Rapport sur l’Amérique latine et la Caraïbe (AlC) pour l’Assemblée mondiale du Réseau CADTM tenue à Dakar du 13 au 15 novembre 2021

21 décembre 2021 par CADTM AYNA


Synthèse réalisée par le CADTM AYNA [1] à partir des réponses reçues au questionnaire ci-dessous, d’Argentine, Brésil, Colombie, Haïti, Uruguay et Venezuela

Résumé

En ce qui concerne la situation politique, économique et sociale en Amérique latine et dans la Caraïbe (ALC), nous pouvons partir du fait que la donnée la plus importante est l’offensive capitaliste. Il y a toutefois des pays qui connaissent, fréquemment, d’importantes mobilisations et même des explosions sociales à grande échelle. Les soulèvements populaires énormes qui ont ébranlé plusieurs pays – Chili, Équateur, Pérou, Haïti, Colombie, entre autres – constituent une bouffée d’air frais et un contexte d’approfondissement de la lutte des classes. Pour autant, la question centrale est comment le peuple va répondre à cette offensive du capital sur le travail, la nature et la société (nous parlons ici de la culture de la consommation, du gaspillage, de l’individualisme…). On peut dire que l’ALC est un territoire disputé.

Dans ce contexte, ce sont la surexploitation, la précarité et l’individualisation de la classe travailleuse qui gagnent du terrain, les plateformes de travail, le recul du pouvoir d’achat du salaire, l’augmentation du chômage, le surtravail reproductif féminisé. Il convient de mentionner aussi les dettes privées, les dettes des foyers : l’un des résultats de la hausse des taux d’intérêt Taux d'intérêt Quand A prête de l’argent à B, B rembourse le montant prêté par A (le capital), mais aussi une somme supplémentaire appelée intérêt, afin que A ait intérêt à effectuer cette opération financière. Le taux d’intérêt plus ou moins élevé sert à déterminer l’importance des intérêts.
Prenons un exemple très simple. Si A emprunte 100 millions de dollars sur 10 ans à un taux d’intérêt fixe de 5 %, il va rembourser la première année un dixième du capital emprunté initialement (10 millions de dollars) et 5 % du capital dû, soit 5 millions de dollars, donc en tout 15 millions de dollars. La seconde année, il rembourse encore un dixième du capital initial, mais les 5 % ne portent plus que sur 90 millions de dollars restants dus, soit 4,5 millions de dollars, donc en tout 14,5 millions de dollars. Et ainsi de suite jusqu’à la dixième année où il rembourse les derniers 10 millions de dollars, et 5 % de ces 10 millions de dollars restants, soit 0,5 millions de dollars, donc en tout 10,5 millions de dollars. Sur 10 ans, le remboursement total s’élèvera à 127,5 millions de dollars. En général, le remboursement du capital ne se fait pas en tranches égales. Les premières années, le remboursement porte surtout sur les intérêts, et la part du capital remboursé croît au fil des ans. Ainsi, en cas d’arrêt des remboursements, le capital restant dû est plus élevé…
Le taux d’intérêt nominal est le taux auquel l’emprunt est contracté. Le taux d’intérêt réel est le taux nominal diminué du taux d’inflation.
est l’augmentation de l’endettement des familles. Il a atteint de très hauts niveaux, ainsi au Brésil, il atteignait 74 % en septembre 2021. Cette augmentation de la dette domestique est due au chômage et à la hausse des taux d’intérêt.

Une première approche politique nous amène à caractériser les pays où dominent des processus de droite, avec un alignement clair sur les États-Unis : Colombie, Chili (jusqu’aux élections du 19 décembre 2021), Équateur, Brésil, Uruguay, Paraguay, Haïti, Honduras, Guatemala.

Haïti mérite une réflexion particulière, elle a connu ces dernières années une très grave crise politique et institutionnelle liée à l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite du PHTK (Parti haïtien Tèt Kale), imposés par Washington, qui a accéléré le processus de gangstérisation du système politique et a anéanti toute possibilité de construction d’une légitimité politique.

