Les autres voix de la planète n°65

1er trimestre 2015 - n°65

31 janvier 2015

Sommaire

L’Union européenne : conquêtes démocratiques et sociales radicalement remises en cause par Eric Toussaint

La poudrière sociale de l’Europe de l’Est par Pierre Gottiniaux

Stop au TTIP, Stop à l’austérité et annulation de la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
 ! par Anouk Renaud

Déclaration de soutien du CADTM Belgique à la grève générale du 15 décembre

Dettes illégitimes en Belgique : Qui doit payer ? par le CADTM Belgique

Réflexions initiales quant à la décision de l’ONU d’établir un cadre juridique multilatéral applicable aux opérations de restructuration de la dette publique par Jubileo Sur Américas, le CADTM AYNA, la Fédération luthérienne mondiale

Le CADTM encourage l’Argentine à suivre l’exemple de l’audit de la dette équatorienne et à se réapproprier la doctrine Calvo

Lettre du CADTM Ayna à Rafael Correa, Président de l’Equateur par le CADTM AYNA

Le mythe du rattrapage par Renaud Duterme

Extractivisme Extractivisme Modèle de développement basé sur l’exploitation des ressources naturelles, humaines et financières, guidé par la croyance en une nécessaire croissance économique. , dette et désastres environnementaux Interview à Nicolas Sersiron par Paul Ariès

Pourquoi le débat sur le réchauffement climatique fait fausse route par Renaud Duterme

Ebola : le FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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et la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 189 membres en 2017) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRÊTS ACCORDÉS PAR LA BM :

1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site : http://www.banquemondiale.org
, pompiers pyromanes par Renaud Vivien

Afrique : la chute du prix des matières premières peut déboucher sur une nouvelle crise de la dette par Eric Toussaint

Burkina Faso : une dette illégitime Dette illégitime Comment on détermine une dette illégitime ?

4 moyens d’analyse

* La destination des fonds :
l’utilisation ne profite pas à la population, bénéficie à une personne ou un groupe.
* Les circonstances du contrat :
rapport de force en faveur du créditeur, débiteur mal ou pas informé, peuple pas d’accord.
* Les termes du contrat :
termes abusifs, taux usuraires...
* La conduite des créanciers :
connaissance des créanciers de l’illégitimité du prêt.
qui doit être répudiée par Pauline Imbach

Mimoun Rahmani : « Le Forum social mondial appartient au mouvement altermondialiste dans son ensemble et il doit se l’approprier » par Sergio Ferrari

Édito

« Merry Crisis and happy austerity ». C’est ce message que les militant.e.s du CADTM ont choisi de brandir sur les bâtiments de la Commission européenne et du futur Conseil à l’occasion de l’encerclement du Sommet européen qui a réuni plusieurs milliers de personnes le 19 décembre dernier dans les rues de Bruxelles. Alors le CADTM, cynique ? Pas autant que les chefs d’État européens, qui ont d’ailleurs préféré écourter leur réunion que d’être dérangés par le bruit des tracteurs et des mégaphones.

Depuis la crise de 2008, ces derniers disent, en effet, prendre toute la gravité de la situation et imposent, à contre-cœur paraît-il, des mesures qui sauront nous placer sous de meilleurs auspices. Pourtant, la crise a été une occasion rêvée pour la Troïka Troïka Troïka : FMI, Commission européenne et Banque centrale européenne qui, ensemble, imposent au travers des prêts des mesures d’austérité aux pays en difficulté. (Commission européenne, Banque centrale européenne BCE
Banque centrale européenne
La Banque centrale européenne est une institution européenne basée à Francfort, créée en 1998. Les pays de la zone euro lui ont transféré leurs compétences en matières monétaires et son rôle officiel est d’assurer la stabilité des prix (lutter contre l’inflation) dans la dite zone.
Ses trois organes de décision (le conseil des gouverneurs, le directoire et le conseil général) sont tous composés de gouverneurs de banques centrales des pays membres et/ou de spécialistes « reconnus ». Ses statuts la veulent « indépendante » politiquement mais elle est directement influencée par le monde financier.
, FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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) d’appliquer une stratégie du choc sans précédent, qui justifie aujourd’hui cures d’austérité et accords de libre-échange (voir article p.10), comme hier dans les pays du Sud, sous couvert de « développement ».

Partout en Europe, cette politique au service des créanciers et des multinationales provoque récession Récession Croissance négative de l’activité économique dans un pays ou une branche pendant au moins deux trimestres. et reculs sociaux (voir article p.4). Mais ne nous y trompons pas, la Troïka dispose de serviteurs zélés : entre autres, le gouvernement belge. Le 15 décembre dernier, au moment où la Belgique vit une grève générale historique contre l’austérité du gouvernement Michel (voir p.12), le FMI tient sa visite annuelle, contrôle le budget fédéral et salue les mesures annoncées.

Dans les rangs de l’UE, le « There is no alternative » (TINA) fait règle. La contestation sociale et la montée électorale de forces qui entendent revenir sur les mesures antisociales imposées par la Troïka et sur le paiement de dettes illégitimes, odieuses et/ou illégales, doivent être étouffées. En témoigne la campagne contre Syriza visant à intimider le peuple grec afin qu’il renonce à son droit de décider librement.

« L’histoire ne se répète pas, elle bégaie » nous dit Marx. La chute des prix des matières premières nous amène-t-elle vers une nouvelle crise de la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
des pays du Sud (voir article p.34) ?L’obstination des dirigeants européens à ne pas réguler banques et marchés financiers Marchés financiers
Marché financier
Marché des capitaux à long terme. Il comprend un marché primaire, celui des émissions et un marché secondaire, celui de la revente. À côté des marchés réglementés, on trouve les marchés de gré à gré qui ne sont pas tenus de satisfaire à des conditions minimales.
nous conduisent également, doucement mais sûrement, vers une autre crise systémique, où austérité et casse sociale seront sans aucun doute de nouveau brandies comme des remèdes inévitables.

Il est urgent de prendre le temps, de profiter de ces instants de rupture pour repenser nos stratégies, refonder nos alliances, rompre avec TINA. Que ce soit le peuple grec qui résiste, celui d’Europe de l’Est, premier cobaye européen du FMI (voir article p.8), ou encore le peuple burkinabé qui a chassé Blaise Compaoré du pouvoir (voir article p.37), la brèche est ouverte. Pour 2015, nous vous souhaitons : « Merry struggles and happy new year » !


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