Premier bilan (provisoire et partiel) de l’activité du réseau international CADTM à l’occasion du 7e FSM à Nairobi

29 janvier 2007 par Eric Toussaint


Ce rapport contient essentiellement des informations pratiques dont certaines à caractère techniques. Les appréciations politiques ont été déjà formulées dans les 5 communiqués de presse émis par le CADTM entre le 18 et le 29 janvier 2007.

Commençons par dire que les réunions du réseau international CADTM (pour faire court, dorénavant je dirai « CADTM » tout simplement) ont été les meilleures qu’on ait pu organiser jusqu’ici lors d’un FSM. Juste deux bémols en termes d’absence de certains membres du réseau : pour des raisons financières et de traduction, il n’a pas été possible d’organiser la présence des membres vénézueliens, équatoriens et colombiens du réseau ; par ailleurs, AGAS de Syrie avait décidé de ne pas déléguer de représentants.

 Quelques chiffres sur la délégation du réseau CADTM international

Etaient présents (une quarantaine au total), des délégués d’Afrique : Angola (1 délégué), Bénin (1), RD Congo (3), Congo Brazzaville (3), Côte d’Ivoire (2), Mali (4), Maroc (2), Niger (1), Sénégal (1), Tunisie (1), Haïti (1 à 3) ; d’Asie du Sud : Inde (2) et Pakistan (6) ; d’Europe : Belgique (7 dont un résident depuis 2 ans à Mombasa), France (3), Suisse (1 déjà compté pour Congo Brazzaville). A noter qu’il y avait un nombre quasiment égal d’hommes et des femmes au niveau des participants CADTM. Au niveau de l’âge, 8 délégués avaient moins de 35 ans ; deux avaient plus de 55 ans.

A noter que le CADTM Belgique avait pris en charge un billet d’avion par pays en développement à l’exception du Pakistan dont les délégués ont été pris en charge par leur organisation.

La relativement forte délégation belge était justifiée par la nécessité d’assurer de nombreuses tâches logistiques.

A noter également que la moitié des délégués de Belgique prenaient en charge leurs frais de séjour en tout ou en partie de manière à dégager des fonds pour la participation des délégués du Sud.

A la réunion finale de bilan du réseau réalisée le 25 janvier, se sont ajoutés des délégués du Kenya (3 du People’s Parliament), d’Afrique du Sud (1 de Jubilé Afrique du Sud) et du Japon (2, l’une de Jubilé Japon et l’autre de Attac Japon) et de Catalogne/Argentine (1 de la campagne « Quien debe a quien » Barcelona).

Les membres du réseau ont tenu 7 réunions pendant le FSM : la première, le 19 janvier (de 15 à 19h), la deuxième, le 20 (de 9h à 13h), la troisième, le 21 (de 6H30 à 7h30), la quatrième, le 22 (de 7H30 à 9H), la cinquième, le 23 (de 7 à 8H), la sixième, le 24 (de 7H30 à 8H30) et la septième, le 25 janvier (de 9H30 à 13H). 16 heures au total. Ces réunions permettaient à chacun et chacune de prendre la parole et de participer au bilan collectif des activités qui avaient eu lieu la veille ainsi qu’à la préparation collective des activités prévues le jour même et après.

 Les activités publiques auxquelles les membres du CADTM ont participé en tant que conférenciers/conférencières

Elles ont été au nombre d’au moins 19 dont 7 étaient directement organisées à l’initiative du CADTM. 13 d’entre elles avaient un lien avec la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
 ; au moins 6 autres portaient sur d’autres thèmes tels que les luttes des femmes, la françafrique, la coordination entre mouvements d’Asie du Sud, les alternatives, l’extraction d’uranium au Niger, la souveraineté alimentaire. En tout, nos conférenciers ont parlé devant plus de 4.000 personnes même si la moitié des activités mentionnées n’ont rassemblé en moyenne qu’une cinquantaine de personnes. Parmi ces activités, seulement 3 d’entre elles étaient organisées par le CADTM seul. Encore faut-il préciser qu’on avait pris soin de concevoir pour celles-ci des panels comprenant des organisations extérieures au CADTM. En résumé, en ce qui concerne les conférences publiques, le CADTM a misé systématiquement sur les synergies et les convergences entre les mouvements afin de renforcer l’élaboration et l’action Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
communes.

