Réflexions critiques à propos du FSM de Nairobi 2007

17 mai 2007 par Onyango Oloo


Par Onyango Oloo, Coordinateur national du Forum Social du Kenya

Extrait du rapport envoyé le 28 mars 2007 à la liste de discussion « social movements »

Ce rapport reflète la débâcle du FSM de Nairobi 2007 en soulignant certains points cruciaux. Il décrit la genèse de certains problèmes, des leurs conséquences durant lors du forum et enfin esquisse des pistes à suivre.


I : Digérer le déluge de la critique locale et globale.

C’est seulement aujourd’hui, samedi 17 mars 2007, PRATIQUEMENT 2 MOIS APRES ce FSM bâclé de Nairobi que j’ai décidé de me poser et de rédiger ce rapport.

Il y a plusieurs raisons à cela qui s‘éclairciront pour le lecteur au fil du texte.

Le fait que j’aie décidé de revenir en arrière et d’écouter les commentaires, critiques, questions et évaluation à propos du FSM 2007 même celles provenant des camarades, amis, de l’intérieur, de l’extérieur, des participants du FSM et des émissions, articles consacrés des médias kenyans et internationaux constitue une première raison. J’ai deux dossiers remplis de documents avec des commentaires collectés sur différentes pages Internet, dont des blogs internationaux, ainsi que des articles de journaux découpés dans la presse Kenyane. Cela sans tenir compte des e-mails privés, des sms reçus sur mon téléphone, des discussions informelles ni des interpellations de la rue, de café et de lieux privés de Nairobi ou d’autres formes de retours.

En résumé, l’image globale qui émerge de ces critiques, est que le FSM de Nairobi 2007 a carrément donné naissance à des dérangements et des dérives négatives comme la commercialisation, la militarisation et la prise de décision autoritaire et antidémocratique dans le processus du FSM. Le secrétariat et le comité d’organisation dont j’étais un membre clé en portent grandement la responsabilité.

II : Lenteur de la prise de responsabilités et du rapport final

Une autre raison pour laquelle j’ai attendu pour rendre ce rapport public, en dépit de beaucoup de requêtes d’organisations diverses me demandant mon point de vue était ma volonté de respecter notre propre processus interne d’évaluation ici au secrétariat du FSM 2007 à Nairobi. Processus qui s’est déroulé à une vitesse incroyablement lente.

La plupart des membres du secrétariat ont été maintenus dans les limbes et le noir pendant plus de trois semaines alors que nous attendions certains de nos « poids lourds » pour convenir d’une réunion d’équipe où il serait discuté des modalités de ce rapport post mortem et des pistes futures.

En tant que coordinateur national du Forum Social du Kenya, je considérais comme acquis que se serait mon travail d’élaborer le rapport 2007 du FSM. Je supposais aussi qu’il n’y aurait pas de rapport final avant un processus de reporting public au Forum Social de Kenya et plus largement au sein du comité organisationnel du FSM 2007 qui comprend aussi des représentants de l’Ouganda, de la Tanzanie, de la Somalie et de l’Ethiopie.

Au lieu de cela, quelqu’un d’autre du secrétariat a pris sur lui d’écrire à différentes personnes au sujet de la façon dont ils écriraient ce rapport et quels domaines ils prendraient en charge. Une petite place m’a été laissée pour que je contribue à ce rapport en m’assignant à la couverture de la mobilisation sociale bien que cela incombe aux responsables de la commission mobilisation sociale.

J’ai appris depuis, de manière informelle, qu’une équipe va bientôt partir en retraite quelque part pour compiler un « rapport composé ».

III : Démythifier « l’organisation monolithiques »

Il est assez injurieux pour certains membres du secrétariat FSM 2007 et du comité d’organisation, comme moi, d’être fréquemment confronté aux accusations et condamnations qui dénoncent TOUS les « organisateurs » comme si nous avions TOUS participé à certaines des décisions controversées qui ont émaillé le FSM 2007 et crée tant de polémiques.

Il faut signaler que certaines des décisions douteuses ont été prises par 2 ou 3 personnes au plus, souvent dans le déni total et l’indifférence absolue de ce que pensaient, dénonçaient et proposaient de nombreux autres membres siégeant au sein du Comité d’Organisations et du Secrétariat.

Pour rappel, des personnes comme Onyango Oloo et d’autres au sein du secrétariat et dans le cadre plus large du comité d’organisation étaient opposés depuis le premier jour au coût élevé d’entrée ; nous avons dénoncé l’entrée d’entreprises comme Safaricom (oui c’est vrai, ils ont été les premiers à être approché) et de Celtel dans le processus du FSM ; nous avons fait pression pour l’intégration des Kenyans marginalisés et d’autres groupes au coeur de la planification du FSM de Nairobi ; nous avons payé de nos propres poches le déplacement de villageois et de pêcheurs en plus de subventionner nos camarades des bidonvilles en vue de les faire siéger et participer à Kasarani et à d’autres discussions informelles à Nairobi. Nous menions aussi campagne pour la libération de personnes pauvres et de marchands qui furent incarcérés au principal poste de police près de l’entrée principale du FSM au complexe sportif de Kasarani. Nous nous sommes joints à la dénonciation de l’attribution d’une concession pour l’hôtel Michuki avant même qu’elle ne soit entérinée ; nous avons constaté de nos propres yeux à quel point les volontaires du FSM étaient affamés, sous payés et maltraités (incluant des violences et des suspicions d’harcèlement sexuel) et à nouveau nous avons distribué nos fonds personnels pour qu’ils puissent au moins payer le prix du matatu (camionette de transport) et de quoi manger alors que les responsables les avaient simplement abandonné ; nous avons obtenu des rapports de 1re main sur la façon dont nos collègues haut placés ont très mal accueilli les artistes d’Afrique du Sud (Yvonne Chaka Chaka), du Zimbabwe (Olivier Mtukudzi) et même des jeunes talents locaux (Tony Nyadundo, Eric Wainaina, Suzzana Owiyo et une douzaine d’artistes progressistes de classes ouvrières et des bidonvilles). Au point que le fondateur du programme culturel a été forcé de payer les logements pour les artistes visiteurs, perdant pratiquement la solvabilité de son compte en banque, alors que sa propre organisation avait déjà avancé les fonds au secrétariat dans ce but précis. Nous avons constaté le manque de transparence et même franchement des vols et des fraudes de la part de personnes directement embauchées pour travailler à Kasarani pour la mise en place du FSM.

