus d’internationalisation du capital, dont le grand groupe industriel transnational a été à la fois l’expression et l’un des agents les plus actifs.
Aujourd’hui, il n’est manifestement plus possible de s’en tenir là. La « mondialisation de l’économie » (Adda, 1996) ou, plus précisément la « mondialisation du capital » (Chesnais, 1994), doit être comprise comme étant plus - ou même tout autre chose - qu’une phase supplémentaire dans le processus d’internationalisation du capital engagé depuis plus d’un siècle. C’est à un mode de fonctionnement spécifique - et à plusieurs égards important, nouveau - du capitalisme mondial que nous avons affaire, dont il faudrait chercher à comprendre les ressorts et l’orientation, de façon à en faire la caractérisation.

Les points d’inflexion par rapport aux évolutions des principales économies, internes ou externes à l’OCDE, exigent d’être abordés comme un tout, en partant de l’hypothèse que vraisemblablement, ils font « système ». Pour ma part, j’estime qu’ils traduisent le fait qu’il y a eu - en se référant à la théorie de l’impérialisme qui fut élaborée au sein de l’aile gauche de la Deuxième Internationale voici bientôt un siècle -, passage dans le cadre du stade impérialiste à une phase différant fortement de celle qui a prédominé entre la fin de Seconde Guerre mondiale et le début des années 80. Je désigne celui-ci pour l’instant (avec l’espoir qu’on m’aidera à en trouver un meilleur au travers de la discussion et au besoin de la polémique) du nom un peu compliqué de « régime d’accumulation mondial à dominante financière ».

La différenciation et la hiérarchisation de l’économie-monde contemporaine de dimension planétaire résultent tant des opérations du capital concentré que des rapports de domination et de dépendance politiques entre États, dont le rôle ne s’est nullement réduit, même si la configuration et les mécanismes de cette domination se sont modifiés. La genèse du régime d’accumulation mondialisé à dominante financière relève autant de la politique que de l’économie. Ce n’est que dans la vulgate néo-libérale que l’État est « extérieur » au « marché ». Le triomphe actuel du « marché » n’aurait pu se faire sans les interventions politiques répétées des instances politiques des États capitalistes les plus puissants (en premier lieu, les membres du G7). Cette liberté que le capital industriel et plus encore le capital financier se valorisant sous la forme argent, ont retrouvée pour se déployer mondialement comme ils n’avaient pu le faire depuis 1914, tient bien sûr aussi de la force qu’il a recouvrée grâce à la longue période d’accumulation ininterrompue des « trente glorieuses » (l’une sinon la plus longue de toute l’histoire du capitalisme). Mais le capital n’aurait pas pu parvenir à ses fins sans le succès de la « révolution conservatrice » de la fin de la décennie 1970.
capitaliste et contre les processus impérialistes de création de dette.


Situation actuelle

En septembre 2017, la Banque centrale Banque centrale La banque centrale d’un pays gère la politique monétaire et détient le monopole de l’émission de la monnaie nationale. C’est auprès d’elle que les banques commerciales sont contraintes de s’approvisionner en monnaie, selon un prix d’approvisionnement déterminé par les taux directeurs de la banque centrale. d’Égypte (CBE) a annoncé que la dette extérieure du pays était passée à 79 milliards de dollars US, soit une augmentation de 41% par rapport à l’année précédente. La dette extérieure de l’Égypte au cours de l’exercice 2015-2016 était d’environ 55,8 milliards de dollars US.

