Rassemblement anti raciste réprimé par la police à la Bourse

Bruxelles, Belgique

5 avril par CADTM Belgique

Krasnyi

Le CADTM reproduit ici le communiqué de presse publié par les organisateurs du rassemblement antifasciste de samedi dernier place de la Bourse Bourse La Bourse est l’endroit où sont émises les obligations et les actions. Une obligation est un titre d’emprunt (l’émetteur la vend à l’acheteur qui doit la rembourser à un taux et une échéance déterminés) et une action est un titre de propriété d’une entreprise. Les actions et les obligations peuvent être revendues et rachetées à souhait sur le marché secondaire de la Bourse (le marché primaire est l’endroit où les nouveaux titres sont émis pour la première fois). où - au final - ce sont plus de 100 personnes qui ont été arrêtées.

Il est important de souligner que ces personnes n’ont pas été arrêtées parce qu’elles désobéissaient aux arrêtés d’interdiction de rassemblement (elles n’ont pas eu le temps de se rassembler) mais pour leurs positions politiques supposées. En effet, le seul rassemblement de personnes qui a eu lieu est le - très très - court moment où une quinzaine de personnes (dont 6 militant.e.s du CADTM Belgique) ont hué cette scène d’arrestations arbitraires et lancé des slogans sur les marches.

35 personnes qui ont tenté de rejoindre la Bourse à partir de Molenbeek ont également été arrêtées plus tard.

Les fascistes ont tenu 3 rassemblements différents sur la journée. Seul.e.s 7 ont été arrêté.e.s.

Cette après midi, une quinzaine d’organisations et des centaines de citoyen.ne. s avaient répondu à l’appel des jeunesses libertaires, des JOC et de « Bruxelles est à nous » à se rassembler contre l’islamophobie et pour dénoncer non seulement la présence prévue de l’extrême droite dans les rues ce samedi, mais aussi la coopération des autorités avec celle-ci dimanche passé.

L’objectif était aussi de construire de la solidarité avec les musulmans.e.s et les habitant.e.s des quartiers populaires qui sont doublement victimes des attentats. Alors que le rassemblement était annoncé comme calme dans l’optique d’offrir la parole aux victimes d’agressions racistes, la place de la bourse était couverte de policiers, certains à cheval, casqués et matraque à l’affut.

Un contexte ultra sécuritaire qui contraste lui aussi très fort avec la tolérance dont avaient fait preuve les forces de l’ordre envers le 450 hooligans violents de dimanche dernier.

Une témoin raconte :

« Alors que les gens arrivaient calmement sur la place de la bourse, la police les a immédiatement pris à partie et ce bien avant l’heure du rassemblement. Toute personne identifiée comme militante, ou perçue comme telle, était immédiatement arrêtée. La police faisait clairement des arrestations au faciès. Alexis Deswaef, président de la ligue des droits de l’homme a été arrêté parmi les premiers, rapidement suivi par les jeunes militant.e.s. Mais ce sont aussi de nombreuses personnes au hasard qui ont été arrêtées : l’intégralité de la terrasse d’un café réputé “de gauche”, des photographes, une mineure… »

À l’heure où on écrit, on confirme au moins 60 arrestations. L’attitude agressive des forces de l’ordre contraste fortement avec le laissez-faire, voire la bonne entente avec laquelle la police a accueilli l’extrême droite la semaine dernière. Certains skinheads assistaient d’ailleurs tranquillement à la scène et circulaient sans être inquiétés. Il apparait en tous les cas que les autorités et la police continuent à faire le jeu de ceux qui voudraient nous enfermer dans la peur et en profiter pour justifier des politiques sécuritaires dans un contexte de plus en plus ouvertement islamophobe.

La volonté de prendre la rue, de défendre la solidarité et l’égalité pour tou.te.s, de garder en vie l’esprit critique et le débat ainsi que les libertés fondamentales, sont pourtant au cœur de ce qui nous permettra de construire une société juste et égalitaire en échappant au cycle de la brutalité en cours. Une manifestation antiraciste dans le contexte actuel était et reste nécessaire et fondamentale.

Le message adressé par la région et sa police est celui de la violence et de la peur. Au bout du compte, ils ont fait le jeu de l’extrême droite. Dans ce cadre, le deux poids deux mesures dans l’attitude des forces de l’ordre est tout simplement inadmissible.

Un communiqué des
Jeunesse Libertaires — JOC Bruxelles – USE – Jeunes FGTB


Auteur.e

Autres articles en français de CADTM Belgique (70)

0 | 10 | 20 | 30 | 40 | 50 | 60