Série : Les 70 ans de Bretton Woods, de la Banque mondiale et du FMI (partie 8)

Le soutien de la Banque mondiale et du FMI aux dictatures

12 septembre 2014 par Eric Toussaint

Après la seconde guerre mondiale, dans une partie croissante du Tiers Monde, les politiques mises en place tournent le dos aux anciennes puissances coloniales. Cette orientation rencontre l’opposition ferme des gouvernements des grands pays capitalistes industrialisés qui ont une influence déterminante sur la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 189 membres en 2017) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRÊTS ACCORDÉS PAR LA BM :

1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site : http://www.banquemondiale.org
(BM) et le FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

Cliquez pour plus.
. Les projets de la BM ont un fort contenu politique : endiguer le développement de mouvements qui remettent en cause la domination exercée par les grandes puissances capitalistes. L’interdiction de prendre en compte les considérations « politiques » et « non économiques » dans les opérations de la Banque, l’une des plus importantes conditions de sa charte, est contournée systématiquement. La partialité politique des institutions de Bretton Woods est démontrée par le soutien financier apporté aux dictatures qui ont sévi au Chili, au Brésil, au Nicaragua, au Congo-Kinshasa et en Roumanie.

1. La fronde anti-coloniale et anti-impérialiste du Tiers Monde

Après 1955, l’esprit de la Conférence de Bandoeng (Indonésie) |1| souffle sur une grande partie de la planète. Elle fait suite à la défaite française au Vietnam (1954) et précède la nationalisation du canal de Suez par Nasser. Viennent les révolutions cubaine (1959) et algérienne (1954-1962), la relance de la lutte d’émancipation au Vietnam... Dans une partie croissante du Tiers Monde, les politiques mises en place tournent le dos aux anciennes puissances coloniales. On note une tendance à la substitution des importations et au développement des politiques tournées vers le marché intérieur. Cette orientation rencontre l’opposition ferme des gouvernements des grands pays capitalistes industrialisés qui ont une influence déterminante sur la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 189 membres en 2017) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRÊTS ACCORDÉS PAR LA BM :

1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site : http://www.banquemondiale.org
et le FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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. Une vague de régimes nationalistes bourgeois qui mènent des politiques populistes (Nasser en Egypte, Nehru en Inde, Peron en Argentine, Goulart au Brésil, Soekarno en Indonésie, N’Krumah au Ghana...) et de régimes à orientation explicitement socialiste (Cuba, Chine populaire) déferle.

Dans ce contexte, les projets de la BM ont un fort contenu politique : endiguer le développement de mouvements qui remettent en cause la domination exercée par les grandes puissances capitalistes.

2. Pouvoir d’intervention de la Banque mondiale dans les économies nationales

Dès les années 1950, la BM a mis en place un réseau d’influence qui lui servira grandement plus tard. La Banque se mit à créer, dans le Tiers Monde, une demande de ses services. L’influence dont elle jouit maintenant découle en grande partie des réseaux d’agences qu’elle a construits dans les Etats qui sont devenus ses clients et, par la même occasion, ses débiteurs. La BM exerça une véritable politique d’influence pour soutenir son réseau de prêts.

A partir des années 1950, un des premiers buts de la politique de la Banque fut la « construction d’institutions » qui prit le plus souvent la forme de créations d’agences para-gouvernementales à l’intérieur des pays clients de la Banque |2|. De telles agences furent intentionnellement fondées de sorte qu’elles soient relativement indépendantes financièrement de leurs gouvernements et hors du contrôle des institutions politiques locales dont les parlements nationaux. Elles constituent des relais naturels de la Banque à laquelle elles doivent beaucoup à commencer par leur existence, voire, dans certains cas, leur financement.

La création de telles agences a été l’une des stratégies les plus importantes de la Banque mondiale pour s’insérer dans les économies politiques des pays du Tiers Monde.

