Oxi ! Basta ! Enough ! NON à la dette illégitime !

9 octobre 2015 par CADTM

« Oxi ! Basta ! Enough ! Construisons une autre Europe » tel est l’appel lancé par différents collectifs, associations, syndicats et organisations européennes, dont le CADTM Europe, contre les politiques d’appauvrissements et de destructions de nos droits et de notre planète menées par l’oligarchie politico-financière du continent.

L’appel ne laisse pas de place au doute : nous voulons une Europe différente de celle que nous vivons tous les jours, qui refuse la corruption, le sexisme, le racisme criant dans la gestion des flux migratoires, l’austérité qui dépouille et endette les populations européennes, les traités commerciaux qui ne font qu’enrichir les grands producteurs au détriment de l’environnement et du droit à la sécurité alimentaire. Une Europe juste et solidaire qui met en avant l’intérêt de ses peuples et pas celui des multinationales et du monde de la finance.

Depuis l’Espagne, la France, la Grèce, l’Italie, la Roumanie, l’Allemagne ou le Royaume-Uni, des milliers de personnes se sont mises en marche depuis le 1er octobre pour protester contre “l’austérité”, les traités de libre-échange TTIP, CETA, TiSa et tous les APE en cours de négociation et les inégalités qui ne cessent de croître en Europe et dans le monde. En Espagne, les Marches ont reçu le soutien des nouvelles municipalités « du changement », comme à Cadix où elles ont été reçues par le maire José María González “Kichi”, à Madrid par Carmena ou à Barcelone par la maire Ada Colau qui leur apporte un soutien déterminé. Le départ des Marches à Gibraltar le 1er octobre a été l’occasion de dénoncer les paradis fiscaux Paradis fiscaux
Paradis fiscal
Territoire caractérisé par les cinq critères (non cumulatifs) suivants :
(a) l’opacité (via le secret bancaire ou un autre mécanisme comme les trusts) ;
(b) une fiscalité très basse, voire une imposition nulle pour les non-résidents ;
(c) des facilités législatives permettant de créer des sociétés écrans, sans aucune obligation pour les non-résidents d’avoir une activité réelle sur le territoire ;
(d) l’absence de coopération avec les administrations fiscales, douanières et/ou judiciaires des autres pays ;
(e) la faiblesse ou l’absence de régulation financière.

La Suisse, la City de Londres et le Luxembourg accueillent la majorité des capitaux placés dans les paradis fiscaux. Il y a bien sûr également les Iles Caïmans, les Iles anglo-normandes, Hong-Kong, et d’autres lieux exotiques. Les détenteurs de fortunes qui veulent échapper au fisc ou ceux qui veulent blanchir des capitaux qui proviennent d’activités criminelles sont directement aidés par les banques qui font « passer » les capitaux par une succession de paradis fiscaux. Les capitaux généralement sont d’abord placés en Suisse, à la City de Londres ou au Luxembourg, transitent ensuite par d’autres paradis fiscaux encore plus opaques afin de compliquer la tâche des autorités qui voudraient suivre leurs traces et finissent par réapparaître la plupart du temps à Genève, Zurich, Berne, Londres ou Luxembourg, d’où ils peuvent se rendre si nécessaires vers d’autres destinations.
au sein de l’Union Européenne et la délinquance organisée qui y règne.

Le 15 octobre sera le point culminant de ces différentes marches qui convergeront ensemble à Bruxelles pour participer à l’encerclement du prochain sommet du Conseil européen. C’est aussi la première étape de trois jours de mobilisation à Bruxelles.

Le 16 octobre sera une journée dédiée aux débats et à la réflexion sur les alternatives : plusieurs conférences autour de la thématique du dumping social, des migrations, du climat, des traités de libre-échange, de la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
et de la pauvreté sont organisées.

Les réseaux CADTM et ATTAC y contribueront à travers la conférence européenne sur la dette réfléchissant aux alternatives du système dette qui appauvrit les populations du Nord comme du Sud.

Nous n’avons pas créé cette dette au nom de laquelle on nous plonge dans l’austérité !

Nous voulons dire « Basta ! », « OXI ! », aux politiques d’austérité qui depuis le début de la crise asphyxient les peuples d’Europe.
Nous n’avons pas créé cette dette au nom de laquelle on nous plonge dans l’austérité ! Nous n’en sommes pas responsables ! Nous n’en avons pas bénéficié et elle continue de nous opprimer ! Nous ne sommes pas disposés à payer leur dette ! Cette dette n’est pas la notre !

Nous sommes encore moins disposés à en payer les conséquences et voulons dénoncer les responsables. C’est pour cette raison que nous exigeons la mise en place d’audits citoyens de la dette, un outil qui démontre la dangerosité de la gestion des finances publiques lorsqu’elle est opérée par une élite oligarchique qui n’œuvre qu’à son profit et celui des multinationales qui dictent nos lois au dépend des populations qui ne connaissent que précarité et droits laminés.

Le cas de l’Équateur a mis en évidence l’importance de mener une enquête sur les dettes publiques, celle-ci a permis d’identifier la partie qui n’a pas bénéficié à l’intérêt général pour en rejeter le paiement et libérer les ressources pour les dépenses sociales.

La Commission pour la vérité sur la dette grecque, mise en place plus récemment, se donne les mêmes objectifs. L’audit de la dette reste donc un instrument fondamental pour reprendre en main ce qui nous appartient : le droit des populations à décider elles mêmes de leur vie et de leur avenir.

La grande manifestation européenne prévue dans l’après-midi du 17 octobre contre l’austérité, le TTIP et la pauvreté clôturera ces trois journées de mobilisation. Mais nous n’en resterons pas là. Après la manifestation nationale du 7 octobre en Belgique qui a rassemblé plus de 100 000 personnes contre l’austérité du gouvernement Michel et ces trois journées de mobilisation, dors et déjà de prochains rendez-vous sont fixés, dont le 22 octobre avec les Marches de la Dignité en Espagne. On ne lâche rien !

Un camp aura lieu toute la semaine à Bruxelles.

Toutes les informations sont centralisées sur www.ox15.eu