Pourquoi un gouvernement de gauche doit-il défier le capitalisme ?

28 janvier 2015 par Paul Murphy


Le gouvernement de gauche est celui qui romprait avec la loi du profit. Il défendrait le choix politique de faire passer les besoins essentiels de la classe des travailleurs avant les profits des grosses fortunes et entamerait une restructuration de la société en suivant des lignes socialistes démocratiques.

Répudier la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
publique

Une mesure-clé serait de répudier la dette. L’an prochain, en Irlande, un euro sur cinq collectés par les impôts ne servira qu’à payer l’intérêt de la dette nationale qui est a explosé en raison du sauvetage des banques et l’éclatement de la crise capitaliste. Un arrêt immédiat du paiement de la dette devrait être imposé. Une commission d’audit sur la dette – composée de représentants des travailleurs et d’économistes de gauche – serait créée pour assurer que la dette contractée envers les banquiers et des institutions telles que le Fonds monétaire international FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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la Banque centrale européenne BCE
Banque centrale européenne
La Banque centrale européenne est une institution européenne basée à Francfort, créée en 1998. Les pays de la zone euro lui ont transféré leurs compétences en matières monétaires et son rôle officiel est d’assurer la stabilité des prix (lutter contre l’inflation) dans la dite zone.
Ses trois organes de décision (le conseil des gouverneurs, le directoire et le conseil général) sont tous composés de gouverneurs de banques centrales des pays membres et/ou de spécialistes « reconnus ». Ses statuts la veulent « indépendante » politiquement mais elle est directement influencée par le monde financier.
soit répudiée, tandis que les retraités et d’autres dont les besoins sont prouvés soient remboursés.

Investir dans l’emploi

Afin d’assurer qu’il y ait suffisamment d’emplois et pour faire face aux problèmes sociaux urgents, un important programme d’investissements publics est nécessaire. Investir 7 millions d’euros dans la construction de logements sociaux publics permettrait par exemple d’ériger 40 000 bâtiments et de créer 70 000 emplois socialement utiles. De similaires initiatives dans l’isolation, les canalisations d’eau, l’énergie renouvelable et d’autres domaines généreraient d’immédiats bénéfices pour la société et l’économie.

Le règne des banques et des institutions financières pourrait être brisé en les nationalisant et en les gérant démocratiquement. Il serait ainsi possible de fournir facilement des crédits aux petites entreprises et aux fermiers tout en abaissant les hypothèques à leur juste valeur, à la valeur des logements.

Défier le règne des 1%

L’effondrement actuel de l’investissement du secteur privé pourrait être combattu par la collectivisation des secteurs-clés de l’économie (énergie…) et des ressources naturelles par la propriété publique sous contrôle et gestion des travailleurs. Un tel changement permettrait de démocratiquement élaborer un plan de relance de l’économie sur des bases saines économiquement et écologiquement.

Ces mesures radicales – qui défient directement le règne des 1 % de la société – ne resteraient pas sans réponse. La classe capitaliste, en Irlande et internationalement, essaierait inévitablement de forcer la chute du gouvernement et d’inverser la vapeur. En dernier recours, un gouvernement de gauche ferait notamment face à des amendes imposées par la Commission européenne, à la menace probable de forcer l’Irlande à sortir de l’euro ou encore à la menace de l’arrêt de tout investissement direct étranger. L’appareil d’État existant, la police et le ‘‘gouvernement permanent’’ constitué des Hauts fonctionnaires, ferait également tout pour saboter l’application de ces changements progressistes.

Une lutte de masse est nécessaire

Tout gouvernement de gauche ne pourrait dès lors pas rester une simple majorité formelle au Parlement, mais devrait œuvrer au développement de mobilisations de la base de la société, avec de larges mouvements de protestations et des grèves générales.

Une telle activité de masse de la classe des travailleurs et des jeunes sur leurs lieux de travail et au niveau de collectivités locales pourrait donner un aperçu de la manière dont une société démocratique devrait être développée. Les assemblées de masse que nous avons vu se développer en Grèce qui se sont développées il y a 2 ans dans le cadre de l’importante lutte contre la Troïka Troïka Troïka : FMI, Commission européenne et Banque centrale européenne qui, ensemble, imposent au travers des prêts des mesures d’austérité aux pays en difficulté. sont une illustration de la manière dont les choses pourraient se produire.

Solidarité internationale

Un gouvernement de gauche devrait également lancer des appels à la classe des travailleurs à travers l’Europe afin de ne pas autoriser l’imposition de sanctions pour avoir rompu avec l’austérité, mais aussi pour aller de l’avant sur le même chemin.

L’arrivée au pouvoir d’un gouvernement de gauche en Irlande serait incontestablement une source d’inspiration pour les luttes partout en Europe. Cela poserait les bases pour constituer une fédération volontaire et socialiste d’États au sein de l’Europe, en étant que part de la lutte pour la construction d’une Europe socialiste.



Paul Murphy est un député irlandais du Socialist Party (section irlandaise du Comité pour une Internationale Ouvrière et parti-frère du PSL)

Source : http://www.socialisme.be/fr/11265/pourquoi-un-gouvernement-de-gauche-doit-il-defier-le-capitalisme