Opérant selon leurs propres règles (fréquemment élaborées selon les suggestions de la Banque), étoffées de technocrates sympathisants poussés et admirés par la Banque, ces agences ont servi à créer une source stable et digne de confiance pour ce dont la Banque avait besoin : des propositions de prêts « viables ». Elles ont aussi fourni à la Banque des bases de pouvoir parallèle à travers lesquelles elle a été capable de transformer les économies nationales, en fait des sociétés entières, sans la procédure exigeante du contrôle démocratique et des débats contradictoires.

La Banque fonda, en 1956, avec un important soutien financier des Fondations Ford et Rockefeller, l’Institut de Développement économique (Economic Development Institute) qui offrait des stages de formation de six mois à des délégués officiels des pays membres. « Entre 1956 et 1971, plus de 1 300 délégués officiels étaient passés par l’Institut, un certain nombre d’entre eux avait atteint la position de Premier ministre, de ministre de la planification ou des finances » |3|.

Les implications de cette politique sont inquiétantes : l’étude par le International Legal Center (ILC) à New York de l’action Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
de la Banque en Colombie entre 1949 et 1972 conclut que les agences autonomes établies par la Banque ont eu un impact profond sur la structure politique et sur l’évolution sociale de la région tout entière, affaiblissant « le système des partis politiques et minimisant les rôles du législatif et du judiciaire ».

On peut considérer que, dès les années 1960, la Banque avait établi des mécanismes uniques et nouveaux en vue d’une intervention continuelle dans les affaires internes des pays emprunteurs. Pourtant, la Banque nie vigoureusement que de telles interventions soient politiques : au contraire, elle insiste sur le fait que sa politique n’a rien à voir avec les structures de pouvoir et que les affaires politiques et économiques existent séparément.

3. La politique de prêt de la Banque mondiale est influencée par des considérations politiques et géostratégiques

L’art. IV section 10 stipule : « La Banque et ses responsables n’interféreront pas dans les affaires politiques d’un quelconque membre et il leur est interdit de se laisser influencer dans leurs décisions par le caractère politique du membre ou des membres concernés. Seules des considérations économiques peuvent influer sur leurs décisions et ces considérations seront soupesées sans parti pris, en vue d’atteindre les objectifs (fixés par la Banque) stipulés dans l’art. I ».

L’interdiction de prendre en compte les considérations « politiques » et « non économiques » dans les opérations de la Banque, l’une des plus importantes conditions de sa charte, a été contournée systématiquement. Et ce, dès le début de son existence. Rappelons que la Banque refuse de prêter à la France après la libération tant que les communistes étaient au gouvernement (le lendemain de leur départ du gouvernement en mai 1947, le prêt demandé et bloqué jusque là était accordé) |4|.

La Banque a agi de manière répétée en contradiction avec l’article IV de ses statuts. En effet, la Banque opère régulièrement des choix en fonction de considérations politiques. La qualité des politiques économiques menées n’est pas l’élément déterminant dans son choix. La Banque a régulièrement prêté de l’argent aux autorités d’un pays en dépit de la mauvaise qualité de sa politique économique et d’un haut niveau de corruption : l’Indonésie et le Zaïre en sont deux cas emblématiques. Plus précisément, les choix de la Banque relatifs à des pays qui représentent un enjeu politique majeur aux yeux de ses principaux actionnaires sont régulièrement liés aux intérêts et à l’orientation de ceux-ci, à commencer par les Etats-Unis. L’article précédent de cette série, « Une banque sous influence », démontre, pour un certain nombre de cas précis, l’influence prédominante des Etats-Unis sur la Banque mondiale.

Les choix de la Banque et de son jumeau le FMI, dès 1947 jusqu’à l’effondrement du bloc soviétique |5|, ont été largement déterminés par les critères suivants :

Pour mener cette politique, la Banque mondiale et le FMI appliquent une tactique généralisée : ils sont plus souples à l’égard d’un gouvernement de droite (moins exigeants en termes d’austérité antipopulaire) s’il est confronté à une forte opposition de gauche qu’à l’égard d’un gouvernement de gauche confronté à une forte opposition de droite. Concrètement, cela signifie que les IFI vont être plus exigeantes et mener la vie dure à un gouvernement de gauche confronté à une opposition de droite de manière à l’affaiblir et à favoriser l’accession de la droite au pouvoir. Selon la même logique, les IFI seront moins exigeantes à l’égard d’un gouvernement de droite confronté à une opposition de gauche afin d’éviter de l’affaiblir et empêcher la gauche d’accéder au pouvoir. L’orthodoxie monétariste est à géométrie variable : les variations dépendent bien de facteurs politiques et géostratégiques.

