Un coup d’œil dans le rétroviseur pour comprendre le présent (4/6)

Le retour en force de l’idéologie libérale dans les années 1970

10 juin 2009 par Eric Toussaint


(4e partie) [1]

Le retour en force de l’idéologie libérale [2] accompagne la crise économique dans les principaux pays capitalistes industrialisés à partir des années 1970 [3] (onde longue de croissance lente, voire dépressive), la crise de la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
des pays du Tiers Monde dans les années 1980 et l’implosion des régimes bureaucratiques de l’Est européen à la fin de la décennie 1980 accompagnée de la restauration du capitalisme dans l’ex-bloc soviétique et en Chine.

La vague (néo)libérale sous-tend et justifie la puissante offensive du Capital contre le Travail à l’échelle de la planète initiée :

1) dans la deuxième moitié des années 1970 dans les pays capitalistes industrialisés ;

2) à travers la restauration progressive du capitalisme résultant de l’échec des régimes bureaucratiques de l’Est à la fin des années 1980 ;

3) par la crise des modèles “développementistes” du Sud amplifiée par la crise de la dette extérieure débouchant sur un nouveau cycle de dépendance accrue pour des pays qui avaient connu une industrialisation partiellement autonome comme le Mexique, l’Argentine, le Brésil, l’Inde, l’Algérie... Quant aux pays les plus dépendants et les moins industrialisés (l’Amérique centrale, la Caraïbe - sauf Cuba -, l’Afrique subsaharienne, l’Asie du Sud - sauf l’Inde...), ils ne sont jamais sortis véritablement de la dépendance par rapport aux puissances capitalistes du Nord et ils se trouvent aujourd’hui sous le diktat des institutions financières internationales (y compris le Nicaragua et le Vietnam qui avaient pourtant connu d’authentiques révolutions).

Des institutions comme la Commission économique pour l’Amérique latine (CEPAL) et la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement
CNUCED
Elle a été créée en 1964, sous la pression des pays en voie de développement pour faire contrepoids au GATT (prédécesseur de l’OMC).
Site web :
) ont progressivement entonné, certes avec des bémols, le chant de sirène néolibéral (ce qui n’exclut pas certains sursauts critiques). Le Mouvement des Non Alignés, lui-même, n’a pas survécu à l’implosion de la Yougoslavie, à la crise de la dette du Tiers Monde, au virage pro-Washington du gouvernement indien et à l’offensive néolibérale en général.

L’idéologie néolibérale s’est renforcée avec la crise

L’idéologie (néo)libérale n’est pas le produit de la crise des années 1970-début 1980, elle lui a préexisté. Des économistes et des hommes politiques ont continué de se revendiquer des postulats libéraux malgré la diffusion massive des politiques keynésiennes ou “socialisantes”. Certains d’entre eux fourbissaient leurs armes théoriques de longue date. Ils avaient engagé une bataille idéologique de grande ampleur à l’encontre des positions keynésiennes du Nord, des positions “développementistes” du Sud (représentées notamment par Raul Prebisch qui a dirigé la CEPAL pendant plusieurs décades), des positions socialistes et/ou marxistes, dans leurs différentes variantes, aux différents points de la planète.

Les fondements théoriques des différents courants néolibéraux

A propos de méthode, il n’est pas facile de délimiter clairement la pensée néolibérale. La même difficulté vaut pour la pensée keynésienne ou la pensée marxiste. Plusieurs courants traversent ces écoles de pensée. Les courants libéraux ont de profondes divergences entre eux, tout comme les courants keynésiens ou marxistes. De plus, il y a des tentatives de synthèse entre libéraux et post-keynésiens par exemple, entre libéraux et post-marxistes également.

D’une manière générale, l’école (néo)libérale s’appuie sur un vaste et éclectique corpus théorique comprenant la théorie néoclassique qui se base à la fois sur la théorie quantitative de la monnaie, la loi de Say, la théorie de la détermination des prix par l’interaction de l’offre et de la demande, la théorie des avantages comparatifs…

L’idéologie néolibérale puise son inspiration dans des thèses économiques, politiques et philosophiques qui remontent à David Hume (1711-1776), Adam Smith (1723-1790), Jean-Baptiste Say (1767-1832), David Ricardo (1772-1823), voire Emmanuel Kant (1724-1804).