 Echos médiatiques

Un passage au journal télévisé de la RTBF (radio télévision belge) le samedi 20 janvier (entre 19H30 et 20H)

Un passage à l’émission de France Inter « Là bas si j’y suis » le 21 janvier

Un passage à France Culture le 22 janvier

Un passage à Radio France International le 22 janvier

Trois passages au programme Afrique de la Voix de l’Amérique (Voice of America, radio gouvernementale des Etats-Unis émettant vers l’étranger en plusieurs langues, assez fortement écoutée en Afrique francophone) les 23, 25 et 26 janvier

Une interview pour Radio Alger en direct le 24 janvier

Une interview pour le JT de Telesur le 23 janvier (programme TV diffusé par câble dans toute l’Amérique latine et ailleurs via internet)

Presse écrite et en ligne :

Interview dans Le Soir (Belg.) samedi 20 janvier

Interview dans l’hebdomadaire Politis (Fr.) de mi janvier et de fin janvier

Interview pour le Courrier de Genève

Interview pour l’hebdomadaire français Marianne (mis en ligne le 20 janvier)

Interview pour l’hebdomadaire allemand Soz

Interview pour l’hebdo US Socialist Worker

Bulletins électroniques :

Grain de sable, bulletin électronique d’Attac diffusé en français à 55.000 abonnés, a repris à 2 reprises des articles du CADTM durant le FSM

Le CADTM a publié 5 communiqués de presse avant, pendant et après (18, 21, 23, 25 et 29 janvier) dont le premier et le dernier ont été traduits en espagnol et en anglais.

  Réunions publiques et non publiques de coordination entre campagnes « dette »

Le CADTM a participé à 3 réunions d’élaboration d’une déclaration et d’un calendrier communs de toutes les campagnes « dette » présentes à Nairobi. Ces réunions ont eu lieu les 20, 22 et 23 janvier en soirée. Elles ont réuni outre le CADTM, la coordination Jubilé Sud (qui compte des organisations dans 3 continents), Kendren du Kenya, Eurodad, Jubilee Debt Campaign de Grande Bretagne, Jubilee USA, SPEDCA d’Equateur, Jubilé République tchèque, Jubilé Irlande, ODG de Barcelone, Attac Allemagne, Blue21 Allemagne, la campagne norvégienne, tout cela représente des organisations internationales et nationales présentes dans plus de 80 pays.

Cette déclaration et ce calendrier communs (voir en annexe) ont été ensuite présentés, amendés et adoptés dans une assemblée publique le 24 janvier au matin avec la participation de plus de 300 délégués. A l’issue de cette assemblée, on a recueilli la signature de plus de 50 organisations souscrivant à la déclaration et au calendrier.

Un comité permanent de facilitation et de coordination a été mis en place. Il est composé de Jubilé Sud, CADTM, Eurodad, Jubilee USA.

Tout cela est très encourageant et n’a été possible que grâce à l’action concertée des campagnes qui a connu un progrès énorme à partir du 5e FSM tenu en janvier 2005 à Porto Alegre. Ce progrès a été confirmé par l’assemblée de La Havane de septembre 2005, la rencontre de juin 2006 à Nairobi, l’action commune mondiale de mi-septembre 2006 à l’occasion de l’assemblée annuelle du FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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et de la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 189 membres en 2017) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRÊTS ACCORDÉS PAR LA BM :

1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site :
à Singapour et par le séminaire des mouvements sociaux Sud-Nord de fin septembre 2006 à Bruxelles. La recherche de l’unité dans la diversité est donc récompensée.

 Réunions de coordination des mouvements sociaux

Rappelons qu’à l’issue du séminaire des mouvements sociaux à Bruxelles, avait été mis en place un comité de facilitation composé de l’Alliance Sociale Continentale des Amériques, CADTM (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde), COMPA-Amériques, Focus on the Global South-Asie, Grassroots Global Justice-Etats-Unis, Jubilé Sud, la Marche Mondiale des Femmes et la Via Campesina.

