Communiqué de presse

Les participants à l’atelier d’Asie du Sud appellent à une résistance contre les politiques antipopulaires de la Banque mondiale, du FMI, de la Banque asiatique de développement et d’autres institutions financières internationales

21 décembre 2009 par Numan Ahmed Khan , Dr. Mahbub-e-Rashid


Les membres des campagnes dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
d’Asie du Sud comprenant des représentants du Pakistan, du Bangladesh et d’Inde qui se sont réunis à Dhaka pour le "3e atelier d’Asie du Sud sur les Institutions Financières internationales (IFI) et la Crise de la Dette” appelé à une large mobilisation régionale contre les politiques antipopulaires des IFI. Cette conférence a été le résultat d’une organisation conjointe par SAAPE, VAK, IED et le CADTM. Environ 100 participants provenant de différentes organisations de plusieurs pays de la région ont pris part à cet atelier.
Cet atelier de ce deux jours qui s’est tenu les 19-20 décembre 2009 a aussi été témoin de la présence du dirigeant de premier plan des campagnes dette, le Docteur Eric Toussaint, Président du CADTM (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers-Monde).

Les présentations du Professeur Anu Mohammad et du Docteur M. M. Akash sur la situation macro-économique du Bangladesh et la crise économique globale et du Docteur Eric Toussaint sur le rôle de Banque Mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 189 membres en 2017) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRÊTS ACCORDÉS PAR LA BM :

1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site :
de FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

Cliquez pour plus.
après la crise capitaliste globale ont marqué le premier jour. Ce premier jour ont également eu lieu les présentations de Monower Mustafa sur les réformes de la Banque Mondiale dans le secteur d’énergie au Bangladesh et B Skanthakumar sur le prêt récent du FMI au Sri Lanka et sur le scénario de l’endettement dans ce pays.

Le deuxième jour a eu lieu la présentation de Sushovan Dhar sur les projets de la Banque Mondiale dans le domaine de l’exploitation minière en Inde qui ont entraîné la perte de vies et de moyens d’existence avec une étude de cas centrée sur le projet d’ aluminium NALCO dans l’Orissa. Les autres présentations du jour ont été faites par Masud Ali sur les impacts des réformes de la Banque Mondiale dans le secteur du jute au Bangladesh et par Farooq Tariq sur le processus de privatisation au Pakistan sous le gouvernement des militaires et les gouvernements qui ont suivi ainsi que les impacts des conditionnalités du FMI sur le Pakistan. Eric Toussaint a analysé en détail la crise financière issue de la crise spéculative en Occident et son impact sur le Tiers-monde. Les participants ont aussi discuté et ont terminé par une perspective d’actions Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
.

Les thèmes importants de la conférence ont été les tentatives de la Banque asiatique de développement, de la Banque Mondiale et du Fonds monétaire international de privatiser les services fondamentaux et les industries mettant en danger les moyens d’existence des ouvriers liés à ces secteurs et l’imposition de conditionnalités strictes de l’aide. Les participants ont remarqué que la privatisation des entreprises d’état dans l’agenda néolibéral minimise la souveraineté de l’Etat et les politiques publiques et renforce les mécanismes de répression qui servent les intérêts des multinationales aux dépens des populations. La dégradation écologique et de l’environnement dans les projets financés par les IFI a aussi été analysée en détail.

D’autres présentations ont également démystifié et condamné le rôle des IFI dans l’augmentation du fardeau de dette, la privatisation des services fondamentaux qui les rend inaccessibles aux travailleurs pauvres, les violations claires des Droits humains et les problèmes environnementaux etc. Les participants ont fait remarquer que tout cela a été fait au nom du développement et du progrès.

Les participants ont aussi remarqué avec tristesse qu’aucun gouvernement d’Asie du Sud n’a osé affronter l’hégémonie des IFI malgré les mobilisations gigantesques en soutien à ces demandes de la part des peuples de la région. Pour renforcer la coopération Sud-Sud, les participants ont lancé un appel en faveur d’une « Banque du Sud ».
Il a été décidé dans une perspective future d’action la mise en place de campagnes massives de sensibilisation et de mobilisations pour obliger les gouvernements des différents pays de la région à s’opposer aux politiques antipopulaires imposées par les IFI, pour dire « Non » à leurs conditionnalités et pour obliger la Banque Mondiale, la Banque de Développement asiatique (ADB) et le Fonds monétaire international (le FMI) à quitter la région.



Traduction Virginie de Romanet

cadtm.org