Communiqué de presse

Qui ment : le CADTM ou le Club de Paris ?

3 juin par CADTM

Jeudi 2 juin 2016, le Comité pour l’abolition des dettes illégitimes (CADTM) a diffusé un communiqué intitulé « Le CADTM salue les décisions du Club de Paris Club de Paris Créé en 1956, il s’agit du groupement d’Etats créanciers (20) spécialisés dans la normalisation des défauts de paiement des PED. Depuis sa création, la présidence est traditionnellement assurée par un Français - en 2016, c’est le directeur du Trésor français, Bruno BEZARD, qui en assure la présidence. Les États membres du Club de Paris ont rééchelonné la dette de près de 80 pays en développement. Les membres du Club de Paris détiennent près de 30% du stock de la dette du Tiers Monde.
Les liens entre le Club de Paris et le FMI sont extrêmement étroits ; ils se matérialisent par le statut d’observateur dont jouit le FMI dans les réunions - confidentielles - du Club de Paris. Le FMI joue un rôle clé dans la stratégie de la dette mise en œuvre par le Club de Paris qui s’en remet à son expertise et son jugement macro-économiques pour mettre en pratique l’un des principes essentiels du Club de Paris : la conditionnalité. Réciproquement, l’action du Club de Paris préserve le statut de créancier privilégié du FMI et la conduite de ses stratégies d’ajustement dans les pays en voie de développement.
Site web : http://www.clubdeparis.org
d’annuler la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
grecque et de déposer ses statuts » pour commenter un faux communiqué du Club de Paris annonçant ces deux mesures et pour rendre public un nouveau site d’information : clubdeparis.fr.

En se glissant dans la peau du Club de Paris Club de Paris Créé en 1956, il s’agit du groupement d’Etats créanciers (20) spécialisés dans la normalisation des défauts de paiement des PED. Depuis sa création, la présidence est traditionnellement assurée par un Français - en 2016, c’est le directeur du Trésor français, Bruno BEZARD, qui en assure la présidence. Les États membres du Club de Paris ont rééchelonné la dette de près de 80 pays en développement. Les membres du Club de Paris détiennent près de 30% du stock de la dette du Tiers Monde.
Les liens entre le Club de Paris et le FMI sont extrêmement étroits ; ils se matérialisent par le statut d’observateur dont jouit le FMI dans les réunions - confidentielles - du Club de Paris. Le FMI joue un rôle clé dans la stratégie de la dette mise en œuvre par le Club de Paris qui s’en remet à son expertise et son jugement macro-économiques pour mettre en pratique l’un des principes essentiels du Club de Paris : la conditionnalité. Réciproquement, l’action du Club de Paris préserve le statut de créancier privilégié du FMI et la conduite de ses stratégies d’ajustement dans les pays en voie de développement.
Site web : http://www.clubdeparis.org
et en publiant ce faux communiqué « choc », le CADTM a voulu mettre un coup de projecteur sur ce cartel de créanciers qui sert dans l’ombre depuis soixante ans les intérêts de ses membres, c’est-à-dire les vingt États créanciers les plus riches qui le composent. Inconnu du grand public, le Club de Paris est pourtant un instrument central dans la stratégie des puissants pour dominer les pays du Sud endettés mais aussi la Grèce qui est devenue, avec l’arrivée de la Troïka Troïka Troïka : FMI, Commission européenne et Banque centrale européenne qui, ensemble, imposent au travers des prêts des mesures d’austérité aux pays en difficulté. en 2010, le principal débiteur du Club.

Comme le rappelle l’ancien Expert de l’ONU sur la dette, Cephas Lumina, le Club de Paris est une organisation sans aucune légitimité qui travaille contre l’intérêt des populations. Il est donc vain d’attendre un quelconque geste de sa part en faveur des populations comme l’annulation inconditionnelle de la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
grecque au motif qu’elle est insoutenable ou illégitime pour la population.

Il est d’ailleurs assez révélateur de voir que le Ministère français des finances, qui héberge le Club de Paris aux frais du contribuable, annonce via Twitter que notre site clubdeparis.fr contient des informations erronées juste après que le CADTM a posté ce tweet « Le Club de Paris annule la dette de la Grèce pour permettre au gouvernement grec d’assurer les soins de santé et d’éducation ». Une preuve supplémentaire que ces créanciers n’ont que faire de la catastrophe humanitaire qu’ils ont créée avec l’imposition des trois programmes d’austérité.

Le tweet émanant du Compte officiel des Ministères économiques et financiers de Bercy

Ce tweet de Bercy est également une occasion de rappeler que le Club de Paris diffuse régulièrement des informations mensongères, en annonçant via de « vrais » communiqués de presse que le Club de Paris annule totalement la dette de certains pays, alors qu’il s’agit en réalité d’allègements partiels de dettes, conditionnés à la mise en œuvre de programmes d’austérité conclus avec le FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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et la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 184 membres en 2003) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRETS ACCORDES PAR LA BM :
1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site : http://www.banquemondiale.org
.

Le Club de Paris, organisation juge et partie, est donc irréformable et doit être aboli. Pour le CADTM, les États débiteurs, à qui les créanciers réclament des dettes illégitimes, doivent agir en prenant des mesures d’auto-défense pour protéger les droits sociaux, économiques, culturels, civils et politiques : en suspendant le paiement de la dette, en réalisant un audit intégral (avec participation citoyenne), en répudiant la part illégitime et illégale de cette dette. Selon le droit international, il n’y a aucune obligation absolue de poursuivre le paiement des dettes illégitimes.

Nous espérons que notre communication aura eu au moins le mérite de faire connaître ce cartel, aussi discret que néfaste.


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