Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers Monde
CADTM

Biens mal acquis

RDC

Les héritiers Mobutu en voie d’empocher environ 5 millions d’Euros

16 juillet 2008 par Jean-Marie Nkambua


Environ cinq millions d’Euros, c’est la somme d’argent qui,
jusqu’aujourd’hui, sommeille dans les banques suisses. Ceci au moment où le gouvernement Gizenga ne rate aucune occasion pour solliciter, auprès de ses partenaires au développement, les contributions nécessaires à la réalisation de son programme annuel. Cette infor­mation a été livrée à la presse par M. Bruno Tinel du Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde (CADTM) lors d’un échange d’information vendredi dernier. Pourtant le gouverne­ment suisse avait demandé à la Rdc dénommer un plénipoten­tiaire qui aurait comme
tâche essentielle d’enclencher les procédures judiciaires dans l’objec­tif
de recouvrer cette somme d’argent contribution importante à la réalisation des cinq chan­tiers du peuple.

Comme tout le monde sait la procédure ju­diciaire suisse prévoit une
en­traide judiciaire aux pays dont la justice a été ruinée par la guerre et
dont la Rdc pouvait bien tirer profit. Aussi, il revenait à la Rdc de faire
officiellement une demande comme exige la procédure judiciaire suisse en cette matière. A ce jour, la Rdc a 5 mois pour se conformer à cette
exigence. Au cas con­traire le gouvernement suisse se verra dans obligation de ver­ser cette importante somme d’argent aux héritiers Mobutu.

L’attitude du gouverne­ment suisse est à apprécier, mais elle suscite
certaines questions, comme celle de l’in­térêt ou de la motivation. Il faut
reconnaître que 32 ans durant, la Rdc (ex Zaire) était gérée par une
dictature qui a pourtant bé­néficié du soutien des princi­paux bailleurs de
fonds notam­ment la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, les clubs de Paris et de Lon­dres, certaines banques privées, etc.

Au-delà de toutes ces considérations, pense l’expert du CADTM, la raison
tient au fait que la dette congolaise est illégitime. En effet, les dettes
illé­gitimes sont celles qui décou­lent de prêts illégitimes. Les prêts
illégitimes dissimulent, financent ou entraînent des conduites, mécanismes ou phéno­mènes qui, à court, moyen ou long terme, attentent au développement de la vie digne pour chacun des personnes qui ha­bitent la planète ou mettent en danger la coexistence pacifique entre les peuples.

Dans la majorité des cas, ces prêts, lors de leur con­trat ou de leur
négociation dans ce qu’ils financent ou dans leurs effets reproduisent ou
génèrent des phénomènes, mécanismes ou comportement, à l’identité ou le droit de vivre dans un environ­nement sain. Parmi de tels phé­nomènes, on trouve oppression des peuples, le génocide, les guerres impérialistes, la corrup­tion, la distribution inégale de la richesse, la création de pau­vreté, l’arbitraire, etc. Faits pour lesquels le régime Mobutu n’est pas épargné.

La dette congolaise avoisi­nerait 20 milliards de dollars

A ce jour, la Rdc fait partie prenante du mécanisme en faveur des pays
pauvres très endettés (PPTE) dont le DSRP est unique document de base. Ce DSRP est reconnu aujourd’hui comme une nouvelle forme de la justement structurel des années 80. Aux termes de ce mécanisme environ 14 mil­liards de dollars du régime Mo­butu doivent être effacés. Mais C’est la conclusion de la dernière mission du FMI en Rdc qui laisse encore planer de doute Entre-temps, la Rdc avec le par­tenaire chinois a conclu un ac­cord qui porte sur 9 milliards de dollars (somme qui pourrait ra­pidement passer à 14 milliards) dont 6 milliards seront consa­crés à des travaux d’infrastruc­tures et 3 à la relance du sec­teur minier.

C’est ce qui pousse cer­tains observateurs à conclure que la Rdc risque de se retrou­ver avec une ardoise de plus de 20 milliards de dollars que la génération future sera obligée de rembourser. Et pourtant, 20% du budget 2008 de la Rdc est déjà destiné au rembourse­ment de la dette publique extérieure. Ceci au préjudice de la population congolaise. Le gou­vernement congolais est donc en droit de refuser le rembour­sement de la dette dans la mesure où le droit international souligne qu’aucun gouverne­ment ne peut être obligé de payer une dette qui serait illicite


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