Patrick Dewael : un coquin qui prend les gens pour des crétins

10 novembre 2003 par Eric Toussaint


Dans une déclaration faite à Bruxelles sur un plateau de télévision publique le dimanche 9 novembre 2003, Patrick Dewael, ministre de l’Intérieur et vice-premier ministre du gouvernement belge, a proposé que la Belgique conditionne l’octroi de l’aide publique au développement à la coopération des autorités des pays bénéficiaires au rapatriement des clandestins. Cette proposition fait partie d’une campagne d’intoxication qui vise à renforcer les réflexes égoïstes et xénophobes dans les pays les plus industrialisés. Pour atteindre cet objectif, le mensonge est de rigueur. Il s’agit de faire croire que les pays les plus industrialisés sont généreux à l’égard des populations du reste du monde et qu’il faut qu’en contrepartie, les pays pauvres mettent de l’ordre chez eux et retiennent leurs candidats à la migration ou contribuent à rapatrier les clandestins. Voltaire dirait de Patrick Dewael, vice-premier belge, qu’il fait partie de ces coquins qui prennent les gens pour des crétins et leur racontent des fables. Une analyse sérieuse de l’aide publique au développement et du comportement des migrants montre que la réalité est très éloignée du monde décrit par Patrick Dewael. Celui-ci fait partie des nouveaux théologiens, docteurs en dogmes néolibéraux, qui n’hésitent pas à falsifier la réalité pour en effacer tout ce qui pourrait contredire leurs « vérités » assénées, ni à manipuler les chiffres statistiques pour donner une apparence scientifique à leurs élucubrations, reprenant ainsi à grande échelle les méthodes totalitaires.



Eric Toussaint

docteur en sciences politiques des universités de Liège et de Paris VIII, porte-parole du CADTM international et membre du Conseil scientifique d’ATTAC France.
Il est l’auteur des livres Le Système Dette. Histoire des dettes souveraines et de leur répudiation,Les liens qui libèrent, 2017 ; Bancocratie, ADEN, Bruxelles, 2014 ; Procès d’un homme exemplaire, Éditions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Il est coauteur avec Damien Millet des livres AAA, Audit, Annulation, Autre politique, Le Seuil, Paris, 2012 ; La dette ou la vie, Aden/CADTM, Bruxelles, 2011. Ce dernier livre a reçu le Prix du livre politique octroyé par la Foire du livre politique de Liège.
Il a coordonné les travaux de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce créée le 4 avril 2015 par la présidente du Parlement grec. Cette commission a fonctionné sous les auspices du parlement entre avril et octobre 2015. Suite à sa dissolution annoncée le 12 novembre 2015 par le nouveau président du parlement grec, l’ex-Commission poursuit ses travaux et s’est dotée d’un statut légal d’association sans but lucratif.