Les objectifs du millénaire au coeur du Festival Esperanzah 2005

28 juin 2005 par Fransisco Padilla


L’an dernier, l’annulation de la dette du Tiers Monde était le thème central du festival de « musique du monde » Esperanzah (www.esperanzah.be). Le cADTM était de la partie. Cette année, on remet ça, avec enthousiasme, autour d’une thématique plus large : les objectifs du millénaire, qui seront déclinés tout au long du festival, sous une forme accessible pour le public. Mais qu’est-ce que c’est que ces objectifs du millénaire ?

Le 8 septembre 2000, les dirigeants des 190 Etats membres de l’Organisation des Nations unies réunis à l’occasion du sommet du millénaire ont adopté en séance plénière de l’assemblée générale une résolution plus connue sous le nom de Déclaration du Millénaire. Cette déclaration constitue un engagement formel des Etats signataires pour combattre la pauvreté, ses causes et manifestations à l’horizon 2015, par la poursuite de 8 objectifs simultanés déclinés en 18 cibles quantifiables. Ces objectifs sont les suivants :

1. Réduire de moitié la faim et l’extrême pauvreté (ce qui se traduit dans la terminologie onusienne par la réduction de moitié des personnes vivant avec moins d’un dollar par jour).

2. Donner à tous les enfants filles et garçons la possibilité de réaliser un cycle complet d’études primaires.

3. Eliminer les disparités entre les sexes dans les enseignements primaire et secondaire d’ici à 2005, si possible, et à tous les niveaux de l’enseignement en 2015, au plus tard.

4. Réduire de deux tiers le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans.

5. Réduire de trois quarts le taux de mortalité maternelle.

6. Stopper la propagation du VIH/Sida et commencer à inverser la tendance actuelle, ainsi que maîtriser le paludisme et d’autres grandes maladies.

7. Assurer un environnement durable et un accès universel aux ressources naturelles essentielles (eau, air, énergie).

8. Mettre en place un partenariat mondial pour le développement par la construction d’institutions multilatérales démocratiques et par la mise en place de dispositifs internationaux visant à s’attaquer aux besoins particuliers des pays les moins avancés en matière d’allégement de la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque africaine de développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds européen de développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
, de protection et création de l’emploi, ainsi que d’accès aux marchés internationaux et aux nouvelles technologies.

Conscients des échecs successifs des nombreuses déclarations internationales plus ambitieuses qui ont suivi la fin de la deuxième guerre, les signataires se sont limités à adopter des objectifs minimalistes et jugés réalistes dans un horizon de quinze ans. Les Nations unies ont en outre mis en place, par le biais d’une coordination assurée par le PNUD PNUD
Programme des Nations unies pour le développement
Créé en 1965 et basé à New York, le PNUD est le principal organe d’assistance technique de l’ONU. Il aide - sans restriction politique - les pays en développement à se doter de services administratifs et techniques de base, forme des cadres, cherche à répondre à certains besoins essentiels des populations, prend l’initiative de programmes de coopération régionale, et coordonne, en principe, les activités sur place de l’ensemble des programmes opérationnels des Nations unies. Le PNUD s’appuie généralement sur un savoir-faire et des techniques occidentales, mais parmi son contingent d’experts, un tiers est originaire du Tiers-Monde. Le PNUD publie annuellement un Rapport sur le développement humain qui classe notamment les pays selon l’Indicateur de développement humain (IDH).
Site :
(Programme des Nations unies pour le développement), toute une série de dispositifs de suivi pays par pays et de recueil et d’analyse des données statistiques relatives aux objectifs du millénaire.

En septembre 2005 nous atteindrons un tiers du parcours. Un bilan général d’évaluation prospectif et rétrospectif sera dressé par le secrétaire général de l’ONU.
A l’appui des résultats actuellement disponibles, force est de constater qu’au rythme actuel il faudrait plus de soixante ans pour y parvenir. Pire encore, certains des objectifs sont en nette régression, si bien qu’il semble extrêmement peu probable de les atteindre dans la prochaine décennie, même si une politique internationale très volontariste est mise en place, ce qui, dans le climat actuel, semble assez peu plausible.

Fransisco PADILLA
Chargé de Recherche et responsable formations CNCD-11.11.11.
Extrait du dossier consacré aux ODM sur www.cncd.be