Ce comité a convoqué une réunion interne des mouvements sociaux qui s’est tenue le 20 janvier de 18 à 22H. Alors qu’elle n’avait été convoquée que tardivement, elle a réuni plus de 150 délégués.

Le 21 janvier au soir, les mouvements sociaux se réunirent à nouveau en assemblée restreinte (environ 80 délégués dont de nombreux Africains).

Le 22 janvier, de 12 à 14H, réunion en petit comité des mouvements sociaux suivie d’une nouvelle réunion de 16H à 17H30 pour préparer l’assemblée.

Le 24 janvier a eu lieu une assemblée des mouvements sociaux entre 8H30 et 11H : elle a réuni 250 délégués qui ont préparé ensemble l’assemblée finale de l’après-midi. Celle-ci qui a réuni plus de 2.000 personnes (de loin l’assemblée la plus nombreuse de tout le forum), était présidée par Trevor Ngwame d’Afrique du Sud et Wahu Kaara du Kenya. Depuis la première réunion du samedi 20 jusqu’à l’assemblée générale du 24, la coordination a été très étroite entre la Marche mondiale des femmes, le CADTM, Focus on the Global South et les mouvements sociaux sud-africains et kenyans (principalement le People’s Parliament).

Le CADTM a animé la première réunion du 20, Focus a animé la deuxième. La MMF Money Market Funds
MMF
Les Money Market Funds (MMF) sont des sociétés financières des États-Unis et d’Europe, très peu ou pas du contrôlées ni réglementées car elles n’ont pas de licence bancaire. Ils font partie du shadow banking. En théorie, les MMF mènent une politique prudente mais la réalité est bien différente. L’administration Obama envisage de les réglementer car, en cas de faillite d’un MMF, le risque de devoir utiliser des deniers publics pour les sauver est très élevé. Les MMF suscitent beaucoup d’inquiétude vu les fonds considérables qu’ils gèrent et la chute depuis 2008 de leur marge de profit. En 2012, les MMF états-uniens maniaient 2 700 milliards de dollars de fonds, contre 3 800 milliards en 2008. En tant que fonds d’investissement, les MMF collectent les capitaux des investisseurs (banques, fonds de pension…). Cette épargne est ensuite prêtée à très court terme, souvent au jour le jour, à des banques, des entreprises et des États.
Dans les années 2000, le financement par les MMF est devenu une composante importante du financement à court terme des banques. Parmi les principaux fonds, on trouve Prime Money Market Fund, créé par la principale banque des États-Unis JP.Morgan, qui gérait, en 2012, 115 milliards de dollars. La même année, Wells Fargo, la 4e banque aux États-Unis, gérait un MMF de 24 milliards de dollars. Goldman Sachs, la 5e banque, contrôlait un MMF de 25 milliards de dollars.
Sur le marché des MMF en euros, on trouve de nouveau des sociétés états-uniennes : JP.Morgan (avec 18 milliards d’euros), Black Rock (11,5 milliards), Goldman Sachs (10 milliards) et des européennes avec principalement BNP Paribas (7,4 milliards) et Deutsche Bank (11,3 milliards) toujours pour l’année 2012. Certains MMF opèrent également avec des livres sterling. Bien que Michel Barnier ait annoncé vouloir réglementer le secteur, jusqu’à aujourd’hui rien n’a été mis en place. Encore des déclarations d’intention...
1. L’agence de notation Moody’s a calculé que pendant la période 2007-2009, 62 MMF ont dû être sauvés de la faillite par les banques ou les fonds de pensions qui les avaient créés. Il s’est agi de 36 MMF opérant aux États-Unis et 26 en Europe, pour un coût total de 12,1 milliards de dollars. Entre 1980 et 2007, 146 MMF ont été sauvés par leurs sponsors. En 2010-2011, toujours selon Moody’s, 20 MMF ont été renfloués.
2 Cela montre à quel point ils peuvent mettre en danger la stabilité du système financier privé.
a coordonné la délégation qui s’est rendue auprès des organisateurs le 23 au soir. Les assemblées du 24 matin et après-midi ont été animées par les mouvements sociaux sud-africains et kenyans.