Par ailleurs, il y a ces pays où les processus sont complexes, contradictoires, sans qu’il y ait nécessairement un alignement sur la politique étrangère des États-Unis. L’Argentine est un exemple évident de ces processus contradictoires, où le gouvernement a fait quelques concessions sociales et démocratiques, qui le différencie du gouvernement de droite précédent (Mauricio Macri), avec l’adoption de la Loi sur l’interruption de grossesse, d’un impôt – c’est une première- sur les grandes fortunes, tout en appuyant par ailleurs les politiques d’ingérence de l’OEA (Ministère des colonies étasuniennes). Dans ce groupe, on peut examiner le cas du Pérou qui est gravement embourbé, non seulement du fait des pressions permanentes de la droite fujimoriste, mais aussi des retours en arrière et du tournant idéologique du gouvernement lui-même.

On ne peut pas ne pas parler, en ALC, des pays qui subissent de façon permanente des tentatives de déstabilisation, avec une importante ingérence des États-Unis par le biais de ses Agences (USAID, NED…) et de sa présence militaire : la Bolivie, le Venezuela et tout particulièrement Cuba. Cette petite île, soumise à un blocus et à un harcèlement permanents depuis plus de 60 ans, est parvenue à produire 5 vaccins contre la COVID 19 et à envoyer 21 brigades « Henry Reeve » pour aider 20 pays d’Europe, d’Amérique latine, d’Afrique et du Moyen-Orient à contenir la propagation du coronavirus.

Situation socio-économique

La pandémie du coronavirus (Covid-19) a frappé de plein fouet les économies d’Amérique latine et de la Caraïbe, qui vivaient déjà auparavant de sérieux problèmes liés à la crise capitaliste mondiale et à notre mode d’insertion dans le marché mondial, en tant que producteurs de matières premières. La récession Récession Croissance négative de l’activité économique dans un pays ou une branche pendant au moins deux trimestres consécutifs. régionale moyenne a été de – 7%, selon la CEPAL (Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes)

Quelques données relatives à la pandémie

La population d’ALC est de 652.276.325 habitants, ce qui représente 8% de la population mondiale. La situation de la pandémie est grave puisque l’on a enregistré un quart des décès au niveau mondial.

Jusqu’au 31 octobre 2021, la majorité des cas mortels de Covid-19, enregistrés en Amérique latine et dans la Caraïbe, se sont déclarés au Brésil. Avec un total de 607.824 morts du coronavirus, c’est le pays le plus affecté de la région. Le Mexique a enregistré 288.365 morts, le Pérou 200.246, la Colombie 127.281, l’Argentine 115.950, le Chili 37.757, l’Équateur 32.958, la Bolivie 18.924 … et Cuba 8.236 sur ses 11.330.000 habitants.

Le paradoxe, par rapport à la pandémie et à la situation économique, est que le nombre de milliardaires a augmenté de 41% dans la région et qu’il y a eu un recul de 10 ans en ce qui concerne la pauvreté. C’est-à-dire que les revenus (provenant en grande majorité du salaire) ne couvrent pas les besoins de base. Sur 34 habitants, 13 sont dans une pauvreté extrême, et n’arrivent pas à couvrir leurs besoins de base, pas même leurs besoins alimentaires.

Les inégalités s’aggravent. Les pays qui comptent le plus de milliardaires sont le Brésil (66), le Chili (9), la Colombie (5), l’Argentine (5).

Les taux d’inflation Inflation Hausse cumulative de l’ensemble des prix (par exemple, une hausse du prix du pétrole, entraînant à terme un réajustement des salaires à la hausse, puis la hausse d’autres prix, etc.). L’inflation implique une perte de valeur de l’argent puisqu’au fil du temps, il faut un montant supérieur pour se procurer une marchandise donnée. Les politiques néolibérales cherchent en priorité à combattre l’inflation pour cette raison. sont élevés, les prix des denrées alimentaires et de l’énergie son très élevés, ce qui affecte fortement la population la plus pauvre et alimente les profits du secteur exportateur de matières premières. Il ne s’agit pas d’une inflation liée à la demande mais aux profits des grands monopoles agro-alimentaires et de production d’hydrocarbures.

Va-t-on vers une crise de la dette publique ?

