Les Femmes du CADD et la PASCIB contre la signature des APE

26 avril 2007 par CADD


Les Femmes du CADD (Cercle d’Autopromotion pour le Développement Durable, membre du réseau international CADTM) et la PASCIB ont organisé une veille contre la signature des APE le 19 avril 2007.

La journée de mobilisation et d’action Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
citoyenne sur les accords de partenariat économique entre les pays ACP et l’Union Européenne a connu un grand succès le jeudi 19 avril 2007 à Cotonou.
Plus de trois cents (300) femmes et jeunes militants du mouvement social béninois se sont encore mobilisés derrière la Présidente du réseau CADD Emilie ATCHAKA pour protester contre la signature des Accords de partenariat économique. Cet appel a connu une forte participation des femmes du réseau CADD, de l’ONG GRAPAD, des jeunes de diverses organisations de base appuyées par l’Association Amour et Travail (AAT) et de quelques représentants de la Plate-forme des Acteurs de la Société Civile au Bénin (PASCIB).

La caravane des militants qu’accompagnaient les taxis-moto communément appelés « zémidjans » s’est ébranlée depuis le stade de l’amitié de Cotonou lieu de regroupement vers le centre ville. Les caravaniers étaient tous habillés de tee-shirts blancs à l’effigie de l’artiste béninois Angélique KIDJO avec le message « Angélique KIDJO dit non aux accords commerciaux injustes et vous ? ».
Trois grandes étapes ont marqué le parcours de cette caravane : Le siège de la représentation de l’Union Européenne initiatrice des accords, l’Ambassade de l’Allemagne près le Bénin (pays qui assure actuellement la présidence de l’UE) et le Ministère béninois du commerce.

A chaque étape, la Présidente du CADD a délivré le même message pour dire non à la signature des APE qui n’offrent aucune réciprocité, aucune équité dans la libération des échanges entre les pays du Nord et ceux du Sud. La large ouverture des marchés ACP aux produits Européens subventionnés prônée par les APE entraînera d’énormes préjudices sur l’économie des pays du Sud et par voie de conséquence sur les populations pauvres. Emilie ATCHAKA, présidente du CADD et ses militants ont saisi une fois encore l’occasion pour tirer sur la sonnette d’alarme pour inviter les gouvernants des pays ACP en général et ceux du Bénin en particulier et les militants du mouvement social à suivre de près les travaux en cours afin d’éviter d’être mis devant le fait accompli par les hauts fonctionnaires et experts convaincus par l’échéance du 31 décembre 2007.

La position des militants n’a pas semblé convaincre le chef de la délégation de la commission Européenne qui dans son message a dit que l’UE n’oblige pas les pays ACP à finaliser les négociations pour le début de l’année prochaine car ce délai s’impose par l’expiration de la protection légale au niveau de l’OMC OMC
Organisation mondiale du commerce
Née le 1er janvier 1995, elle remplace le forum permanent de négociation qu’était l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) où les États avaient seulement le statut de « parties contractuelles ». Un des objectifs de l’OMC est le démantèlement, lorsqu’ils existent encore, des monopoles nationaux constitués en vertu d’une décision publique. C’est déjà le cas pour les télécommunications dont la décision a été prise dans le cadre de l’OMC en février 97. Mais il en reste d’autres comme les chemins de fer qui attirent la convoitise des grands groupes financiers.

Un autre objectif est la libéralisation totale des investissements. L’instrument utilisé a été le projet d’Accord multilatéral sur l’investissement (AMI). L’AMI dont l’élaboration avait été décidée lors de la réunion ministérielle de l’OCDE de mai 1995, vise l’ensemble des investissements : directs (industrie, services, ressources naturelles) et de portefeuille. Il prévoit des dispositifs de protection, notamment pour le rapatriement total des bénéfices. L’AMI a été comme tel abandonné en 1997 mais est réapparu sous la forme d’une multitude d’Accords bilatéraux sur l’investissement, ce sont les nouveaux « habits » de l’AMI.

L’OMC fonctionne selon le mode « un pays - une voix » mais les délégués des pays du Sud ne font pas le poids face aux tonnes de documents à étudier, à l’armée de fonctionnaires, avocats, etc. des pays du Nord. Les décisions se prennent entre puissants dans les « green rooms ». Toutefois, dans la lancée de l’épisode de Seattle en novembre 1999, la conférence de Cancun (Mexique) en septembre 2003 a été marquée par la résistance d’un groupe de 22 pays émergents du Sud, qui se sont alliés en la circonstance pour mener la conférence à l’échec, face à l’intransigeance des pays du Nord.
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Mais des alternatives aux APE existent et rien n’oblige d’aller à la précipitation au risque de conduire les négociations vers un suicide économique des pays du Sud. Aussi doit-on rappeler à l’UE sa promesse de veiller à ce qu’aucun pays ne voie sa situation s’empirer à la suite des négociations. Elle doit garantir l’accès au marché au-delà de 2007 même si les accords ne sont pas signés et continuer de fournir l’aide au développement. Les autorités béninoises du Ministère du commerce ont quant à ce qui les concerne promis de faire tout ce qui est de leur pouvoir pour veiller à ce que la signature de tels accords n’aille à l’encontre des intérêts des pays pauvres et de leurs populations. Une promesse qui, en cas de non respect entacherait la légitimité des autorités gouvernementales.

Fait à Cotonou, le 20 avril 2007.



CADD

Cercle d’Autopromotion pour le Développement Durable (CADD ; Bénin), membre du réseau international CADTM.