 Autres activités auxquelles ont participé des délégués du CADTM

Le 20 janvier, deux déléguées du CADTM (Maroc et Bénin) se sont rendus à la réunion des ATTAC du monde. Deux autres se sont rendus à la réunion des ATTAC qui ont fait le bilan du FSM le 25 au soir. Une déléguée (Bénin) du CADTM a participé à plusieurs réunions de la Marche mondiale des femmes à partir du samedi 20 janvier. 5 ou 6 délégués du CADTM se sont rendus à l’assemblée de Jubilé Sud le 21 janvier au soir. Une quinzaine de délégués du CADTM se sont rendus au parc Gyvengy où se déroulaient pendant trois jours des activités publiques du People’s Parliament. 6 ou 7 d’entre eux ont également eu un programme de rencontre avec ce mouvement après la fin du FSM (avec notamment une visite commune de la campagne).

Une délégation du CADTM s’est rendue à la réunion du CRID France le 20 janvier au soir (plus de 300 personnes présentes).

 Diffusion des livres et autres publications

Le CADTM a partagé un stand avec Jubilé Sud tout au long du FSM. Nous avons également vendu et diffusé des publications au cours d’une dizaine de conférences consacrées à la dette. Nous vendions les publications en appliquant, au niveau du prix, une discrimination positive en faveur des personnes du Sud qui payaient la moitié du prix appliqué aux délégués du Nord. La brochure « Manuel de l’audit de la dette » était gratuite. Bilan provisoire des ventes : environ 1.500 euros.

Plus de 80 exemplaires de l’édition indienne du livre « Banque mondiale, le Coup d’Etat permanent » ont été vendus durant le FSM. Nous aurions pu en vendre plus si nos amis indiens avaient pu en amener un plus grand nombre.

 Aspects financiers

Le budget d’ensemble prévu pour les activités du CADTM à Nairobi n’a été que légèrement dépassé pour les raisons suivantes : les délégués du Sud ont fait des efforts pour trouver des billets à un prix tout à fait raisonnable (même s’ils représentent en moyenne le double du prix payé pour se rendre de Bruxelles, de Mumbai ou de Paris à Nairobi) ; les quelques billets du Nord étaient à prix plancher (moins de 600 euros) ; l’hôtel réservé en juin 2006 pratiquait des prix de l’ordre de 10 à 15 euros par personne, ce qui correspond au moins au tiers voire au cinquième du prix payé par la plupart des délégations étrangères dans les autres hôtels. On a démontré qu’il y avait moyen d’être logé décemment sans dépenser des sommes faramineuses. Enfin, plusieurs délégués du Nord ont pris en charge tous leurs frais (voyage et séjour).

 Diverses perspectives concrètes après le Forum

1° Junko de Jubilé Japon va traduire en japonais le livre « Banque mondiale, le Coup d’Etat permanent » (c’est déjà elle qui avait traduit le livre « 50 questions/50 réponses »).

2° Le CADTM a proposé à Jubilé Japon de faire partie du réseau international du CADTM. A suivre...

3° Jeanne Semin (France) a comme prévu réalisé énormément de prises de vue des activités du CADTM, du forum en général et des mouvements kenyans tels le People’s Parliament en particulier. Elle reste sur place jusque au 9 février ainsi que Jérôme Ollier. A son retour, elle réalisera un montage vidéo qui sera gravé sur un DVD du CADTM à réaliser pour juin 2007. A noter que Jeanne a déjà réalisé un reportage vidéo sur les activités du CADTM au 6e FSM tenu à Caracas en janvier 2006 (qui sera gravé sur le même DVD).

4° Le CADTM participera activement à l’avenir au comité de coordination des mouvements « dette » avec Jubilé Sud, Jubilé USA et Eurodad.

5° Le CADTM renforce ses liens avec la campagne « dette » au Kenya coordonnée par Kendren qui s’est lancé dans l’audit de la dette du Kenya en vue de sa répudiation. De même avec la campagne qui a commencé en Ethiopie.