Nous pensons pouvoir affirmer que l’ALC ne va pas vers une crise de la dette, celle-ci est permanente. Il suffit d’analyser les mécanismes d’extraction permanente de nos biens communs (extractivisme Extractivisme Modèle de développement basé sur l’exploitation des ressources naturelles, humaines et financières, guidé par la croyance en une nécessaire croissance économique. ), les régressions en matière de droits et de salaire digne, le système mortifère insatiable et vorace qu’est le capitalisme, qui utilise le système de la dette comme principal mécanisme de transfert de plus-value Plus-value La plus-value est la différence entre la valeur nouvellement produite par la force de travail et la valeur propre de cette force de travail, c’est-à-dire la différence entre la valeur nouvellement produite par le travailleur ou la travailleuse et les coûts de reproduction de la force de travail.
La plus-value, c’est-à-dire la somme totale des revenus de la classe possédante (profits + intérêts + rente foncière) est donc une déduction (un résidu) du produit social, une fois assurée la reproduction de la force de travail, une fois couverts ses frais d’entretien. Elle n’est donc rien d’autre que la forme monétaire du surproduit social, qui constitue la part des classes possédantes dans la répartition du produit social de toute société de classe : les revenus des maîtres d’esclaves dans une société esclavagiste ; la rente foncière féodale dans une société féodale ; le tribut dans le mode de production tributaire, etc.

Le salarié et la salariée, le prolétaire et la prolétaire, ne vendent pas « du travail », mais leur force de travail, leur capacité de production. C’est cette force de travail que la société bourgeoise transforme en marchandise. Elle a donc sa valeur propre, donnée objective comme la valeur de toute autre marchandise : ses propres coûts de production, ses propres frais de reproduction. Comme toute marchandise, elle a une utilité (valeur d’usage) pour son acheteur, utilité qui est la pré-condition de sa vente, mais qui ne détermine point le prix (la valeur) de la marchandise vendue.

Or l’utilité, la valeur d’usage, de la force de travail pour son acheteur, le capitaliste, c’est justement celle de produire de la valeur, puisque, par définition, tout travail en société marchande ajoute de la valeur à la valeur des machines et des matières premières auxquelles il s’applique. Tout salarié produit donc de la « valeur ajoutée ». Mais comme le capitaliste paye un salaire à l’ouvrier et à l’ouvrière - le salaire qui représente le coût de reproduction de la force de travail -, il n’achètera cette force de travail que si « la valeur ajoutée » par l’ouvrier ou l’ouvrière dépasse la valeur de la force de travail elle-même. Cette fraction de la valeur nouvellement produite par le salarié, Marx l’appelle plus-value.

La découverte de la plus-value comme catégorie fondamentale de la société bourgeoise et de son mode de production, ainsi que l’explication de sa nature (résultat du surtravail, du travail non compensé, non rémunéré, fourni par le salarié) et de ses origines (obligation économique pour le ou la prolétaire de vendre sa force de travail comme marchandise au capitaliste) représente l’apport principal de Marx à la science économique et aux sciences sociales en général. Mais elle constitue elle-même l’application de la théorie perfectionnée de la valeur-travail d’Adam Smith et de David Ricardo au cas spécifique d’une marchandise particulière, la force de travail (Mandel, 1986, p. 14).
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L’ALC a toujours été hypothéquée par la dette publique, c’est un déterminant structurel (comme le libre-échange).

Les pays développés comme les États-Unis, le Japon et les pays du centre sont encore plus endettés. Mais le problème c’est que nous ne produisons pas des dollars, ou autres devises, c’est notre situation de dépendance, notre mode d’insertion dans le marché mondial comme producteurs de matières premières pour en obtenir [des devises.

L’Argentine en fournit un exemple éclairant avec une dette publique d’environ 323 milliards de dollars (près de 266 milliards d’euros) qui est de toute évidence impayable et qui aggrave sa dépendance à la domination mondiale.

Aujourd’hui le gouvernement renégocie avec le FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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le prêt colossal qu’a contracté Macri en 2018 de 56,3 milliards de dollars, le plus important de l’histoire de l’organisme de crédit international (65 % de son portefeuille). Toutefois, l’administration Macri n’en a reçu que 44,3 milliards qui n’ont été utilisés ni pour des investissements ni pour « stabiliser l’économie ». Cela n’a été qu’une manœuvre spéculative prouvée, sur des capitaux. L’actuel gouvernement a porté plainte contre les responsables locaux devant le Pouvoir judiciaire. Mais, par ailleurs, il négocie les termes et les conditions de paiement, sans en remettre en cause la légitimité. Il ne rend pas non plus publique l’entièreté de l’investigation de la Banque centre qui mettrait en évidence qui a profité de cette escroquerie.