Quelques cas concrets - le Chili, le Brésil, le Nicaragua, le Zaïre et la Roumanie - illustrent ce qui vient d’être avancé : ils traitent à la fois des choix de la Banque et du FMI puisque ces choix sont déterminés grosso modo par les mêmes considérations et soumis aux mêmes influences. Le FMI et la Banque mondiale n’ont pas hésité à appuyer des dictatures quand ils (et d’autres grandes puissances capitalistes) le trouvaient opportun.

Les auteurs du Rapport mondial sur le développement humain réalisé par le PNUD PNUD
Programme des Nations unies pour le développement
Créé en 1965 et basé à New York, le PNUD est le principal organe d’assistance technique de l’ONU. Il aide - sans restriction politique - les pays en développement à se doter de services administratifs et techniques de base, forme des cadres, cherche à répondre à certains besoins essentiels des populations, prend l’initiative de programmes de coopération régionale, et coordonne, en principe, les activités sur place de l’ensemble des programmes opérationnels des Nations unies. Le PNUD s’appuie généralement sur un savoir-faire et des techniques occidentales, mais parmi son contingent d’experts, un tiers est originaire du Tiers-Monde. Le PNUD publie annuellement un Rapport sur le développement humain qui classe notamment les pays selon l’Indicateur de développement humain (IDH).
Site : http://www.undp.org
(édition 1994) l’écrivent noir sur blanc : « De fait, l’aide versée par les États-Unis pendant les années 1980 est inversement proportionnelle au respect des droits de l’homme. Les donateurs multilatéraux ne semblent pas non plus encombrés de telles considérations. Ils semblent en effet préférer les régimes autoritaires, considérant sans ciller que ces régimes favorisent la stabilité politique et sont mieux à même de gérer l’économie. Lorsque le Bangladesh et les Philippines ont mis fin à la loi martiale, leur part respective dans l’ensemble des prêts de la Banque mondiale a diminué » |6|.

4. La partialité politique des IFI : exemples de soutien financier aux dictatures

4.1. Soutien à la dictature du général Augusto Pinochet au Chili

Le Chili, sous le gouvernement démocratiquement élu d’Allende (1970 -1973), ne reçut pas de prêts de la Banque mais sous le gouvernement Pinochet, après le coup militaire de 1973, le pays devint subitement crédible. Pourtant, aucun dirigeant de la BM et du FMI ne pouvait ignorer le caractère profondément autoritaire et dictatorial du régime Pinochet. Le lien entre la politique de prêts et le contexte géopolitique est ici patent.

4.2. Soutien à la junte militaire au Brésil après le renversement président Joao Goulart

Le régime démocratique du président Joao Goulart a été renversé par les militaires en avril 1964. Les prêts de la Banque et du FMI qui avaient été suspendus pendant trois années reprennent très peu de temps après |7|.

Résumé succinct des événements : en 1958, le président brésilien Kubitschek doit entrer en négociation avec le FMI afin de recevoir un prêt de 300 millions de dollars de la part des Etats-Unis. Finalement, Kubitschek refuse les conditions imposées par le FMI et se passe du prêt des États-Unis. Cela lui valut une grande popularité.

