Communiqué

Privatisation de Marsa Maroc : Stoppons l’hémorragie !

Ne laissons pas se reproduire le scénario criminel de la Samir1 dans le secteur portuaire.

30 juin par ATTAC/CADTM Maroc

Port de Tanger - Benson Kua - Flickr cc

Le 20 juin 2016, l’État a décidé de mettre en bourse Bourse La Bourse est l’endroit où sont émises les obligations et les actions. Une obligation est un titre d’emprunt (l’émetteur la vend à l’acheteur qui doit la rembourser à un taux et une échéance déterminés) et une action est un titre de propriété d’une entreprise. Les actions et les obligations peuvent être revendues et rachetées à souhait sur le marché secondaire de la Bourse (le marché primaire est l’endroit où les nouveaux titres sont émis pour la première fois). 40 % des actions Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
de la société Marsa Maroc, entreprise d’exploitation des ports du Maroc. Après la libéralisation du secteur et son ouverture au capital national et international, c’est le dernier épisode de privatisation du secteur portuaire. Dans un premier temps, l’État a disloqué la société d’exploitation des ports du Maroc , puis l’a privatisée et donner la gestion des nouveaux ports à l’Agence Nationale des Ports, en gestion déléguée comme le cas du port de Tanger Méditerranée 1 et 2. Ensuite les offrir aux sociétés multinationales. Avec la privatisation de Marsa Maroc, l’État marocain a décidé de céder au privé ce secteur stratégique et vital pour notre souveraineté.

Cette privatisation est dans la continuité d’un long processus de privatisations des secteurs publics rentables au profit du capitalisme local et international. Des Offices ont bénéficié de lourds investissements publics permettant leur réfection et rénovation avant le retrait de l’État de ces secteurs. Dans le cas de Marsa Maroc, une des premières conséquences de cette politique est la baisse continue des parts de l’entreprise dans le secteur passant de 49 à 46% en 2015.

Marsa Maroc est une société publique rentable, avec une croissance annuelle moyenne de 5% et un résultat net consolidé en évolution de 18% en 2015. Pour ATTAC Maroc, ce retrait de la gestion, du contrôle et de la propriété publique de ce secteur stratégique représente une autre nouvelle catastrophe. Le cas de la Samir en est le triste exemple de cette politique.

Cette entreprise a versé dans les caisses de l’État en 2015, 882 millions de DH, et est sans endettement. Toute sa dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
a été payée grâce au soutien des finances publiques. Au contraire, elle dispose d’un excédent de 1,4 milliards de DH. Cette société est la poule aux œufs d’or pour son actionnaire (l’État) et elle est promise à un avenir prospère, malgré la concurrence et la libéralisation de ce secteur. Faisant fi de tous ces indicateurs favorables, l’État offre cette entreprise en cadeau au capital financier.

Cette introduction en bourse Bourse La Bourse est l’endroit où sont émises les obligations et les actions. Une obligation est un titre d’emprunt (l’émetteur la vend à l’acheteur qui doit la rembourser à un taux et une échéance déterminés) et une action est un titre de propriété d’une entreprise. Les actions et les obligations peuvent être revendues et rachetées à souhait sur le marché secondaire de la Bourse (le marché primaire est l’endroit où les nouveaux titres sont émis pour la première fois). vise à relancer un marché boursier morose depuis 2008. L’État se range une nouvelle fois du côté des acteurs de ce marché spéculatif. Les banques seront les premières bénéficiaires de cette opération. Elles ont accompagné Marsa Maroc dans tout le processus de privatisation (évaluation, intermédiation, placement). Le groupe Attijariwafabank est le premier gagnant de cette opération, à travers ses filiales Attijari Corporate Finance et Attijari Intermédiation.

Sur la base de ces données et partant de notre double conviction : la défense de nos biens publics et la lutte pour une économie au service des citoyens répondant à leurs besoins essentiels, au lieu d’être au service des capitaux étrangers et nationaux, l’Association des ATTAC Maroc annonce ce qui suit :

Le secrétariat national, le 29 juin 2016.


Auteur.e

ATTAC/CADTM Maroc

membre du réseau CADTM en bref : L’Association pour la Taxation des Transactions en Aide aux Citoyens au Maroc (ATTAC Maroc) a été créée en 2000. ATTAC Maroc est membre du réseau international du Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde (CADTM) depuis 2006 (devenu Comité pour l’abolition des dettes illégitimes depuis juin 2016). Nous comptons 11 groupes locaux au Maroc. ATTAC veut être un réseau aidant à l’appropriation par les acteurs engagés dans l’activité sociale, associative, syndicale et plus largement militante des enjeux de la mondialisation sur les problématiques de résistance sociale et citoyenne. www.attacmaroc.org http://arabic.cadtm.org/