Cette dette n’est pas seulement illégitime, illégale et odieuse, elle ne peut pas être payée, elle est insoutenable, même si l’on payait sur 10, 20 ans ou plus. Il faut démystifier bien des mythes. Que se passe-t-il en cas de défaut ? Rien. Nous avons été déjà plusieurs fois dans cette situation, on se souvient de 2001/2002. Il est lamentable qu’on n’ait pas profité de cette excellente opportunité (quand on a renégocié avec les créanciers privés) pour les arguments juridiques internationaux comme : l’état de nécessité, le changement radical de situation, la force majeure, mais aussi la suspension des paiements et l’audit de la dette avec participation citoyenne, revendication portée par la plateforme auto-convoquée composée de plus de 400 organisations et mouvements sociaux dont Attac CADTM fait partie.

https://www.cadtm.org/Plaza-de-Mayo-contundente-veredicto-popular-contra-el-FMI

2- Quelles sont les principales luttes en cours en ALC ?

Il n’y a pas une seule lutte, elles sont multiples et doivent être coordonnées entre elles : luttes environnementales, luttes contre le modèle de l’agrobusiness, luttes féministes qui ont acquis elles aussi une grande importance dans nos pays, pour les droits LGBTI+, contre le patriarcat, contre les mécanismes actuels du néocolonialisme, pour la santé et l’éducation qui sont tous les deux des « droits humains », pour les souverainetés, alimentaire, énergétique, etc. Au sein de la plateforme DESCAM en Uruguay, PAPDA en Haïti, d’Attac CADTM en Argentine, nous ne sommes pas nombreux mais nous essayons de nous coordonner sur le plan local et régional, sur des positionnements anti-impérialistes et anticapitalistes, internationalistes solidaires, dans le respect des mouvements, des dynamiques et des processus des autres peuples en lutte pour l’émancipation et dans une perspective socialiste.

Il existe au Brésil une plateforme excellente qui a plus de 20 ans : la Auditoria Cidadã da Dívida https://auditoriacidada.org.br/ (l’Audit citoyen de la dette) qui poursuit la lutte pour un audit de la dette publique, contre les schémas d’endettement illégitime comme la « Sécurisation des crédits publics », la rémunération quotidienne des banques par la Banque centrale Banque centrale La banque centrale d’un pays gère la politique monétaire et détient le monopole de l’émission de la monnaie nationale. C’est auprès d’elle que les banques commerciales sont contraintes de s’approvisionner en monnaie, selon un prix d’approvisionnement déterminé par les taux directeurs de la banque centrale. , contre la « Réforme administrative » qui peut en finir avec l’obligation de l’État en matière de garantie des droits sociaux, parmi tant d’autres mesures qui accroissent le privilège du secteur financier. https://auditoriacidada.org.br/

3- Y a-t-il eu une victoire ou une défaite importante ?

Il y a des processus en cours dans Notre Amérique qui montrent ce qu’apporte la lutte populaire. Ainsi au Chili, elle a obtenu rien de moins qu’une Convention constituante, dont la présidente est l’universitaire indigène Elisa Loncón. Il y a eu aussi le 19 décembre, l’élection du jeune président Boric qui était soutenu par la gauche face au candidat Kats, d’extrême droite. Une autre victoire électorale importante de la gauche a eu lieu au Honduras.

En Uruguay, il faut mentionner le référendum qui aura lieu en décembre pour abroger la Loi 19.899 (Loi de considération urgente), au contenu néolibéral. La collecte de signatures, exigée par la Constitution pour y parvenir, est un travail social et politique fondamental.

Concernant les défaites, en Uruguay et dans d’autres pays, nous menons une réflexion politique de fond sur la conciliation de classe des gouvernements sociaux-démocrates et les dirigeants des secteurs syndicaux majoritaires qui n’ont pas osé faire un pas en avant et ont cessé de parler et de penser en termes de socialisme et de lutte de classes. Il est possible que des secteurs politiques et syndicaux s’autodéfinissent comme progressistes ou démocrates, mais pas comme anticapitalistes et anti-impérialistes.

Autre exemple, le Brésil, qui ces dernières années, sous le gouvernement Bolsonaro, se voit infliger : l’introduction d’un plafond de dépenses sociales pour les 20 prochaines années, ; des réformes des retraites et du travail ; l’ « autonomie » de la Banque centrale ; l’ajout d’un ajustement fiscal dans la Constitution fédérale (EC 109) ; ainsi que d’autres mesures qui ont été approuvées par le Congrès national, en profitant de son fonctionnement en virtuel et de la difficulté des mobilisations sociales. Malgré tout, la Auditoria Cidadã da Dívida (l’Audit citoyen de la dette) est parvenue à éviter, au moins jusqu’à présent, la légalisation complète du schéma de « Sécurisation du crédit public ».