Les dettes à court terme représentaient environ 39 % des réserves de change, à un moment où les normes internationales considéraient que ce niveau était encore sûr. La dette extérieure de l’Égypte s’est creusée en raison de l’accroissement des prêts à effet de levier Effet de levier L’effet de levier désigne l’effet sur la rentabilité des capitaux propres d’une entité (entreprise, banque, etc.) qu’aura son recours à l’endettement (elle augmentera lorsque le coût de l’endettement sera inférieur à l’augmentation des bénéfices obtenus grâce à lui, et inversement). Le ratio de levier calcule le rapport entre les fonds propres d’une telle entité et le volume de ses dettes. Les banques ont progressivement augmenté cet effet de levier avec la libéralisation financière, c’est-à-dire que pour 1000 euros de capital le nombre d’euros qu’elles ont pu emprunter a considérablement augmenté. consentis par des institutions financières internationales (IFIs) et de l’émission d’obligations Obligations
Obligation
Part d’un emprunt émis par une société ou une collectivité publique. Le détenteur de l’obligation, l’obligataire, a droit à un intérêt et au remboursement du montant souscrit. Il peut aussi, si la société est cotée, revendre son titre en bourse.
internationales pour couvrir le déficit de sa balance des paiements Balance des transactions courantes
Balance des paiements
La balance des transactions courantes d’un pays ajoute à la balance des biens et services la balance des transferts unilatéraux, concernant des biens ou services importés ou exportés sans rétribution apparente : dons, subventions, envois d’argent à l’étranger par des travailleurs immigrés, etc. Le solde, appelé solde des paiements courants, traduit la position financière d’un pays par rapport au reste du monde.

Un pays disposant d’un excédent de ses paiements courants est un pays prêteur vis-à-vis du reste du monde. Inversement, si la balance d’un pays est déficitaire, ce pays devra se tourner vers les prêteurs internationaux afin d’emprunter pour ses besoins de financement. La balance des opérations en capital, dont le solde est l’opposé du solde des paiements courants, vient boucler la balance des paiements, qui est donc, par définition, équilibrée.
. Le marché de la dette souveraine a connu une forte hausse des investissements étrangers depuis novembre dernier, avec l’introduction du flottement de la monnaie locale, les taux d’intérêt Taux d'intérêt Quand A prête de l’argent à B, B rembourse le montant prêté par A (le capital), mais aussi une somme supplémentaire appelée intérêt, afin que A ait intérêt à effectuer cette opération financière. Le taux d’intérêt plus ou moins élevé sert à déterminer l’importance des intérêts.
Prenons un exemple très simple. Si A emprunte 100 millions de dollars sur 10 ans à un taux d’intérêt fixe de 5 %, il va rembourser la première année un dixième du capital emprunté initialement (10 millions de dollars) et 5 % du capital dû, soit 5millions de dollars, donc en tout 15millions de dollars. La seconde année, il rembourse encore un dixième du capital initial, mais les 5 % ne portent plus que sur 90 millions de dollars restants dus, soit 4,5 millions de dollars, donc en tout 14,5 millions de dollars. Et ainsi de suite jusqu’à la dixième année où il rembourse les derniers 10 millions de dollars, et 5 % de ces 10 millions de dollars restants, soit 0,5 millions de dollars, donc en tout 10,5 millions de dollars. Sur 10 ans, le remboursement total s’élèvera à 127,5 millions de dollars. En général, le remboursement du capital ne se fait pas en tranches égales. Les premières années, le remboursement porte surtout sur les intérêts, et la part du capital remboursé croît au fil des ans. Ainsi, en cas d’arrêt des remboursements, le capital restant dû est plus élevé…
Le taux d’intérêt nominal est le taux auquel l’emprunt est contracté. Le taux d’intérêt réel est le taux nominal diminué du taux d’inflation.
enregistrant une hausse de 700 points de base depuis lors.

L’estimation de la dette extérieure par la banque centrale égyptienne pour le dernier exercice était plus élevée que celle du Fonds monétaire international FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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(FMI), qui a signé un accord de prêt avec le pays en novembre 2016. Dans un rapport publié ce mois-ci (ndlr : avril 2018), le FMI estime la dette extérieure au cours de l’exercice 2017 à 76 milliards de dollars US et prévoit un retour à 74 milliards de dollars US pour l’année prochaine.