Deux exemples de la difficulté de délimiter l’école (néo)libérale : Friedrich von Hayek (1899-1992) qui a exercé une grande influence à la fin du XXe siècle, rejetait plusieurs hypothèses fondamentales de la pensée néoclassique tout en défendant un ultralibéralisme ; Paul Sammuelson (1905), qui n’appartient pas à l’école libérale, a appelé dans les années 1950 à la réalisation d’une synthèse néo-classique.

Les prédécesseurs des néolibéraux

A) Adam Smith

Adam Smith (Enquête sur l’origine de la richesse des Nations, 1776) réalise une synthèse des apports de plusieurs écoles économiques dont celle des physiocrates français. Il s’oppose au mercantilisme qui, durant deux siècles, a défendu le protectionnisme et l’interventionnisme des Etats-Nations (notamment le colbertisme en France, le bullionisme en Espagne, la politique de Cromwell et de Petty en Angleterre). D’Adam Smith, on retient souvent l’allégorie de la “main invisible”. Selon lui, chaque capitaliste (et non chaque individu comme la vulgate le prétend) remplit “une fin qui n’entre nullement dans ses intentions (...). Tout en ne cherchant que son intérêt personnel, il travaille souvent d’une manière bien plus efficace pour l’intérêt de la société que s’il avait réellement pour but d’y travailler. [4]

Voici le passage dans lequel se trouve la citation d’Adam Smith sur la main invisible : « Par conséquent, puisque chaque individu (c’est-à-dire chaque capitaliste comme l’indique clairement la suite du texte) tâche le plus qu’il peut, 1° d’employer son capital à faire valoir l’industrie nationale, et 2° de diriger cette industrie de manière à lui faire produire la plus grande valeur possible, chaque individu travaille nécessairement à rendre aussi grand que possible le revenu annuel de la société. A la vérité, son intention en général n’est pas en cela de servir l’intérêt public, et il ne sait même pas jusqu’à quel point il peut être utile à la société. En préférant le succès de l’industrie nationale à celui de l’industrie étrangère, il ne pense qu’à se donner personnellement une plus grande sûreté ; et en dirigeant cette industrie de manière à ce que son produit ait le plus de valeur possible, il ne pense qu’à son propre gain ; en cela, comme en beaucoup d’autres cas, il est conduit par une main invisible à remplir une fin qui n’entre nullement dans ses intentions ; et ce n’est pas toujours ce qu’il y a de plus mal pour la société, que cette fin n’entre en rien dans ses intentions. Tout en ne cherchant que son intérêt personnel, il travaille souvent d’une manière bien plus efficace pour l’intérêt de la société, que s’il avait réellement pour but d’y travailler. Je n’ai jamais vu que ceux qui aspiraient, dans leurs entreprises de commerce, à travailler pour le bien général, aient fait beaucoup de bonnes choses. Il est vrai que cette belle passion n’est pas très commune parmi les marchands, et qu’il ne faudrait pas de longs discours pour les en guérir. » [5]

La main invisible s’oppose dans le discours de Smith à la main tangible du gouvernement qui prétend réglementer le commerce, l’industrie, etc. Smith cherche à démontrer que l’intervention de la main tangible de l’Etat a généralement des effets néfastes. Pour Smith, les dépenses publiques doivent se limiter à la défense, à la justice et aux travaux publics au cas où les entrepreneurs ne sont pas prêts à les prendre en charge, “attendu que, pour ceux-ci, le profit ne saurait jamais leur en rembourser la dépense” [6].

Les conceptions d’Adam Smith correspondent au puissant développement du capitalisme britannique du XVIIIe siècle et constituent en partie les fondements du “libéralisme économique”.

Remarquons que Smith n’est pas seulement une source d’inspiration pour les (néo)libéraux ; certains aspects de son analyse (comme celle des mercantilistes qu’il combattait) ont été intégrés par Karl Marx dans sa critique de l’économie politique. En effet, pour Smith, « le travail est donc la mesure réelle de la valeur échangeable de toute marchandise » [7]. David Ricardo développera cette notion et Marx y apportera une définition spécifique tout en reconnaissant l’apport de Smith et de Ricardo. Par ailleurs, Marx, à l’opposé de Smith, reprendra à son compte certains apports des mercantilistes [8].

