10 juin

Bruxelles, Belgique

Manifestation : Et maintenant il nous faut une régularisation !

Manifestation 10 juin 2018, Gare du nord, 14h, Bruxelles.

ET MAINTENANT, IL NOUS FAUT UNE RÉGULARISATION !

Depuis 2014, la Coordination des sans-papiers de Belgique tente de vaincre l’absurdité de la politique d’asile et de migration qui s’est installée dans ce pays. Aujourd’hui il est clair pour tous que les choix qui ont été adoptés par le gouvernement dans ce domaine s’éloignent des droits humains et ont produit des effets désastreux : les arrestations par quota au Parc Maximilien ; l’expulsion de sans-papiers vers le Soudan (en violation de l’article 3 de la Convention européenne des droits humains qui interdit l’expulsion d’une personne vers un Etat où elle risque d’être soumise à la torture) ; le projet de loi permettant les perquisitions à domicile chez des personnes sans-papiers et des citoyen.ne.s solidaires, et enfin le ciblage d’interventions policières pour traquer les sans-papiers dans le monde associatif, social et culturel (comme à Globe Aroma). Ces quelques exemples illustrent l’obstination violente du gouvernement face aux migrant.e.s en général et aux sans-papiers en particulier. Bien heureusement, la mise en oeuvre de ces mesures a suscité une mobilisation sans précédent des citoyen.ne.s, des bénévoles qui viennent en aide aux étrangers et aux primo-arrivants (qui sont les sans-papiers de demain) dans les villes de la Belgique. Nous pensons notamment á la Plateforme Citoyenne pour l’hébergement ou aux plus de 50 communes de Wallonie et de Bruxelles qui se sont déclarées « Communes Hospitalières », et qui ont ainsi mis à nu le déficit d’humanité du gouvernement belge qui criminalise les migrant.e.s en tuant la solidarité.

A l’aube des élections communales et à un an des élections régionales, fédérales et européennes, la Coordination des Sans Papiers de Belgique refuse de se taire, face a ce que nous subissons injustement. C’est-á-dire, d’être sans droit dans un Etat qui se dit de droit.

Nous en avons assez de passer notre temps à nous justifier, à rappeler que nous avons aussi des droits. Après avoir vécu ici plus de cinq ans pour certains, voire plus de dix ans pour d’autres, nous avons en nous aussi, quelque chose de la Belgique : les savoirs acquis, des expériences vécues, des attaches, des projets…Les pouvoirs publics ne peuvent pas continuer á nous exclure administrativement et socialement alors que nous vivons ici depuis des lustres.

Aujourd’hui, la Belgique c’est aussi chez-nous !

Nous lançons un appel aux hommes et femmes politiques, et à tous les citoyen.ne.s.
Concernant les personnes sans-papiers, certains politiciens attisent le feu de la haine et du rejet, mais pour quel bénéfice politique ? Ceux-là, nous ne les convaincrons pas. Pour les autres, épris de démocratie, nous en appelons á la constance dans les valeurs qu’ils défendent. Nous avons besoin de femmes et d’hommes politiques qui ne se taisent pas par lâcheté, mais qui hurlent leur humanisme à ceux qui s’attaquent quotidiennement aux droits des étrangers, á la diversité et au respect de l’autre.
Quant aux citoyen.ne.s, ils ne doivent pas accepter que les droits humains soient confisqués. Au stade où nous en sommes, la Belgique connaît trop d’exclusions. La population belge croit fortement à la liberté, à la fraternité, à la solidarité et au caractère irréversible de la mondialisation Mondialisation (voir aussi Globalisation)
(extrait de F. Chesnais, 1997a)
Jusqu’à une date récente, il paraissait possible d’aborder l’analyse de la mondialisation en considérant celle-ci comme une étape nouvelle du processus d’internationalisation du capital, dont le grand groupe industriel transnational a été à la fois l’expression et l’un des agents les plus actifs.
Aujourd’hui, il n’est manifestement plus possible de s’en tenir là. La « mondialisation de l’économie » (Adda, 1996) ou, plus précisément la « mondialisation du capital » (Chesnais, 1994), doit être comprise comme étant plus - ou même tout autre chose - qu’une phase supplémentaire dans le processus d’internationalisation du capital engagé depuis plus d’un siècle. C’est à un mode de fonctionnement spécifique - et à plusieurs égards important, nouveau - du capitalisme mondial que nous avons affaire, dont il faudrait chercher à comprendre les ressorts et l’orientation, de façon à en faire la caractérisation.