Ces signes d’un recours accru à la dette pour financer le déficit budgétaire égyptien sont d’autant plus inquiétants que l’endettement public en Égypte est en augmentation, la dette publique intérieure atteignant près de 200 % du PIB PIB
Produit intérieur brut
Le PIB traduit la richesse totale produite sur un territoire donné, estimée par la somme des valeurs ajoutées.
Le Produit intérieur brut est un agrégat économique qui mesure la production totale sur un territoire donné, estimée par la somme des valeurs ajoutées. Cette mesure est notoirement incomplète ; elle ne tient pas compte, par exemple, de toutes les activités qui ne font pas l’objet d’un échange marchand. On appelle croissance économique la variation du PIB d’une période à l’autre.
.

Après l’adoption par la banque centrale égyptienne, en novembre 2016, d’une politique de taux de changes flexibles, la monnaie locale a perdu plus de la moitié de sa valeur. Cette hausse spectaculaire du dollar face à la livre égyptienne a contribué à une augmentation chaque année des taux d’inflation Inflation Hausse cumulative de l’ensemble des prix (par exemple, une hausse du prix du pétrole, entraînant à terme un réajustement des salaires à la hausse, puis la hausse d’autres prix, etc.). L’inflation implique une perte de valeur de l’argent puisqu’au fil du temps, il faut un montant supérieur pour se procurer une marchandise donné. Les politiques néolibérales cherchent en priorité à combattre l’inflation pour cette raison. , qui sont revenus à des niveaux proches de ceux atteints au milieu des années 80. Cela a eu de graves effets sur la consommation nationale, en chute notamment au sein des classes inférieures, principalement constituées, aujourd’hui en Égypte, de travailleurs pauvres et de paysans marginalisés.

L’ensemble de l’économie égyptienne était entré dans une phase de stagnation au milieu des années 80, en raison des politiques de création de la dette, et les indicateurs de la dette intérieure et extérieure avaient atteint des niveaux astronomiques alors que le gouvernement égyptien et la banque centrale du pays assuraient que la dette était encore sous contrôle.

L’Égypte doit également faire face à un phénomène préoccupant en ce qui concerne l’aggravation de l’endettement privé à l’intérieur du pays. La loi 141 adoptée en 2014 a autorisé la délivrance de microcrédit aux citoyens égyptiens par des entreprises financières. Cette évolution est dangereuse, car elle conduit à faire entrer des citoyens pauvres d’Égypte dans l’engrenage du capitalisme financier mondial. Notre réseau se doit de lutter contre ces mesures, mais aussi de faire face aux politiques de la dette publique et d’œuvrer à d’autres solutions justes et équitables en faveur de la population.


La question de la dette et la dépendance économique

Historiquement, la question de la dette est au centre de tous les mouvements sociaux en Égypte, de la révolution Orabi en 1882 jusqu’à la guerre de 1956. En 1956, la bataille de Port Saïd a été livrée parce que la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 189 membres en 2017) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRÊTS ACCORDÉS PAR LA BM :

1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site :
et les puissances coloniales refusaient à l’Égypte le droit de nationaliser le Canal de Suez en réaction aux mesures de la Banque mondiale qui privaient le pays des fonds nécessaires à la construction d’un barrage sur le Nil. La question de la dette a fourni des arguments aux mouvements populaires en Égypte, et a débouché sur des revendications comme la « libération nationale » et le « développement indépendant ». Par conséquent, l’État autoritaire qui s’est mis en place après l’indépendance a adopté un discours relativement socialiste malgré le fait que ces régimes autoritaires ont également approfondi la distorsion moderniste ici en Égypte. Mais si l’économie égyptienne post-indépendance s’appuyait sur des stratégies nationales de fabrication et de substitution des importations, elle n’appelait pas explicitement au désengagement du centre capitaliste.