Son successeur, Goulart, avait annoncé qu’il allait mettre en pratique une réforme agraire radicale et qu’il allait procéder à la nationalisation des raffineries de pétrole : il fut renversé par les militaires. Le lendemain du coup, les États-Unis reconnaissaient le nouveau régime militaire. Quelque temps après, la BM et le FMI reprenaient la politique de prêts suspendue. De leur côté, les militaires abolissaient les mesures économiques critiquées par les États-Unis et le FMI. A noter que les institutions financières internationales considérèrent que le régime militaire prenait de saines mesures économiques (sound economic measures) |8|. Pourtant le PIB PIB
Produit intérieur brut
Le PIB traduit la richesse totale produite sur un territoire donné, estimée par la somme des valeurs ajoutées.
Le Produit intérieur brut est un agrégat économique qui mesure la production totale sur un territoire donné, estimée par la somme des valeurs ajoutées. Cette mesure est notoirement incomplète ; elle ne tient pas compte, par exemple, de toutes les activités qui ne font pas l’objet d’un échange marchand. On appelle croissance économique la variation du PIB d’une période à l’autre.
baissa de 7% en 1965 et des milliers d’entreprises tombèrent en faillite. Le régime organisa une forte répression, interdit les grèves, provoqua une forte chute des salaires réels, supprima les élections au suffrage direct, décréta la dissolution des syndicats et recourut régulièrement à la torture.

4.3. Après avoir soutenu la dictature d’Anastasio Somoza, la Banque mondiale met fin aux prêts après l’élection du sandiniste Daniel Ortega à la présidence du Nicaragua

Alors que le clan des Somoza était au pouvoir au Nicaragua depuis les années 1930 grâce à une intervention militaire des États-Unis |9|, un puissant mouvement populaire triompha de la dictature le 19 juillet 1979 et provoqua la fuite du dictateur Anastasio Somoza. Les Somoza s’étaient accaparé une très grande partie des richesses du pays et avaient favorisé l’implantation de grandes entreprises étrangères, surtout états-uniennes, et étaient détestés par le peuple. La dictature d’Anastasio Somoza avait bénéficié de nombreux prêts de la Banque mondiale. A partir de la chute de la dictature se mit en place un gouvernement d’alliance regroupant l’opposition démocratique traditionnelle (dirigée par des chefs d’entreprise) et les révolutionnaires sandinistes qui ne cachaient ni leur sympathie pour Cuba ni leur disposition à entreprendre certaines réformes économiques (réforme agraire, nationalisation de certaines entreprises étrangères, confiscation des terres appartenant au clan des Somoza, programme d’alphabétisation.).

Washington qui avait soutenu Anastasio Somoza jusqu’au bout considéra que ce nouveau gouvernement faisait peser une menace de contagion communiste en Amérique centrale. L’administration Carter, en poste au moment du renversement de la dictature, n’adopta pas immédiatement une attitude agressive. Mais les choses changèrent immédiatement quand Ronald Reagan entra à la Maison blanche. Il annonça (1981) sa volonté de faire tomber les Sandinistes, il soutint financièrement et militairement une rébellion composée des anciens membres de la garde nationale (« Contrarevolucionarios » ou « Contras »). L’aviation des Etats-Unis mina plusieurs ports nicaraguayens. Face à cette hostilité, la politique du gouvernement à majorité sandiniste se radicalisa. Lors des élections de 1984 qui se déroulèrent de manière démocratique pour la première fois depuis un demi-siècle, le sandiniste Daniel Ortega fut élu président avec 67% des suffrages. L’année suivante, les États-Unis décrètent un embargo comercial contre le Nicaragua qui isolera le pays par rapport aux investisseurs étrangers. La Banque mondiale a stoppé ses prêts à partir de la victoire sandiniste aux élections présidentielles. Comme indiqué dans l’article « Une banque sous influence », les Sandinistes tentèrent activement de convaincre la Banque mondiale de reprendre les prêts. Ils étaient disposés à appliquer un plan d’ajustement structurel Ajustement structurel Les Plans d’ajustement structurel ont été imposés par les IFI en contrepartie de l’octroi de nouveaux prêts ou de l’échelonnement d’anciens prêts, projets financés par la Banque mondiale, conditionnalités du FMI, etc.
Les Plans d’austérité, appliqués depuis aux pays endettés du Nord, sont des copiés/collés des Plans d’ajustement structurel subits par les pays du Sud depuis 30 ans.
draconien. La Banque décida de ne pas donner suite et elle ne reprit les prêts qu’après la défaite électorale des Sandinistes aux élections de février 1990, qui avaient vu la victoire de Violeta Barrios de Chamorro, candidate conservatrice soutenue par les États-Unis.

