Pas de Dambisa Moyo du tout et de ses propositions anti-africaines !!!

16 novembre 2009 par Zalzal Madjid


Cette économiste zambienne est une ultralibérale extrémiste. Sa proposition est d’aller encore plus loin dans l’application des recettes meurtrières du néolibéralisme, qui ne cherchent pas à développer les peuples mais à les asservir aux multinationales et aux détenteurs de capitaux.

Moyo est une fanatique du libre marché à outrance, elle est soutenue par des personnages sinistres comme Paul Wolfowitz, cerveaux des invasions d’Afghanistan et de l’Iraq.

Dambisa Moyo propose rien de moins que des dictatures « lucides », et la prééminence du capital sur les Droits Humains !!!.

En outre, Dambisa Moyo tente une manipulation exécrable en parlant de 1000 milliards de « généreux » dollars offerts à l’Afrique.

D’abord cela ne représente que 15 mois de dépenses militaires mondiales, qui ne semblent pas la scandaliser. Une part non négligeable de cette aide est, non seulement « offerte » sous forme de prêts qui alourdissent encore la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
, mais aussi une partie significative de cette aide est constitué d’allègement de dettes qui ne représentent donc aucun flux positif pour les pays africains. Sans parler de la partie achat de médicaments, d’équipements, d’aliments, coût de transport, missions d’experts, etc, qui reste dans le pays qui fournit l’aide.

L’Afrique n’a jamais « reçu » plus de 1000 milliards d’aide. La partie de l’aide qui est effectivement arrivée sur place et qui a vraiment bénéficié aux plus pauvres est dérisoire.

Dambisa Moyo ne parle pas non plus de remboursements de la dette. D’après le CNUCED Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement
CNUCED
Elle a été créée en 1964, sous la pression des pays en voie de développement pour faire contrepoids au GATT (prédécesseur de l’OMC).
Site web :
entre 1970 et 2002, l’Afrique a reçu 540 milliards de USD en prêts, mais elle a remboursé 550 milliards de USD et elle doit encore 295 milliards de USD...

Les 600 milliards, ou plus, de fortune privée accumulée par une poignée des riches Africains, et placée en grande partie à l’étranger, ne semble pas non plus interpeller Dambisa Moyo. Ni les profits colossaux de multinationales agro-alimentaires, minières et pétrolières qui ne laissent que guerre et désolation dans le continent, et qui enrichissent les actionnaires au lieu d’être réinvestis dans le bien commun local.

Aucune mention non plus des richesses fabuleuses que l’Afrique a déjà transféré par la force et la violence au Nord après des siècles d’exploitation, d’esclavage, de colonialisme et de néocolonialisme.

L’Afrique a donné plus qu’elle n’a reçu

Dire que l’Afrique a reçu 1000 milliards de dollars est une imposture intellectuelle pour éviter au Nord de payer les réparations qui sont dues à l’Afrique.
La Charte des droits et devoirs économiques des États adoptée par l’ONU en 1974, chapitre 1, principe (i) prescrit que les relations entre États devraient être régies par des principes, parmi lesquels figure celui de : «  Réparation des injustices qui ont été imposées par la force et qui privent une nation des moyens naturels nécessaires à son développement normal ».
Le droit au développement est aussi un Droit humain fondamental et toutes les nations se doivent de l’appliquer.
L’Aide (qui ne devrait pas s’appeler aide mais « réparation ») est un principe et un devoir moral de justice entre les peuples. Mais nous savons bien que l’idéologie néolibérale n’a pour principes que priver les nations des moyens naturels nécessaires à son développement normal, et de transférer les richesses des nations aux riches détenteurs de capitaux. Pour y arriver, le néolibéralisme applique la rapine économique, la libre concurrence des plus forts encouragés par la soi-disant « main invisible », la privatisation de tous les biens publics y compris le vivant, l’accumulation effrénée des richesses et capitaux dans les mains d’une minorité au détriment de la majorité, la charité au lieu de la solidarité...

Dambisa Moyo n’est pas la face féminine, jeune, africaine, intellectuelle et moderne de la nouvelle génération africaine de hauts cadres engagés pour l’Afrique.

Dambisa Moyo s’est engagé avec le rouleau compresseur neolibéral, destructeur des peuples... elle est le parapet présentable brandi par la réaction ultraconservatrice et dominatrice des détenteurs de capitaux du Nord comme du Sud.
Leurs sinistres desseins ne sont rien d’autre que la conquête et l’asservissement de l’Afrique auxquels Dambisa Moyo souscrit. Des desseins qui font penser à une sorte «  d’iraqisation  » de l’Afrique, une application à plus grande échelle de l’expérience iraqienne totalement « réussie » du point de vue saccage-néolibéral par Wolfowitz.

Le dernier livre de Dambisa Moyo ne représente qu’elle et son idéologie. C’est un livre anti-africain, un condensé d’idéologie néolibérale. Ses propositions ne servent pas l’Afrique, ils la desservent pour mieux l’asservir.



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