Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers Monde
CADTM

Altermondialisme

Niger

Les caravaniers dénoncent l’interpellation de Claude Quemar et exigent sa libération immédiate

9 novembre 2006


Ce jeudi 9 novembre 2006, Claude Quemar, membre du CADTM international, et participant à la deuxième édition de la caravane des alternatives sociales, a été interpellé par la police nationale dans la ville de Tahoua, située à 550 km de Niamey (Niger). Cette « interpellation » a eu lieu au cours d’une des conférences/débats organisées par les « caravaniers », et cela sans aucun mandat ni motif officiel. Après une heure d’interrogatoire au commissariat, il a été emmené manu militari à Niamey.

La caravane des alternatives sociales, initiative du RNDD Niger (Réseau National Dette et Développement) a pour objectif principal de sensibiliser les populations locales sur l’impact de la dette du Tiers Monde et de l’ajustement structurel sur leurs conditions de vie quotidiennes. Elle a également pour but de favoriser l’implication des mouvements sociaux dans le combat pour l’annulation de cette dette, odieuse, illégitime, et qui a déjà été remboursée plusieurs fois. Enfin, il s’agit d’élaborer collectivement des pistes alternatives à la mondialisation néolibérale.

Composée de 35 participants provenant de différents pays (Niger, Côte d’Ivoire, France, Belgique, Canada) et organisations (associations de défense des droits de l’homme, syndicats, réseaux internationaux, ONG, étudiants, paysans, féministes, ...) la caravane doit relier cette année Niamey à Arlit (capitale minière du Nord du Niger).

Cette arrestation s’inscrit dans un contexte de répression constante de la société civile nigérienne. Après l’interdiction du Forum Social Nigérien, puis son autorisation face aux pressions internationales, le gouvernement décide de porter un nouveau coup au mouvement social.

Le RNDD, ainsi que tous les caravaniers, dénoncent ces pratiques scandaleuses et demandent la libération immédiate et inconditionnelle de notre camarade Claude Quemar.

La dette étrangle les peuples et constitue une nouvelle forme d’esclavage. Il s’agit d’en prendre conscience collectivement pour que l’immense majorité de la population avance enfin vers la satisfaction de ses droits humains fondamentaux. La caravane mène ce combat et compte bien continuer à le mener, malgré cette arrestation inacceptable.

Signataires : Hamza Malam Harou (Réseau National Dette et Développement - RNDD Niger) ; Mme Daweye Nana ( RNDD Niger) Hamada Attaher ( Association Nationale pour la Défense des Droits de l’Homme - ANDDH Niger ) ; Lawali Abdo ( Confédération Démocratique des Travailleurs du Niger - CDTN Niger ) ; Mme Zeinabou Oumarou ( Réseau des femmes enseignantes du Niger - REFEN Niger) ; Abdou Koublé ( Plate Forme paysanne - Niger) ; Boka Abdoulaye (Union des Etudiants de l’Université de Niamey - UENUN Niger) ; Olivier Bonfond (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde - CADTM Belgique) ; Sebastian Alzerreca (Survie France) ; Achille Esse ( Front National contre la Dette et pour le Développement - FNDP Côte d’Ivoire) ; Bruno Girard (Alternatives Canada)


NIGER : Arrestation d’un altermondialiste français

Claude Quémar, un altermondialiste français de a été interpellé ce matin
par
la police nationale nigérienne à Tahoua à 550 km à l’est de Niamey.

Claude
Quémar, secrétaire général de l’Ong CADTM France (Comité pour
l’annulation
de la dette du Tiers Monde) participait à une caravane qui était parti
de
Niamey pour relier Arlit au nord du pays. Son interpellation est
intervenue
au moment où il animait une conférence sur le VIH/Sida.

Selon des témoins de la scène, participants également à la caravane,
trois
policiers seraient venus l’interpeller pour l’amener au commissariat de
police où il serait interrogé. Les mêmes témoins affirment ne pas
connaître
les motifs de l’interpellation de leur camarade qui risque d’être amené
à
Niamey et expulsé du Niger.

On se rappelle que le 23 octobre dernier, le gouvernement nigérien avait
transmis une note d’interdiction aux organisations non-gouvernementales
et
associations nationales à l’initiative de la tenue du forum social
nigérien
initialement prévue du 27 au 30 octobre. Selon le ministre porte-parole
du
gouvernement Mohamed Ben Omar, "le gouvernement ne saurait accepter son
procès sur son propre sol, et qui plus est par des étrangers
" avant
d’ajouter que « le chef de gouvernement ne doit rendre de comptes qu’au
peuple du Niger. Personne ne peut venir nous donner des leçons.
 »
avait-il
conclu.

Le Forum social a pu finalement se tenir du 3 au 6 novembre dernier et a
regroupé quelques 1.000 acteurs de la société civile nigérienne, dont
175
délégués venant des sept régions du pays, et des invités internationaux
en
provenance de la sous-région et de l’Europe. Au cours de la première
édition
du Forum social nigérien, qui s’est tenue à Niamey du 25 au 29 septembre
2003, 500 acteurs de la société civile se sont retrouvés pour débattre
des
problèmes sociaux qu’affrontent les populations, échanger sur les
programmes
nationaux de développement et analyser les phénomènes de la
globalisation.

Pour les journalistes les témoignages directs appeler au +(227) 94 84 21
63
ou + (227) 96 16 81 61


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