B) Jean-Baptiste Say

La loi que Jean-Baptiste Say énonce en 1803 est la suivante : (postulant que le rôle de la monnaie est neutre dans l’économie), l’offre globale crée sa demande ; il ne saurait donc y avoir de crise de surproduction dans une économie de marché libre.

La loi de Say, qui constitue un des référents essentiels des économistes (néo)libéraux, a été contredite dans les faits dès l’époque où elle a été énoncée, ce qu’ont relevé des économistes aussi différents que Malthus (1820, Principes d’économie politique considérés sous le rapport de leur application pratique, Calman-Lévy, 1969), Sismondi (1819, Nouveaux principes d’économie politique ou de la richesse dans ses rapports avec la population, Calman-Lévy, 1971) ou Marx.

C) David Ricardo

David Ricardo a notamment développé la théorie des avantages comparatifs (1817, chapitre VII sur le Commerce extérieur). Il reprend de manière critique et développe à sa façon la position de Smith favorable au libre-échange et à la division internationale du travail. Pour Ricardo, un pays a intérêt à se spécialiser dans les productions dont les coûts relatifs sont les plus bas, autrement dit pour lesquelles son avantage comparatif est le plus grand. Il ajoute, à la différence de Smith, qu’un pays qui dispose d’avantages comparatifs dans toutes les productions, aurait néanmoins intérêt à se spécialiser : “Dans un exemple fameux, Ricardo montre que si le Portugal est plus efficace que l’Angleterre dans la production de vin comme dans la production de drap, il n’en a pas moins intérêt à délaisser cette dernière si son avantage de coût est plus grand dans la production de vin. Inversement, l’Angleterre a intérêt à se spécialiser dans la production de drap, pour laquelle son handicap relatif est le moins grand [9] (chapitre VII).

D) Apports d’autres économistes

Au-delà de Smith, Say et Ricardo, les néolibéraux actuels adoptent les apports d’autres économistes : Jevons (The Theory of political Economy, 1871), Menger (Grundsätze des Volkwirtschaftlehre, 1871) et Walras (Eléments d’économie politique pure ou théorie de la richesse sociale, 1874-1877).

Ceux-ci remettent en cause tant l’analyse de la valeur de Smith, de Ricardo et de Marx que celle de la répartition de Ricardo. Ils développent une théorie des prix fondée sur le principe de l’utilité marginale décroissante que la pensée économique dominante a appelée la “ révolution marginaliste ”.

Walras développe aussi dans ce cadre une théorie sur le système d’équilibre général qui est repris par les néolibéraux de la fin du XXe et du début du XXIe siècle. Selon ce système, la société est définie comme un mécanisme naturel (tel un organisme biologique ou encore le système solaire) au sein duquel les individus assurent librement la meilleure allocation des ressources et atteignent des résultats économiques optimums.

Pour compléter les références des économistes néo-libéraux contemporains, il faut ajouter la théorie quantitative de la monnaie (présente chez Smith et Ricardo) qui explique le mouvement des prix par la quantité de monnaie en circulation (cette théorie remonte au moins au XVIe siècle).

L’ensemble de ces référents fonde selon certains économistes la synthèse “néo-classique”. Comme le font remarquer Michel Beaud et Gilles Dostaler : “Pendant tous ces développements, la réalité n’a cessé de contredire la vision, partagée par plusieurs économistes classiques et néo-classiques, selon laquelle le fonctionnement libre des marchés suffit à assurer le plein emploi des ressources et leur allocation optimale [10].

Les différents éléments de cet ensemble théorique assez hétéroclite ont été réfutés par les auteurs marxistes, à commencer par Marx et Engels, le marxisme influençant une aile très importante du mouvement ouvrier sur le plan international.

Trois quarts de siècle plus tard, Keynes, après avoir adhéré aux fondements précités néoclassiques et les avoir professés, comme il l’a expliqué lui-même, a produit une critique radicale d’un certain nombre de fondateurs de l’économie classique (libérale), notamment Smith et Say [11]. Par contre, il en a conservé des éléments : notamment, le salaire réel comme égal à la productivité marginale du travail [12].