De façon générale, notre grande victoire a été la diffusion, la sensibilisation et la coordination du mouvement populaire autour de ces thématiques, grâce surtout au travail au sein des réseaux sociaux.


4- Y a-t-il des luttes contre la dette illégitime, publique et/ou privée ?

Elles existent mais elles ne sont pas suffisantes. La question n’est pas installée au sein de la majorité de la population (travailleurs, enseignants, chômeurs, jeunes, retraités). Nous observons actuellement qu’avec la crise, la sensibilité à ce thème est plus importante. En Argentine, la lutte contre le FMI est installée, à partir de la lutte et de la constitution de l’Autoconvocation.

Au Brésil, oui. Dans le continent, l’Audit citoyen de la dette du Brésil est l’un des principaux référents de la lutte contre la dette illégitime, y compris la dette extérieur « privée » dont les agents dépendent toujours de l’aide du gouvernement. Il y a des centaines d’organismes qui sont avec nous dans cette lutte, mais il y a aussi des secteurs puissants (capital financier, grands journaux) qui continuent à dire qu’il est bien de payer la dette sans en faire un audit.


5- Quelles sont les principales initiatives menées par les différentes organisations membres du réseau CADTM ?

Ces dernières années, nous avons essayé de concentrer nos énergies (étant donné que nous ne disposons pas de ressources financières) sur l’éducation publique (universités et centres de formation d’enseignants). Notre but est de faire en sorte que la thématique parvienne jusqu’aux foyers, aux familles, aux écoles, lycées et universités, pour atteindre par la suite un public plus large : organisations et mouvements sociaux et populaires. Nous avons essayé de maintenir la mobilisation, même en temps de pandémie. On a également travaillé à l’organisation de conférences et de débats virtuels, à la diffusion d’études et de documents, à faire pression sur les parlementaires, entre autres différentes activités. https://autoconvocatoriadeuda.blogspot.com/2020/

« Somos acreedores » - compendio gráfico del Juicio Popular a la Deuda y al FMI

https://autoconvocatoriadeuda.blogspot.com/2020/12/gran-jornada-nacional-de-proclamacion.html


6- Existe-t-il des initiatives à l’échelle du continent ou impliquant plusieurs organisations de la même région ?

Plusieurs outils ont permis de réaliser des alliances avec d’autres organisations, par le biais de séminaires et/ou congrès.


Traduit par Lucile Daumas




Notes

[1Le CADTM AYNA signifie CADTM Abya Yala Nuestra America (AYNA). Abya Yala est le nom donné par les Indiens Kunas du Panama et de la Colombie au continent américain avant l’arrivée de Christophe Colomb et des européens. L’expression « Abya Yala » signifie « terre dans sa pleine maturité » dans la langue des Kunas. Le leader indigène aymara de Bolivie Takir Mamani a proposé que tous les peuples indigènes des Amériques nomment ainsi leurs terres d’origine, et utilisent cette dénomination dans leurs documents et leurs déclarations orales, arguant que « placer des noms étrangers sur nos villes, nos cités et nos continents équivaut à assujettir notre identité à la volonté de nos envahisseurs et de leurs héritiers. ». Abya Yala est choisie en 1992 par les nations indigènes d’Amérique pour désigner l’Amérique au lieu de le nommer d’après Amerigo Vespucci.

CADTM AYNA

Abya Yala Nuestra América
Abya Yala est le nom donné par les Indiens Kunas du Panama et de la Colombie au continent américain avant l’arrivée de Christophe Colomb et des européens. L’expression « Abya Yala » signifie « terre dans sa pleine maturité » dans la langue des Kunas. Le leader indigène aymara de Bolivie Takir Mamani a proposé que tous les peuples indigènes des Amériques nomment ainsi leurs terres d’origine, et utilisent cette dénomination dans leurs documents et leurs déclarations orales, arguant que « placer des noms étrangers sur nos villes, nos cités et nos continents équivaut à assujettir notre identité à la volonté de nos envahisseurs et de leurs héritiers. ». Abya Yala est choisie en 1992 par les nations indigènes d’Amérique pour désigner l’Amérique au lieu de le nommer d’après Amerigo Vespucci.

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