Qui peut prendre la responsabilité du désengagement par rapport au centre capitaliste ? La seule voie à suivre est le développement d’un nouveau mouvement social. Ce mouvement s’opposera à la fois aux classes bourgeoises traditionnelles et à l’ordre capitaliste mondialisé dans lequel elles sont intégrées. Le nouveau monde que nous voulons construire sera plutôt associé aux classes populaires victimes de l’appauvrissement (paysans pauvres, travailleurs marginalisés et population urbaine démunie). Par conséquent, le désengagement est la politique des exclus. Le désengagement présuppose l’émergence d’une volonté politique de changement. Ce principe suppose également des progrès dans les domaines de la démocratie et des droits collectifs, l’unité du Tiers Monde et l’autonomie de chaque nation. Un monde multipolaire est aussi un moyen de se désengager. Il s’agit également d’une forme bien arrêtée de non-alignement, permettant plusieurs sortes de négociations tactiques.


Les revendications du réseau égyptien

  1. L’objectif premier du réseau égyptien est de combattre la dette et d’œuvrer à un développement équitable, d’annuler immédiatement et sans condition la dette extérieure de l’Égypte et de s’employer à la diminution des micro-dettes des citoyens démunis, à l’abandon des politiques de stabilisation et d’ajustement structurel Ajustement structurel Les Plans d’ajustement structurel ont été imposés par les IFI en contrepartie de l’octroi de nouveaux prêts ou de l’échelonnement d’anciens prêts, projets financés par la Banque mondiale, conditionnalités du FMI, etc.
    Les Plans d’austérité, appliqués depuis aux pays endettés du Nord, sont des copiés/collés des Plans d’ajustement structurel subits par les pays du Sud depuis 30 ans.
    , à la lutte contre les politiques de microcrédit aux citoyens et à la défense de politiques économiques et de développement justes et favorables au plus grand nombre.
  2. Le réseau veille en premier lieu à mettre en place des audits de la dette publique, avec la participation des citoyens égyptiens et des syndicats, des partis, des mouvements populaires et des syndicats étudiants. La finalité de ce travail en réseau est l’abolition de toute forme de dette illégitime Dette illégitime Comment on détermine une dette illégitime ?

    4 moyens d’analyse

    * La destination des fonds :
    l’utilisation ne profite pas à la population, bénéficie à une personne ou un groupe.
    * Les circonstances du contrat :
    rapport de force en faveur du créditeur, débiteur mal ou pas informé, peuple pas d’accord.
    * Les termes du contrat :
    termes abusifs, taux usuraires...
    * La conduite des créanciers :
    connaissance des créanciers de l’illégitimité du prêt.
    .
  3. Lutte contre les politiques de microcrédits aux citoyens : inviter toutes les institutions et les ONG du secteur du développement à lutter contre ces mesures et à défendre des politiques de développement différentes, susceptibles de renforcer les capacités des catégories marginalisées et vulnérables de la société ; faire en sorte de remplacer les politiques économiques générales favorables aux milieux d’affaires par des politiques économiques en faveur des plus démunis et des personnes marginalisées.
  4. Le réseau se bat pour la rupture de tous les accords avec le Fonds monétaire international et la Banque mondiale.
  5. Le réseau entend dénoncer tout accord (économique, politique, militaire, etc.) qui empiète sur la souveraineté du peuple et perpétue les mécanismes de dépendance.
  6. Le réseau collaborera avec les forces sociales et politiques afin de faire reconnaître en droit international la notion de dette illégitime.
  7. Rejet de toute forme de condition imposée par les créanciers.
  8. Lutte pour récupérer les biens et les fonds détournés par les dictateurs corrompus avec la complicité des autorités et établissements bancaires nationaux et internationaux, aujourd’hui et par le passé.
  9. Actions Action
    Actions
    Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
    en justice contre ces institutions financières.
  10. Éradication de la faim, de la pauvreté et des inégalités.
  11. Égalité homme – femme dans tous les domaines de la vie.
  12. Définition de nouvelles politiques financières grâce au contrôle étroit des mouvements de biens et de capitaux, à l’adoption de lois sur l’imposition du capital (frais généraux, impôts sur la fortune), à la levée du secret bancaire, à l’interdiction des paradis fiscaux Paradis fiscaux
    Paradis fiscal
    Territoire caractérisé par les cinq critères (non cumulatifs) suivants :
    (a) l’opacité (via le secret bancaire ou un autre mécanisme comme les trusts) ;
    (b) une fiscalité très basse, voire une imposition nulle pour les non-résidents ;
    (c) des facilités législatives permettant de créer des sociétés écrans, sans aucune obligation pour les non-résidents d’avoir une activité réelle sur le territoire ;
    (d) l’absence de coopération avec les administrations fiscales, douanières et/ou judiciaires des autres pays ;
    (e) la faiblesse ou l’absence de régulation financière.