Bibliographie :

Adda, Jacques. 1996. La Mondialisation Mondialisation (voir aussi Globalisation)
(extrait de F. Chesnais, 1997a)
Jusqu’à une date récente, il paraissait possible d’aborder l’analyse de la mondialisation en considérant celle-ci comme une étape nouvelle du processus d’internationalisation du capital, dont le grand groupe industriel transnational a été à la fois l’expression et l’un des agents les plus actifs.
Aujourd’hui, il n’est manifestement plus possible de s’en tenir là. La « mondialisation de l’économie » (Adda, 1996) ou, plus précisément la « mondialisation du capital » (Chesnais, 1994), doit être comprise comme étant plus - ou même tout autre chose - qu’une phase supplémentaire dans le processus d’internationalisation du capital engagé depuis plus d’un siècle. C’est à un mode de fonctionnement spécifique - et à plusieurs égards important, nouveau - du capitalisme mondial que nous avons affaire, dont il faudrait chercher à comprendre les ressorts et l’orientation, de façon à en faire la caractérisation.

Les points d’inflexion par rapport aux évolutions des principales économies, internes ou externes à l’OCDE, exigent d’être abordés comme un tout, en partant de l’hypothèse que vraisemblablement, ils font « système ». Pour ma part, j’estime qu’ils traduisent le fait qu’il y a eu - en se référant à la théorie de l’impérialisme qui fut élaborée au sein de l’aile gauche de la Deuxième Internationale voici bientôt un siècle -, passage dans le cadre du stade impérialiste à une phase différant fortement de celle qui a prédominé entre la fin de Seconde Guerre mondiale et le début des années 80. Je désigne celui-ci pour l’instant (avec l’espoir qu’on m’aidera à en trouver un meilleur au travers de la discussion et au besoin de la polémique) du nom un peu compliqué de « régime d’accumulation mondial à dominante financière ».

La différenciation et la hiérarchisation de l’économie-monde contemporaine de dimension planétaire résultent tant des opérations du capital concentré que des rapports de domination et de dépendance politiques entre États, dont le rôle ne s’est nullement réduit, même si la configuration et les mécanismes de cette domination se sont modifiés. La genèse du régime d’accumulation mondialisé à dominante financière relève autant de la politique que de l’économie. Ce n’est que dans la vulgate néo-libérale que l’État est « extérieur » au « marché ». Le triomphe actuel du « marché » n’aurait pu se faire sans les interventions politiques répétées des instances politiques des États capitalistes les plus puissants (en premier lieu, les membres du G7). Cette liberté que le capital industriel et plus encore le capital financier se valorisant sous la forme argent, ont retrouvée pour se déployer mondialement comme ils n’avaient pu le faire depuis 1914, tient bien sûr aussi de la force qu’il a recouvrée grâce à la longue période d’accumulation ininterrompue des « trente glorieuses » (l’une sinon la plus longue de toute l’histoire du capitalisme). Mais le capital n’aurait pas pu parvenir à ses fins sans le succès de la « révolution conservatrice » de la fin de la décennie 1970.
de l’économie, 1 et 2, La Découverte, « Repères », Paris, 2000, 125 p. et 126 p.

Beaud, Michel et Dostaler, Gilles. 1993. La Pensée économique depuis Keynes, Seuil, 1996, 444 p.

Dewey, John. 1935. « The Future of Liberalism », The Journal of Philosophy, XXII, N°9, p. 225-230.

Hayek von, Friedrich August. 1944. La Route de la servitude, Puf, Quadrige, Paris, 2002, 176 p.

Keynes, John. M. 1936. Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, Editions Payot, 1969, 387 p.

Malthus, Thomas-Robert. 1798. Essai sur le principe de population, P.U.F., Paris, 1980.

Marx, Karl. 1857-1858. Gundrisse der Kritik der politischen ökonomie, 6 vol, 10/18, 1972.

Marx, Karl. 1867. Le Capital, livre I, Œuvres I, Gallimard, La Pléiade, 1963, 1818 p.

Marx, Karl. 1869-1879. Le Capital, livre II, Le Capital, livre III (1864-1875. Œuvres II, Gallimard, La Pléiade, 1968, 1970 p.

Prebisch, Raúl. 1981. Capitalismo periférico, Crisis y transformación, Fondo de Cultura Económica, Mexico, 1984, 344 p.

Ricardo, David. 1817. Des Principes de l’économie politique et de l’impôt, 1977, Flammarion, 379 p. (traduction en espagnol : Principios de Economía política y tributación, Fondo de Cultura Económica, Mexico, 1987, 332 p.).