6° Le CADTM a réparti plus de 250 exemplaires de la brochure « Audit de la dette » en anglais principalement auprès des organisations suivantes : Kendren et People’s Parliament au Kenya, la campagne « dette » en Ethiopie et en Tanzanie, Jubilee South Africa, VAK en Inde, LPP au Pakistan, la campagne »dette » du Sri Lanka, la coalition Jubilee South, Jubilee USA et Jubilee UK. Des exemplaires en espagnol ont été remis à SPEDCA Ecuador et à Jubilé Sul Brazil. Ces brochures en français ont été remises sur place aux différentes organisations, membres du réseau.

7° Le CADTM a profité de la présence du juriste Charles Abrahams pour renforcer les démarches juridiques concernant la République démocratique du Congo.

8°Ateliers régionaux du réseau CADTM

Au cours de la réunion du réseau international CADTRM, des sous-groupes se sont réunis pour préparer

8.a. l’atelier régional Afrique centrale (RDC, Congo Brazzaville, Angola) qui devrait avoir lieu fin octobre - début novembre 2007.

8.b. l’atelier régional Afrique de l’Ouest qui devrait se dérouler en novembre ou en décembre 2007 en Côte d’Ivoire

8.c. par ailleurs, on a avancé sur la préparation d’un atelier Asie du Sud. Une réunion préparatoire devrait avoir lieu en mars 2007 au Kerala (Inde) avec la participation de VAK Inde, de Farouk T du LPP Pakistan, de Linus du Sri Lanka et du CADTM Belgique. Il est aussi question de développer les collaborations entre l’Asie du Sud et les nouveaux contacts d’Afrique de l’Est (il y a effectivement en commun l’anglais, une histoire commune avant la colonisation britannique qui s’est poursuivie pendant celle-ci). Nairobi n’est qu’à 6 heures d’avion de Mumbai en vol direct. Il est facilement possible d’envoyer des publications CADTM réalisées en anglais en Inde ou au Pakistan vers l’Afrique de l’Est.

8.d. Enfin, Attac CADTM Maroc propose d’organiser un atelier régional CADTM pour le monde arabe à Casablanca en avril 2007. Raid Tunisie et AGAS Syrie doivent encore donner leur accord.

9° Les membres du réseau CADTM en Afrique se concertent pour commencer à réaliser des publications imprimées communes (ce sont des aboutissements de la réunion du réseau d’octobre 2006 à Liège).

10° Bulletins électroniques CADTM : un en français a été diffusé à plus de 10.000 abonnés le 29 janvier au soir avec un dossier complet sur le FSM. On fera de même dans les jours qui suivent en anglais et en espagnol.

11° Revue CADTM « Les Autres Voix de la Planète » : la revue qui paraîtra en mars 2007 comportera un article sur le FSM.

12° A l’occasion du FSM le CADTM a eu des conversations avec Eurodad à propos du renforcement de l’Observatoire international de la Dette. (OID). C’est très prometteur : on en reparlera en Belgique dans les semaines qui viennent.

13° Le CADTM a renforcé les contacts qu’il avait initiés à Madagascar car plusieurs délégués malgaches étaient présents au forum. Il est probable qu’un CADTM naîtra prochainement à Madagascar.

14° Eric Toussaint a été longuement interviewé par une équipe de cinéastes basés en Californie (voir leur site http://www.cinemalibrestudio.com). Ceux-ci réalisent un documentaire (à grand budget) sur l’origine de la pauvreté dans le monde. L’interview d’Eric devrait aboutir à deux produits : primo, un passage de 5 minutes dans le documentaire en question aux côtés de Susan George, John Perkins, le directeur du PNUD PNUD
Programme des Nations unies pour le développement
Créé en 1965 et basé à New York, le PNUD est le principal organe d’assistance technique de l’ONU. Il aide - sans restriction politique - les pays en développement à se doter de services administratifs et techniques de base, forme des cadres, cherche à répondre à certains besoins essentiels des populations, prend l’initiative de programmes de coopération régionale, et coordonne, en principe, les activités sur place de l’ensemble des programmes opérationnels des Nations unies. Le PNUD s’appuie généralement sur un savoir-faire et des techniques occidentales, mais parmi son contingent d’experts, un tiers est originaire du Tiers-Monde. Le PNUD publie annuellement un Rapport sur le développement humain qui classe notamment les pays selon l’Indicateur de développement humain (IDH).
Site :
, un banquier de haut vol, de nombreux témoignages du Sud. Deuzio, une émission TV d’une cinquantaine de minutes à partir du seul exposé d’Eric Toussaint. L’interview portait essentiellement sur la globalisation Globalisation (voir aussi Mondialisation) (extrait de Chesnais, 1997a)