    La Suisse, la City de Londres et le Luxembourg accueillent la majorité des capitaux placés dans les paradis fiscaux. Il y a bien sûr également les Iles Caïmans, les Iles anglo-normandes, Hong-Kong, et d’autres lieux exotiques. Les détenteurs de fortunes qui veulent échapper au fisc ou ceux qui veulent blanchir des capitaux qui proviennent d’activités criminelles sont directement aidés par les banques qui font « passer » les capitaux par une succession de paradis fiscaux. Les capitaux généralement sont d’abord placés en Suisse, à la City de Londres ou au Luxembourg, transitent ensuite par d’autres paradis fiscaux encore plus opaques afin de compliquer la tâche des autorités qui voudraient suivre leurs traces et finissent par réapparaître la plupart du temps à Genève, Zurich, Berne, Londres ou Luxembourg, d’où ils peuvent se rendre si nécessaires vers d’autres destinations.
    et de la spéculation Spéculation Opération consistant à prendre position sur un marché, souvent à contre-courant, dans l’espoir de dégager un profit.
    Activité consistant à rechercher des gains sous forme de plus-value en pariant sur la valeur future des biens et des actifs financiers ou monétaires. La spéculation génère un divorce entre la sphère financière et la sphère productive. Les marchés des changes constituent le principal lieu de spéculation.
    sur les marchés financiers Marchés financiers
    Marché financier
    Marché des capitaux à long terme. Il comprend un marché primaire, celui des émissions et un marché secondaire, celui de la revente. À côté des marchés réglementés, on trouve les marchés de gré à gré qui ne sont pas tenus de satisfaire à des conditions minimales.
    .
  13. Instauration d’une utilisation des ressources nationales sans recours à l’endettement.
  14. Coopération avec tous les mouvements populaires aux niveaux national, régional et international, pour définir des solutions inédites qui libèrent l’humanité de toute forme d’oppression, qu’elle soit sociale, patriarcale, néocoloniale, qu’il s’agisse de persécution raciale, de domination de classe, de persécution politique, ou encore de domination culturelle, sexuelle ou religieuse.
  15. Une politique de l’environnement ambitieuse, visant à rétablir la stabilité du climat.
  16. Garantie de la souveraineté économique, politique et alimentaire.
  17. Remplacement du système capitaliste, centré uniquement sur la recherche du profit maximal, sur la croissance et sur l’individualisation, par une société nouvelle dans laquelle les besoins sociaux et environnementaux seraient au cœur des choix politiques.
  18. Collaboration avec tous les mouvements sociaux en vue de réaffirmer la supériorité des droits humains sur le droit commercial et d’obliger les États, les institutions et les sociétés financières internationales à respecter divers actes internationaux, tels que la Déclaration universelle des droits de l’homme (1948), la Convention sur les droits politiques de la femme (1952), le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (1966), le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (1966), la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (1981), la Déclaration sur le droit au développement (1986), la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille (1998) et la Déclaration sur les droits des peuples autochtones (2007).


Traduction et relecture réalisée par Christine Pagnoulle et l’équipe du CADTM



ENADED

The Egyptian Network for the Abolition of Debt and the Right to Equitable Development

Traduction(s)