Quand G8 rime avec répression

7 juin 2007 par Sylvain Dropsy


A l’heure où des militants du CADTM sont toujours détenus dans les locaux de l’entreprise Siemens à Rostock, prêtés spécialement à la police allemande pour constituer une immense prison, une analyse des évènements récents vécus lors de ce G8 G8 Ce groupe correspond au G7 plus la Fédération de Russie qui, présente officieusement depuis 1995, y siège à part entière depuis juin 2002. révèle à quel point le recours à la force est devenu nécessaire aux puissants de ce monde pour appliquer leurs politiques assassines.


Les mots-clés de ce G8 2007 : intimidation, provocation et répression

Avant même le début du G8 proprement dit, des vagues de répression avaient déjà eu lieu contre des organisations allemandes suspectées de complot terroriste dans le seul but de déstabiliser la contestation. Les 16 000 policiers et militaires déployés en masse pour l’occasion témoignent de la dérive sécuritaire. Des hélicoptères ne cessent de survoler les différents camps des manifestants ; un avion de chasse a même survolé en rase-motte le camp de Reddelich dans la matinée du 5 juin. Nul doute que l’ordre lui avait été donné d’effectuer cette opération. Provocation, intimidation ? En tous cas, cette présence policière oppressante a par exemple mené à de graves escalades comme l’a prouvé l’arrivée de la grande manifestation internationale de samedi, où les échauffourées ont explosé dès l’arrivée des deux cortèges.


Un Guantanamo allemand

L’arsenal répressif est impressionnant et va de pair avec un état de non-droit absolu. L’objectif de la police est d’arrêter en masse les manifestants, avec des mobiles pour la plupart incohérents, et de les empêcher de participer aux activités du contre-G8. Acheminés dans les locaux de l’entreprise Siemens, transformés en prison, les manifestants sont tenus dans le flou le plus total et les procédures administratives sont scandaleusement orchestrées : manque de traduction, non autorisation de manger, de boire, d’aller aux toilettes ou de voir un avocat pour certains détenus... L’arbitraire est la règle et les droits les plus fondamentaux sont largement bafoués. De plus, chaque détenu se voit délivrer en sortant de prison l’ordre de ne plus être présents dans la zone du G8 jusqu’à sa fin.

Plus que jamais, résister

Alors que le G8 a besoin de cet arsenal pour exister, gardons à l’esprit que les actions Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
de blocages collectives ont été brillamment réussies. La solidarité déployée par tous les manifestants sur place, ainsi que celle déployée par les réseaux internationaux sont des armes que l’appareil sécuritaire ne saura jamais briser.