4.4. Soutien à la dictature de Mobutu

Déjà en 1962, un rapport du Secrétaire général des Nations unies informait que plusieurs millions de dollars, destinés à financer les troupes de Mobutu, avaient été détournés par ce dernier. En 1982, un senior du FMI, Erwin Blumenthal, banquier allemand, réalisa un rapport accablant sur la gestion du Zaïre de Mobutu dans lequel il avertissait les créanciers étrangers qu’ils ne devaient pas s’attendre à être remboursés tant que Mobutu serait au pouvoir. Entre 1965 et 1981, le gouvernement zaïrois avait emprunté environ 5 milliards de dollars à l’étranger et entre 1976 et 1981, sa dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
extérieure fit l’objet de quatre restructurations au Club de Paris Club de Paris Créé en 1956, il s’agit du groupement d’Etats créanciers (20) spécialisés dans la normalisation des défauts de paiement des PED. Depuis sa création, la présidence est traditionnellement assurée par un Français - en 2016, c’est le directeur du Trésor français, Bruno BEZARD, qui en assure la présidence. Les États membres du Club de Paris ont rééchelonné la dette de près de 80 pays en développement. Les membres du Club de Paris détiennent près de 30% du stock de la dette du Tiers Monde.
Les liens entre le Club de Paris et le FMI sont extrêmement étroits ; ils se matérialisent par le statut d’observateur dont jouit le FMI dans les réunions - confidentielles - du Club de Paris. Le FMI joue un rôle clé dans la stratégie de la dette mise en œuvre par le Club de Paris qui s’en remet à son expertise et son jugement macro-économiques pour mettre en pratique l’un des principes essentiels du Club de Paris : la conditionnalité. Réciproquement, l’action du Club de Paris préserve le statut de créancier privilégié du FMI et la conduite de ses stratégies d’ajustement dans les pays en voie de développement.
Site web : http://www.clubdeparis.org
pour un montant de 2,25 milliards de dollars.

La très mauvaise gestion économique et le détournement systématique par Mobutu d’une partie des prêts n’ont pas amené le FMI et la Banque mondiale à arrêter l’aide au régime dictatorial de Mobutu. Il est frappant de constater, qu’après la remise du rapport Blumenthal, les déboursements effectués par la BM ont augmenté. Ceux du FMI également. Manifestement, les choix de la Banque et du FMI n’étaient pas principalement déterminés par le critère de la bonne gestion économique. Le régime de Mobutu était un allié stratégique des États-Unis et d’autres puissances influentes au sein des institutions de Bretton Woods (cela comprend la France et la Belgique) tant que dura la guerre froide. A partir de 1989-1991, avec la chute du Mur de Berlin suivie plus tard de l’implosion de l’Union soviétique, le régime de Mobutu perdit de son intérêt. D’autant que dans beaucoup de pays d’Afrique (dont le Zaïre) se déroulaient des conférences nationales qui mettaient en avant la revendication démocratique. Les prêts de la BM commencèrent à diminuer pour cesser complètement au milieu des années 1990.

4.5. Soutien de la Banque à la dictature de Ceaucescu en Roumanie

A partir de 1947, la Roumanie s’intègre au bloc soviétique. En 1972, la Roumanie est le premier pays du glacis soviétique à rejoindre la Banque.

Ceaucescu était depuis 1965 secrétaire général du Parti Communiste au pouvoir ; en 1968, il avait critiqué l’intervention de l’URSS en Tchécoslovaquie. Les troupes de la Roumanie n’intervinrent pas avec celles du Pacte de Varsovie. Cette prise de distance par rapport à Moscou a visiblement décidé Washington, via la Banque, à envisager des relations étroites avec le régime roumain.

