Mémorandum Afrique centrale 2010 CNCD-11.11.11 - 11.11.11-KVNZB

Paix durable, bonne gouvernance et développement. Lignes de force pour une politique concertée en Afrique Centrale

30 mars 2010


Un document de la plate-forme Afrique Centrale du CNCD-11.11.11 et du Central Africa Overleg de 11.11.11-KVNZB formulant des recommandations aux responsables nationaux et internationaux en vue d’une politique concertée dans les trois pays de la région des Grands Lacs.

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INTRODUCTION

La région des Grands lacs n’est aujourd’hui malheureusement toujours pas sécurisée. Quinze ans après l’éclatement des conflits qui ont successivement frappé le Burundi, le Rwanda et la République
Démocratique du Congo, la stabilité de la région des Grands lacs semble toujours gravement menacée. Les défis en matière de lutte contre la pauvreté et de développement durable restent énormes.

En RDC, dans plusieurs zones de l’est du pays, le cycle incessant des violences ont provoqué une crise humanitaire permanente. Différents groupes armés toujours actifs Actif
Actifs
En général, le terme « actif » fait référence à un bien qui possède une valeur réalisable, ou qui peut générer des revenus. Dans le cas contraire, on parle de « passif », c’est-à-dire la partie du bilan composé des ressources dont dispose une entreprise (les capitaux propres apportés par les associés, les provisions pour risques et charges ainsi que les dettes).
, prennent la population civile comme
cible, obligeant celles-ci à fuir. Les femmes et les enfants en sont bien souvent les premières victimes. D’ailleurs, la violence sexuelle est utilisée comme arme de guerre. L’action Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
militaire mené contre les
groupes rebelles étrangers et nationaux n’a pas permis de protéger la population et d’améliorer leur sécurité, et cela à cause notamment de l’inefficacité et du dysfonctionnement de l’armée congolaise et
du manque de réactivité de la Monuc. Dans toutes les provinces de la RDC, la sécurité reste problématique.
Au-delà de la question du conflit, la souveraineté de la RDC sur ses ressources naturelles apparaît comme l’un des enjeux majeurs pour le développement du pays. En effet, alors que ce pays dispose de
vastes terres fertiles, du quart des réserves d’eau douce du continent africain, d’importantes ressources minières et forestières, il fait face aujourd’hui à une situation scandaleuse, puisqu’il reste l’un des pays
les plus pauvres du monde.

Au Rwanda, la reconstruction semble se faire plus rapidement. Mais le défi du règlement judiciaire des crimes de guerre, crimes contre l’humanité et du génocide reste entier.
La pauvreté et l’injustice grandissant, le fossé s’élargissant entre la ville et la campagne sont provoqués par des décisions politiques, décrétées depuis la capitale sans concertation avec la population. Les
inégalités augmentent et le faible degré d’ouverture démocratique du régime pose question.

Le Burundi, quant à lui, se trouve à la croisée des chemins : le dernier groupe de rebelles armés est démobilisé et reconverti en parti politique. Restent les défis de consolider les processus de pacification
et de démocratisation et de sortir la population agricole de la spirale de la pauvreté. On constate, par ailleurs, un recul du respect des droits humains et de la faible capacité des dirigeants à pouvoir réellement gouverner. En outre, force est de constater que le pays se heurte à la difficulté de mobiliser les bailleurs internationaux ; il n’y a pas assez des bailleurs et donc de moyens, pour aider les autorités burundaises à reconstruire le pays.

Dans ce cadre, il est difficile de prévoir l’évolution que traversera la région au cours des prochains mois et des prochaines années. Il semble cependant évident qu’elle ne pourra assurer une transition vers la
paix et le développement que si la communauté internationale en fait l’une de ses priorités, en veillant à garantir aux Etats de la région la possibilité de définir, souverainement et en dialogue avec leur société
civile, les politiques de développement qui permettront d’améliorer les conditions de vie de leurpopulation.

Dans ce document, la plate forme Afrique Centrale du CNCD-11.11.11 et le Central Africa Overleg de 11.11.11-KVNZB formulent des recommandations aux responsables nationaux et internationaux en vue
d’une politique concertée dans les trois pays de la région des Grands Lacs.

Ces recommandations s’articulent principalement autour de quatre thèmes :
1. Paix et sécurité.
2. Gouvernance adéquate et démocratie.
3. Droits humains et lutte contre l’impunité.
4. Eléments indispensables pour le développement.

L’annulation de la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
et l’aide sont des instruments importants pour la communauté internationale. Celle-ci devra également veiller à ce que les Etats de la région définissent eux-mêmes avec leurs
citoyens une politique qui conduise vers un développement durable.
C’est pourquoi nous formulons, dans un chapitre séparé, des recommandations concernant les modalités de l’aide et le rôle de la société civile.

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Paix durable, bonne gouvernance et développement. Lignes de force pour une politique concertée en Afrique Centrale