Origine et sens de ce terme anglo-saxon. En anglais, le mot « global » se réfère aussi bien à des phénomènes intéressant la (ou les) société(s) humaine(s) au niveau du globe comme tel (c’est le cas de l’expression global warming désignant l’effet de serre) qu’à des processus dont le propre est d’être « global » uniquement dans la perspective stratégique d’un « agent économique » ou d’un « acteur social » précis. En l’occurrence, le terme « globalisation » est né dans les Business Schools américaines et a revêtu le second sens. Il se réfère aux paramètres pertinents de l’action stratégique du très grand groupe industriel. Il en va de même dans la sphère financière. A la capacité stratégique du grand groupe d’adopter une approche et conduite « globales » portant sur les marchés à demande solvable, ses sources d’approvisionnement, les stratégies des principaux rivaux oligopolistiques, font pièce ici les opérations effectuées par les investisseurs financiers, ainsi que la composition de leurs portefeuilles. C’est en raison du sens que le terme global a pour le grand groupe industriel ou le grand investisseur financier que le terme « mondialisation du capital » plutôt que « mondialisation de l’économie » m’a toujours paru - indépendamment de la filiation théorique française de l’internationalisation dont je reconnais toujours l’héritage - la traduction la plus fidèle du terme anglo-saxon. C’est l’équivalence la plus proche de l’expression « globalisation » dans la seule acceptation tant soit peu scientifique que ce terme peut avoir.
Dans un débat public, le patron d’un des plus grands groupes européens a expliqué en substance que la « globalisation » représentait « la liberté pour son groupe de s’implanter où il le veut, le temps qu’il veut, pour produire ce qu’il veut, en s’approvisionnant et en vendant où il veut, et en ayant à supporter le moins de contraintes possible en matière de droit du travail et de conventions sociales »
capitaliste du 15e au 20e siècle.

 Remarque finale

Comme indiqué au début, il s’agit d’un bilan provisoire que les membres du réseau CADTM sont appelés à compléter. En envoyant tout complément à myriam AT cadtm.org

NB : A signaler encore que pendant le FSM, le CADTM a été capable de réaliser un communiqué de presse et une étude sur la dette du Liban à l’occasion de la conférence des « donateurs » tenue à Paris les 23 et 24 janvier à Paris. La prise de position du CADTM a été répercutée par l’Agence France Presse, les quotidiens Le Monde et Les Echos ainsi qu’un quotidien libanais. Cela démontre que le CADTM est capable tout en étant présent en force à Nairobi de rester réactif à des événements ayant lieu à d’autres points de la planète.



Eric Toussaint

docteur en sciences politiques des universités de Liège et de Paris VIII, porte-parole du CADTM international et membre du Conseil scientifique d’ATTAC France.
Il est l’auteur des livres Le Système Dette. Histoire des dettes souveraines et de leur répudiation,Les liens qui libèrent, 2017 ; Bancocratie, ADEN, Bruxelles, 2014 ; Procès d’un homme exemplaire, Éditions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Il est coauteur avec Damien Millet des livres AAA, Audit, Annulation, Autre politique, Le Seuil, Paris, 2012 ; La dette ou la vie, Aden/CADTM, Bruxelles, 2011. Ce dernier livre a reçu le Prix du livre politique octroyé par la Foire du livre politique de Liège.
Il a coordonné les travaux de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce créée le 4 avril 2015 par la présidente du Parlement grec. Cette commission a fonctionné sous les auspices du parlement entre avril et octobre 2015. Suite à sa dissolution annoncée le 12 novembre 2015 par le nouveau président du parlement grec, l’ex-Commission poursuit ses travaux et s’est dotée d’un statut légal d’association sans but lucratif.