La Banque entreprit dès 1973 de négocier avec Bucarest le début d’une politique de prêts qui atteignit très vite un volume tout à fait appréciable. En 1980, la Roumanie devint le huitième en importance sur la liste des emprunteurs de la Banque. Un des historiens de la Banque, Aart van de Laar, raconte une anecdote significative qui remonte à 1973. Il assistait début 1973 à une réunion de la direction de la Banque qui avait à son agenda le début de l’octroi de prêts à la Roumanie. Devant l’incrédulité de certains dirigeants qui critiquaient l’absence de rapport fouillé sur la Roumanie, Robert McNamara aurait déclaré qu’il avait une grande confiance dans la moralité financière des pays socialistes en terme de remboursement de la dette. Ce à quoi un des vice-présidents de la Banque présent à la réunion aurait répondu que « le Chili d’Allende n’était peut-être pas encore devenu assez socialiste » |10|. McNamara serait resté de glace.

Le choix de la Banque ne reposait pas sur des critères économiques convaincants. En effet, primo, alors que la Banque a régulièrement refusé de prêter à un pays qui n’avait pas réglé d’anciennes dettes souveraines, elle commença à prêter à la Roumanie sans que celle-ci soit arrivée à mettre fin à un litige portant sur d’anciennes dettes. Secundo, l’essentiel des échanges économiques de la Roumanie étaient réalisées à l’intérieur du
Comecon en devises inconvertibles : comment pourrait-elle rembourser les prêts en devises fortes ? Tercio, la Roumanie refusait au départ de communiquer des informations économiques requises par la Banque. Ce sont des considérations politiques qui manifestement décidèrent la Banque à entamer des relations étroites avec la Roumanie. Il s’agissait de déstabiliser l’URSS et le bloc soviétique dans le contexte de la guerre froide en entretenant des relations étroites avec la Roumanie. Le manque de démocratie interne et la répression policière systématique n’ont pas eu l’air de dissuader davantage la Banque dans ce cas comme dans d’autres.

La Roumanie devint un des plus gros clients de la Banque et celle-ci finança des grands projets (mines de charbon à ciel ouvert, centrales électriques thermiques) dont les effets négatifs en terme de pollution étaient facilement décelables. Pour l’exploitation des mines de charbon à ciel ouvert, les autorités roumaines déplacèrent des populations qui jusque là étaient actives dans l’agriculture. Dans un autre domaine, la Banque soutint la politique de planification des naissances qui visait à augmenter le taux de natalité.

En 1982, quand éclata à l’échelle internationale la crise de la dette, le régime roumain décida d’imposer à la population une thérapie de choc. La Roumanie réduisit ses importations très fortement afin de dégager des surplus en devises de manière à rembourser la dette extérieure à rythme forcé. Comme l’écrivent les auteurs du livre commandité par la Banque pour commémorer son premier demi-siècle d’existence : « La Roumanie était en un sens un débiteur ’modèle’, du moins du point de vue des créanciers » |11|.

5. Conclusión

Contrairement à la section 10 de l’article 4 de la charte de la Banque mondiale, cette dernière et le FMI ont systématiquement prêté à des États afin d’influencer leur politique. Les exemples repris dans cette étude montrent que les intérêts politiques et stratégiques des grandes puissances capitalistes sont déterminants dans leurs choix. Ces grandes puissances ont soutenu et aidé financièrement des régimes dont la politique économique ne répondait pourtant pas aux critères officiels des institutions financières internationales (IFI) et bien qu’ils ne respectent pas les droits humains. Par ailleurs, des régimes considérés hostiles aux intérêts des grandes puissances ont été privés des prêts sous prétexte qu’ils ne respectaient pas les critères économiques définis par les IFI.
Il ne faudrait pas croire que cette politique des institutions de Bretton Woods a été abandonnée à la fin de la guerre froide, elle se poursuit jusqu’à nos jours : pensons à leur soutien à l’Indonésie de Mohammed Suharto jusqu’à sa chute en 1998, au Tchad de Idriss Déby jusqu’à aujourd’hui, à la Tunisie sous Ben Ali jusqu’à son renversement en 2011, à l’Egypte sous Moubarak jusqu’à son renversement en 2011 ou aujourd’hui sous le maréchal Al-Sissi…