V : The Participation of Kenyan Social Movements in WSF 2007

Cependant pour rétablir une certaine équité envers le Secrétariat basé à Nairobi, il faut souligner que le Conseil International d’organisation plus large que le FSM a poussé pour que les droits d’entrée soit plus ELEVES et a même recommandé à un moment que les participants, d’autres pays d’Afrique en dehors des pays d’Afrique de l’Est, payent 10 FOIS le prix des locaux. Le secrétariat du FSM 2007 a simplement donné une fin de non recevoir à cette demande.

Dans les dernières préparations à la formation du comité d’organisation du FSM 2007, certains d’entre nous ont fait des tentatives très concertées en vue de attirer des petites organisations locales et radicales comme Bunge la Mwananchi (People’s Parliament) Hema la Katiba, Huruma Social Forum, Haki Jamii, Kenya Socialist Workers Movement et bien d’autres directement à l’intérieur du Comité d’organisation lui-même, souvent malgré l’opposition de la part de certains de nos collègues qui se sentaient plus à l’aise à avec les ONG plus traditionnelles. Il est crucial de le souligner car contrairement à des assertions à posteriori, les People’s Parliament et une ou deux autres organisations étaient partie prenante au comité d’organisation contre lequel ils ont déployé des piquets de grève.

VI : The Opaque Tendering and Recruitment Process

VII : Celtel & The Corporate Branding of WSF 2007

Le principe d’obliger les participants du FSM à s’inscrire à Kasarani par le biais de temps de communication téléphonique acheté à Celtel avait les relents de placement publicitaire et contraignait les personnes à changer d’opérateurs pour Celtel même si ils étaient déja clients d’une autre compagnie.

VIII : A Word About Home Stays and Solidarity Accommodation


IX : Désastre logistique et les cauchemardes de la programmation

Maintenant nous savons que la traduction a échouée ; que le centre média était disfonctionnel ; que trop peu de kenyans ont participé au Forum ; qu’il n’y a pas eu assez de programmes ; que les volontaires ont dû faire face à beaucoup de défis ; que des délégués ont été volés, certains sous la menace d’un pistolet ; qu’ entre les organisateurs et beaucoup de délégués la communication a échoué ; qu’il y avait difficilement quelqu’un au camp des jeunes ; qu’il y avait des coupures de courant et des panneaux de signalisation ont été mélangés ; que beaucoup de conflits se cachaient dans les coulisses ; que des personnes puissantes au Kenya ont détourné une partie du processus ; que la présence militaire et policière étaient lourdes ; l’eau et la nourriture se vendaient à des prix exorbitants ; que des politiciens progressistes convoitaient des sièges au détriment des ONG ; qu’il y avait du merchandising touristique au FSM, et bien plus encore.

X : Dealing With Constructive Criticism and Resolving Conflicts

XI : The Roles of SODNET, Kenya Social Forum & WSF 2007 Organizing Committee


XII : Le chemin à suivre

Ici quelques idées sur ce qu’il doit être fait maintenant.

(a) Convenir d’une session de rapport public pour le Forum Social du Kenya et accepter les questions et demande de réponse de la part du public et des organisations membres,

(b) Appeler à une session extraordinaire des représentants du comité d’organisation du FSM 2007, de Tanzanie, Ouganda, Ethiopie et Somalie comme membres en présence et le conseil des membres du AFS et des délégués de l’IC venant au titre d’observateurs du FSM 2007,

(c) Organiser une fête pour les volontaires du FSM de Nairobi après avoir payé leur du,

(d) Conduire un audit externe minutieux des finances avancer pour supporter le processus du FSM 2007. Ceci nous aiderait parmi d’autre chose pour expliquer comment nous avons acquis un déficit de 20 Millions de Shillings et peut être acquitter ces membres du secrétariat du FSM 2007 qui ont pu être injustement accusé de voler les finances publiques,

(e) Organiser des activités post forum du Kenya et en Afrique centrale,

(f) Envoyer un rapport à l’IC du FSM sur les recommandations pour les réalisations futures.,

(g) Restructurer et revitaliser les Forums Sociaux Kenyans et les membres constituant,

Je vais m’arrêter ici pour l’instant

Sincèremment,

Onyango Oloo
National Coordinator
Kenya Social Forum
Nairobi, Kenya
March 19, 2007