Smith, Adam. 1776. Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations, Flammarion, Paris, 1991, 2 tomes, 1060 p. (traduction en espagnol : Investigación sobre la naturaleza y causas de la riqueza de las naciones, Fondo de Cultura Económica, Mexico, 1979, 917 p. )




(Suite dans la partie 5 : «  Révolution keynésienne et contre-révolution néo-libérale  » par Eric Toussaint).

Notes

[1La 1re partie de cette série «  Un coup d’œil dans le rétroviseur pour comprendre le présent » est parue le 3 juin 2009 sur le sitecadtm.org sous le titre « Adam Smith est plus proche de Karl Marx que de ceux qui l’encensent aujourd’hui  » ; la 2e partie est parue le 5 juin sous le titre :« L’idéologie néolibérale a la peau dure » ; la 3e partie est parue le 7 juin sous le titre :« L’éclipse libérale des années 1930 aux années 1970 » .

[2Il s’agit de l’idéologie des courants libéraux tels qu’on les connaît sur le continent européen et qui se placent clairement à la droite de l’échiquier politique. Aux Etats-Unis, l’utilisation du terme libéral n’a pas tout à fait la même signification. Les libéraux des Etats-Unis sont plutôt associés au centre-gauche ou à la droite modérée. Une des figures libérales et progressistes aux Etats-Unis est John Dewey (1859-1952). Voir notamment John Dewey, « The Future of Liberalism », The Journal of Philosophy, XXII, N°9, p. 225-230 in Zinn, Howard. 1966. New Deal Thought, Hackett Publishing Company, 2003, 431 p.

[3Au cours des années 1970, l’économie mondiale est entrée dans une onde longue d’expansion lente qui tranche avec les quasi-trente années d’expansion économique rapide qui ont précédé, connues comme les fameuses “trente glorieuses”.

[4Adam Smith, Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations, Livre I, p. 256 de l’édition en français.

[5Adam Smith, Livre IV, chapitre II, p. 42-43

[6Adam Smith, Livre I, p. 370 de l’édition en français.

[7Adam Smith, Livre I, p.99 de l’édition en français (p. 31, édition en espagnol). Adam Smith écrit encore : « Le travail mesure la valeur non seulement de cette partie du prix qui se résout en travail (salaire, NDLR) mais encore de celle qui se résout en rente et de celle qui se résout en profit. » (Livre I, p.120). Alan Greenspan qui prétend adhérer à la pensée d’Adam Smith donne pourtant une définition particulièrement stupide de la valeur : «  La valeur est ce que les gens croient qu’elle est » (A. Greenspan, 2007, p. 617). Quel imbécile, ce Greenspan ! Pauvre Adam Smith.

[8Sur Marx et les mercantilistes, voir Labica - Bensussan, 1982, p. 740.

[9Adda, La Mondialisation de l’économie, 1996, t. 1, p. 35

[10M. Beaud et G. Dostaler, 1993, p. 32.

[11Voir J. M. Keynes, 1936, le chapitre 23 intitulé “Notes sur le mercantilisme...”, dans lequel tout comme Marx, il souligne l’apport des mercantilistes.

[12M. Beaud et G. Dostaler, 1993, p. 54.

Eric Toussaint

docteur en sciences politiques des universités de Liège et de Paris VIII, porte-parole du CADTM international et membre du Conseil scientifique d’ATTAC France.
Il est l’auteur des livres, Capitulation entre adultes : Grèce 2015, une alternative était possible, Syllepse, 2020, Le Système Dette. Histoire des dettes souveraines et de leur répudiation, Les liens qui libèrent, 2017 ; Bancocratie, ADEN, Bruxelles, 2014 ; Procès d’un homme exemplaire, Éditions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Il est coauteur avec Damien Millet des livres AAA, Audit, Annulation, Autre politique, Le Seuil, Paris, 2012 ; La dette ou la vie, Aden/CADTM, Bruxelles, 2011. Ce dernier livre a reçu le Prix du livre politique octroyé par la Foire du livre politique de Liège.
Il a coordonné les travaux de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce créée le 4 avril 2015 par la présidente du Parlement grec. Cette commission a fonctionné sous les auspices du parlement entre avril et octobre 2015.