Les finances locales à l’épreuve des « auditeurs-citoyens » en France

20 juin par Jessy Bailly


Fruit d’une recherche universitaire, en science politique, d’une durée quasiment équivalente à une année, j’ai l’honneur de pouvoir partager aujourd’hui l’aboutissement de mon travail.
J’ai mené, d’août 2017 à mai 2018, des observations à partir de l’ensemble des documents que j’ai pu obtenir, en particulier grâce à la collaboration d’une multitude « d’auditeurs-citoyens » : ouvrages, rapports d’audit, lettres d’interpellation aux élus de proximité, articles sur Internet, diaporamas, vidéos etc.

Parallèlement, j’ai réalisé vingt-deux entretiens, avec des acteurs des audits citoyens : à la fois avec des membres du Collectif pour un Audit Citoyen de la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
publique au niveau national, et avec des membres des CAC de Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble, Lyon-Rhône, Nîmes, Pays d’Aix-Gardanne, Rouen, Vienne et des membres d’ATTAC-Bassin de Vichy.

Je tenais à remercier tous ceux qui ont accepté de s’entretenir avec moi et qui ont contribué à rendre ce travail plus riche en éléments d’analyse. Des remerciements particuliers s’adressent à Patrick Saurin, Eric Toussaint, Raymonde Lagune et Yvette Krolikowski, avec qui j’ai multiplié les prises de contact, en quête d’informations toujours plus précises…

J’espère que ce travail sera éclairant, à la fois pour ceux qui n’ont qu’une vague idée de ce que représente l’audit citoyen puisque j’essaie d’en proposer une illustration concrète, à partir d’exemples empiriques ; pour les militants qui ont mené les audits, afin de raviver leur mémoire et de prendre connaissance d’une esquisse d’analyse sociologique de leurs engagements.

Je dois enfin préciser que ce mémoire ne prétend à aucune exhaustivité, il est uniquement le reflet d’une position subjective, la mienne, avec les enquêtés. Il n’a pas non plus de finalité normative, il n’est pas de mon devoir de prononcer un jugement personnel sur les procédures militantes étudiées.

J’expose ici le « résumé » (abstract) du mémoire, obtenu avec 16/20 (mention Très Bien) :

« De l’engouement lié à la prolifération des collectifs locaux, dès la fin de l’année 2011, au ralentissement général de leurs activités à partir de 2014, les collectifs pour un Audit Citoyen (CAC) de la dette publique offrent un terreau propice pour interroger les frontières que l’on sait désormais poreuses entre les espaces savant et militant. S’appuyant sur des formes d’expertise de l’action Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
collective (étude des budgets publics, interpellation auprès d’élus locaux, recours en justice), les « auditeurs-citoyens » ont fait le pari d’un militantisme « technique », permettant de refaçonner le répertoire traditionnel de l’action collective protestataire.

En s’inscrivant dans une sociologie de l’action collective, ce travail revient sur les ressorts d’une expérimentation « citoyenne » de contestation des politiques publiques, à partir d’une approche multi-localisée des finances publiques.  »

Je vous souhaite une très bonne lecture, et à bientôt pour de nouvelles aventures (j’ai déposé un projet doctoral afin de proposer une analyse comparative des audits citoyens en Belgique, en Espagne et en France).


Une évaluation « citoyenne » des finances publiques ? Étude de dispositifs locaux de contre-expertise et de l’engagement des « auditeurs-citoyens » en France.