Bibliographie :

- Kapur, Devesh, Lewis, John P., Webb, Richard. 1997. The World Bank, Its First Half Century, Volume 2 : Perspectives, Brookings Institution Press, Washington, D.C., 766 p.
- PNUD. 1994. Rapport mondial sur le développement humain, Economica, Paris,
239 p.
- Rich, Bruce. 1994. Mortgaging the earth, Earthscan, London, 376 p.
- Toussaint, Eric. 2004. La Finance contre les peuples. La Bourse Bourse La Bourse est l’endroit où sont émises les obligations et les actions. Une obligation est un titre d’emprunt (l’émetteur la vend à l’acheteur qui doit la rembourser à un taux et une échéance déterminés) et une action est un titre de propriété d’une entreprise. Les actions et les obligations peuvent être revendues et rachetées à souhait sur le marché secondaire de la Bourse (le marché primaire est l’endroit où les nouveaux titres sont émis pour la première fois). ou la Vie, CADTM-Bruxelles/CETIM-Genève/Syllepse-Paris, 640 p.
- Toussaint, Eric, « Soixantième anniversaire de Bretton Woods : une Banque sous influence », diffusé sur internet le 16 juillet 2004, 13 p.
- Van de Laar, Aart. 1980. The World Bank and the Poor, Martinus Nijhoff Publishing, Boston/The Hague/London, 269 p.


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Partie 6
Partie 7
Partie 8
Partie 9
Partie 10
Partie 11
Partie 12
Partie 13


Éric Toussaint, porte-parole du CADTM international (Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde, www.cadtm.org), est maître de conférence à l’université de Liège. Il est l’auteur de Bancocratie, Aden, 2014, http://cadtm.org/Bancocratie ; Procès d’un homme exemplaire, Edition Al Dante, Marseille, septembre 2013 ; Banque mondiale : le coup d’Etat permanent, Edition Syllepse, Paris, 2006, téléchargeable : http://cadtm.org/Banque-mondiale-le-coup-d-Etat Voir également Eric Toussaint, Thèse de doctorat en sciences politiques présentée en 2004 aux universités de Liège et de Paris VIII : « Enjeux politiques de l’action de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international envers le tiers-monde », http://cadtm.org/Enjeux-politiques-de-l-action-de Eric Toussaint est coauteur avec Damien Millet de 65 Questions, 65 Réponses sur la dette, le FMI et la Banque mondiale, Liège, 2012 (version en téléchargement libre sur internet : http://cadtm.org/65-questions-65-reponses-sur-la,8331 ) ; La dette ou la vie, coédition CADTM-Aden, Liège-Bruxelles, 2011. Prix du livre politique octroyé par la Foire du livre politique de Liège http://www.cadtm.org/Le-CADTM-recoit-le-prix-du-livre

Notes

|1| La Conférence de Bandoeng tenue en 1955 a été convoquée par le président indonésien Soekarno. Elle est le point de départ du mouvement des non-alignés. Soekarno, Tito et Nehru étaient des dirigeants qui incarnaient l’espoir du Tiers Monde face à l’ancien système colonial de domination. Voici un extrait du discours de Soekarno lors de l’ouverture de la conférence : « Le fait que les leaders des peuples asiatiques et africains peuvent se rencontrer dans un de leurs propres pays pour discuter et délibérer de leurs affaires communes constitue un nouveau départ dans l’histoire (...). Aucun peuple ne peut se sentir libre tant qu’une partie quelconque de sa patrie n’est pas libre. Comme la paix, la liberté n’est pas indivisible. (...) On nous dit souvent que le colonialisme est mort. Ne nous laissons pas illusionner, ou même endormir, par cette formule trompeuse. Je vous assure que le colonialisme est bien vivant. Comment peut-on affirmer le contraire quand de vastes régions d’Asie et d’Afrique ne sont pas libres ? (...) Le colonialisme moderne se présente aussi sous la forme du contrôle économique, du contrôle intellectuel et du contrôle physique, exercés par une communauté étrangère à l’intérieur de la nation. C’est un ennemi habile et décidé qui se manifeste sous divers déguisements ; il ne lâche pas facilement son butin. N’importe où, n’importe quand, et quelle que soit la forme sous laquelle il apparaisse, le colonialisme est un mal qu’il faut éliminer de la surface du monde. » (Source : Le Monde diplomatique, « Les objectifs de la Conférence de Bandoeng », mai 1955, p.1).

