Mobilisations à Rostock : le G8 derrière les barbelés, les alternatives fleurissent

12 juin 2007 par La Via Campesina


Après le sommet de Heiligendamm, il apparait clairement que
le G8 G8 Ce groupe correspond au G7 plus la Fédération de Russie qui, présente officieusement depuis 1995, y siège à part entière depuis juin 2002. a perdu toute crédibilité et légitimité. Comme il est
maintenant d’usage lors de la plupart des réunions
internationales importantes, le sommet du G8 qui s’est tenu
à Heiligendamm, en Allemagne, du 6 au 8 juin, a du se cacher
derrière des murs de barbelés et une atmosphère de guerre
civile pour protéger les chefs d’Etat des pays les plus
riches des protestations populaires. Cela souligne non
seulement la non-légitimité des leaders du G8 qui décident
du destin du reste du monde, mais aussi l’opposition massive
et croissante des populations des pays même du G8 contre ces
politiques néo-coloniales et néo-libérales.

Lors de ce sommet, le G8 a été isolé, sourd et aveugle aux
protestations plurielles et diverses portées par des
mouvements européens particulièrement jeunes et renouvelés.
Les huit chefs d’Etat ont été incapables de se mettre
d’accord sur aucun objectif contraignant concernant le
réchauffement climatique et l’afrique. Ce dont on se
souviendra du sommet officiel à Heiligendamm, ce sont des
promesses vides et un exercice de pure communication.

Le niveau extrême de la répression et de la criminalisation
contre les mouvements sociaux et les jeunes qui s’étaient
rassemblés à Rostock ne fait que souligner l’impasse de
l’ordre mondial que défend le G8. Alors que dans les
campements, pendant les manifestations et lors des blocages,
la grande majorité des manifestants ont été pacifiques et
ont montrés un haut niveau de responsabilité, la police
allemande a fait usage d’une violence et de provocations
injustifiées. Des centaines de personnes ont été arrêtées
pour des motifs aussi ridicules que d’avoir du scotch ou de
la ficelle dans leurs sacs.

Malgré cette répression violente, les mobilisations à Rostock
ont été un grand succès. A la fois dans le sommet alternatif
et lors des blocages, divers mouvements se sont rencontrés,
ont échangé et ont agi ensemble pour s’opposer aux politiques
destructrices du G8 et pour donner vie à des alternatives.

Les trois campements de Rostock, Reddelich et Wichmannsdorf
ont été des exemples vivants d’auto organisation solidaire,
durable et joyeuse où plus de 20.000 personnes ont cohabités
pendant près d’une semaine.

Pour Via Campesina, ces mobilisations ont été une occasion
unique de placer l’alimentation et l’agriculture au cœur des
lutes en Europe et d’interagir avec d’autres mouvements
sociaux. De jeunes paysans et paysannes de différents pays
européens et du monde ont trouvé à Rostock un espace pour
discuter des moyens de développer l’agriculture paysanne
dans leurs pays et de faire entendre leur opposition à la
domination de l’agriculture par les firmes multinationales.

Via Campesina condamne fermement la répression policière
contre des manifestations très largement pacifique et demande
la libération immédiate de tous les militants encore
emprisonnés suite aux mobilisations anti-G8. Nous regrettons
également que de nombreux médias généralistes se soient
uniquement intéressés à la violence et aux problèmes de
sécurité, alors même que ces protestations ont permis de
montrer que des forces sociales très vivantes, diverses et
créatives agissaient aujourd’hui en Europe pour lutter contre
le racisme, le fascisme, le sexisme, le capitalisme et les
destructions environnementales. Alors que les leaders du G8
se rencontraient derrière des murs de barbelés, les
manifestants ont clairement démontré que les alternatives
peuvent fleurir.

Bruxelles, 11 juin 2007