Les points d’inflexion par rapport aux évolutions des principales économies, internes ou externes à l’OCDE, exigent d’être abordés comme un tout, en partant de l’hypothèse que vraisemblablement, ils font « système ». Pour ma part, j’estime qu’ils traduisent le fait qu’il y a eu - en se référant à la théorie de l’impérialisme qui fut élaborée au sein de l’aile gauche de la Deuxième Internationale voici bientôt un siècle -, passage dans le cadre du stade impérialiste à une phase différant fortement de celle qui a prédominé entre la fin de Seconde Guerre mondiale et le début des années 80. Je désigne celui-ci pour l’instant (avec l’espoir qu’on m’aidera à en trouver un meilleur au travers de la discussion et au besoin de la polémique) du nom un peu compliqué de « régime d’accumulation mondial à dominante financière ».

La différenciation et la hiérarchisation de l’économie-monde contemporaine de dimension planétaire résultent tant des opérations du capital concentré que des rapports de domination et de dépendance politiques entre États, dont le rôle ne s’est nullement réduit, même si la configuration et les mécanismes de cette domination se sont modifiés. La genèse du régime d’accumulation mondialisé à dominante financière relève autant de la politique que de l’économie. Ce n’est que dans la vulgate néo-libérale que l’État est « extérieur » au « marché ». Le triomphe actuel du « marché » n’aurait pu se faire sans les interventions politiques répétées des instances politiques des États capitalistes les plus puissants (en premier lieu, les membres du G7). Cette liberté que le capital industriel et plus encore le capital financier se valorisant sous la forme argent, ont retrouvée pour se déployer mondialement comme ils n’avaient pu le faire depuis 1914, tient bien sûr aussi de la force qu’il a recouvrée grâce à la longue période d’accumulation ininterrompue des « trente glorieuses » (l’une sinon la plus longue de toute l’histoire du capitalisme). Mais le capital n’aurait pas pu parvenir à ses fins sans le succès de la « révolution conservatrice » de la fin de la décennie 1970.
. Seul le peuple belge souverain, est capable de nous sortir de l’impasse dans laquelle le gouvernement actuel nous a enfermés. Oui, le dernier mot vous revient afin que les politiciens qui affaiblissent les personnes déjà vulnérables, criminalisent les migrant.e.s et promeuvent la construction de nouveaux centres fermés, ne restent plus aux affaires par votre vote. Dès lors, soyons chaque jour plus nombreu.x.ses pour exiger des engagements à nos futurs élu.e.s : une justice sociale sans exclusion, une politique migratoire hospitalière et respectueuse des droits fondamentaux, une intégration des sans-papiers dans l’Etat de droit belge.

Nous avons besoin de votre soutien.

Dans le cadre de la mobilisation internationale pour la régularisation des sans-papiers et contre les politiques migratoires de l’Union européenne et de ses États membres, la Coordination des Sans-Papiers de Belgique organise une nouvelle manifestation le dimanche 10 juin 2018 á 14h00 á la Gare du Nord de Bruxelles, pour mettre á l’agenda des débats électoraux communaux, nationaux et européens á venir, l’importance d’une solution négociée pour la RÉGULARISATION des sans-papiers.

La Coordination des sans-papiers de Belgique Personnes de contact :
Serge (0493 29 19 74) bagamboula1962@yahoo.fr
Modou (0499 88 48 21) voixsp1@hotmail.com
Mamadou (0493 99 54 44) mamadou2014d66@gmail.com


info document
(PDF -225 ko)

À venir