|2| Bruce Rich cite comme exemples d’agences fondées grâce à la Banque mondiale : en Thaïlande, la Industrial Finance Corporation of Thailand (IFCT), le Thai Board of Investment (BOI), the National Economic and Social Development Board (NESDB) et la Electrical Generating Authority of Thailand (EGAT) ; en Inde, le National Thermal Power Corporation (NPTC), le Northern Coal Limited (NCL)... (voir Bruce Rich, p.13 et 41).

|3| Rich, op. cit. p. 76. Voir également : STERN Nicholas et FERREIRA Francisco. 1997. « The World Bank as ’intellectual actor’ » in KAPUR, Devesh, LEWIS, John P., WEBB, Richard. 1997. The World Bank, Its First Half Century, Volume 2, p.583-585.

|4| Voir Éric Toussaint, « Soixantième anniversaire de Bretton Woods : une Banque sous influence », juillet 2004.

|5| Ce qui coïncide avec la période de la guerre froide.

|6| PNUD, 1994, p.81.

|7| On trouve une analyse des faits résumés ci-après dans : PAYER, Cheryl. 1974. The Debt Trap : The International Monetary Fund
and the Third World
, Monthly Review Press, New York and London, p. 143-165.

|8| En 1965, le Brésil signa un Stand-by Agreement avec le FMI, reçut de nouveaux crédits et vit sa dette extérieure restructurée par les États-Unis, plusieurs pays créanciers d’Europe et le Japon. Après le coup militaire, les prêts passèrent de zéro à une moyenne de 73 millions de dollars US par an pour le reste des années 1960 et atteignirent un niveau de presque un demi milliard de dollars US par an au milieu des années 1970.

|9| Voir Eric Toussaint, «  Soixantième anniversaire de Bretton Woods : une Banque sous influence », juillet 2004.

|10| VAN DE LAAR, Aart. 1980. The World Bank and the Poor, Martinus Nijhoff Publishing, Boston/The Hague/London, p.40.

|11| “Romania was, in a sense, a “model” debtor, at least from the creditors’ point of view” KAPUR, Devesh, LEWIS, John P., WEBB, Richard. 1997. The World Bank, Its First Half Century, Volume 1 : History, Brookings Institution Press, Washington, D.C., p.1061.

Auteur.e

Eric Toussaint

docteur en sciences politiques des universités de Liège et de Paris VIII, porte-parole du CADTM international et membre du Conseil scientifique d’ATTAC France. Il est l’auteur des livres Bancocratie, ADEN, Bruxelles, 2014 ; Procès d’un homme exemplaire, Éditions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Il est coauteur avec Damien Millet des livres AAA, Audit, Annulation, Autre politique, Le Seuil, Paris, 2012 ; La dette ou la vie, Aden/CADTM, Bruxelles, 2011. Ce dernier livre a reçu le Prix du livre politique octroyé par la Foire du livre politique de Liège. Il a coordonné les travaux de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce créée le 4 avril 2015 par la présidente du Parlement grec. Cette commission a fonctionné sous les auspices du parlement entre avril et octobre 2015. Suite à sa dissolution annoncée le 12 novembre 2015 par le nouveau président du parlement grec, l’ex-Commission poursuit ses travaux et s’est dotée d’un statut légal d’association sans but lucratif.