ONU/autochtones : supprimer le capitalisme pour sauver la planète

24 avril 2008


NEW YORK (Nations unies) - Le président bolivien Evo Morales a proposé lundi à l’ONU la suppression du système capitaliste parmi une dizaine de mesures « pour sauver la planète, l’humanité et la vie ».

« Si nous voulons vraiment sauver la planète, il faut en finir avec le système capitaliste », a déclaré M. Morales à l’ouverture de la 7e session du Forum permanent de l’ONU sur les questions autochtones, devant des centaines de représentants de communautés indigènes, venus du monde entier.

Le président bolivien est lui-même un Indien de l’ethnie Aymara. Les populations autochtones comptent 370 millions de personnes dans le monde.

Selon M. Morales, le système capitaliste est responsable du réchauffement de la planète et « ne permet d’accumuler que des ordures ». Comme alternative, il a recommandé « un socialisme communautaire qui soit en harmonie avec notre Terre nourricière ».

Les autres mesures présentées incluent la renonciation aux guerres « car ce ne sont pas les peuples qui les gagnent mais les empires » et un monde débarrassé du colonialisme.

M. Morales s’est aussi prononcé pour les énergies « propres » mais a affirmé que promouvoir les biocarburants était « une erreur » car cela ne sert « qu’aux voitures de luxe et pas à la vie humaine » et cela fait grimper le prix de la nourriture.

Il a préconisé le respect de la planète, la garantie d’un accès pour tous aux services de base, notamment à l’eau, et « la fin du consumérisme, du gaspillage et du luxe ».

« Notre mère la Terre n’est pas une marchandise. Ce n’est pas une chose qu’on achète ou qu’on vend », a-t-il dit. Il a proposé une convention internationale « pour protéger les ressources en eau et empêcher leur privatisation par quelques-uns. »

Devenu en décembre 2005 le premier président bolivien issu de la population autochtone, M. Morales s’est mis à dos les régions de basse altitude du pays, les plus riches, dont la population est à majorité d’origine européenne et métissée, en présentant un projet de réforme constitutionnelle visant à redistribuer la richesse du pays aux indigènes pauvres des zones montagneuses.

Le président bolivien a également estimé que le système de l’ONU, notamment le Conseil de sécurité, devrait être « démocratisé ».

Dans un message aux participants à ce forum de deux semaines, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, actuellement en visite en Afrique, s’est félicité de leur choix du réchauffement climatique comme thème de la réunion.

« En tant que gardiens des terres, ils (les peuples autochtones) ont acquis un savoir essentiel sur l’impact de la dégradation de l’environnement, notamment du réchauffement climatique. Ils en connaissent les conséquences économiques et sociales et ils devraient jouer un role dans la réponse globale, » a-t-il ajouté.

AFP - 21 avril 2008 22h50