23 décembre > 24 décembre

Tunis, Tunisie

Rencontre des associations militantes contre le système de la dette dans la région arabe

La domination impérialiste contre la volonté des peuples de la région arabe dure depuis plusieurs décennies en dépit des luttes sociales et des résistances populaires qu’a connues la région tout au long de ces années. Cette domination se poursuit, malgré les soulèvements révolutionnaires de masse d’ampleur inégalée en 2011, puisque tout au long de ces six dernières années : l’impérialisme est intervenu pour renforcer ses positions dans la région arabe en soumettant de nombreux gouvernements à sa volonté, en imposant l’accélération des programmes de restructuration capitaliste et la restauration des programmes libéraux, en approfondissant la dépendance des économies de ces pays au marché mondial et aux capitaux étrangers, aggravant ainsi le poids de la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
, les mesures d’austérité, la paupérisation et l’appauvrissement des peuples.

Ces dernières années les accords de restructuration avec les institutions financières internationales se sont multipliés, et le rôle du Fonds monétaire international FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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et de la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 184 membres en 2003) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRETS ACCORDES PAR LA BM :
1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site : http://www.banquemondiale.org
est devenu de plus en plus direct dans la détermination des politiques économiques et sociales qui accélèrent le rythme de pillage des richesses, accentuent l’exploitation de la main-d’œuvre, aggravent la crise humanitaire, détruisent l’environnement, violent la souveraineté des peuples et hypothèquent leur avenir. Les puissances impérialistes sont également en train de mener des guerres de domination, de désintégration des États, d’élargir le cercle du terrorisme, d’approfondir la crise des réfugiés et la criminalisation des résistances populaires.

Le Maroc qui a bénéficié, auprès des institutions financières internationales, de la possibilité d’ouvrir une troisième ligne de précaution et de liquidité Liquidité
Liquidités
Capitaux dont une économie ou une entreprise peut disposer à un instant T. Un manque de liquidités peut conduire une entreprise à la liquidation et une économie à la récession.
totalisant environ 3,5 milliards $ sur deux ans, mène, selon le schéma connu, l’offensive sur les acquis des salariés et des classes populaires.

En Tunisie, les gouvernements qui se sont succédés depuis la Révolution ont conclu deux accords avec le Fonds monétaire international d’une valeur de plus de 5 milliards $ pour une période de six ans. Cette longue période est un indicateur de la gravité de la situation générale du pays, elle met à nu la perte de souveraineté de ces gouvernements dans la conduite des politiques économiques et sociales du pays et prive le peuple tunisien de son droit à l’autodétermination.

Pour sa part, la Jordanie a signé l’été dernier, avec le FMI, un accord d’une valeur de plus de 0,7 milliard $ pour une période de trois ans.

L’Égypte a aussi conclu un accord avec le FMI d’une valeur 12 milliards ; cet accord prévoie des conditions draconiennes qui visent la plupart des activités de production, des secteurs financiers ainsi que les domaines sociaux.

Au Liban, le pourcentage de l’endettement public du pays bat un record : il atteint les 132 % du PIB PIB
Produit intérieur brut
Le PIB traduit la richesse totale produite sur un territoire donné, estimée par la somme des valeurs ajoutées.
Le Produit intérieur brut est un agrégat économique qui mesure la production totale sur un territoire donné, estimée par la somme des valeurs ajoutées. Cette mesure est notoirement incomplète ; elle ne tient pas compte, par exemple, de toutes les activités qui ne font pas l’objet d’un échange marchand. On appelle croissance économique la variation du PIB d’une période à l’autre.
.

Le FMI cherche également à faire entrer l’Algérie dans le club des pays endettés depuis la hausse du déficit commercial qu’a connu ce pays en raison de la baisse des prix des hydrocarbures.

Le système de la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
constitué de dettes odieuses et illégitimes constitue un lourd fardeau financier qui pèse sur les peuples de la région.

La Tunisie et l’Égypte, après les révolutions respectives ont connu de nombreuses mobilisations et initiatives de lutte contre le système de la |dette ayant pour revendications la suspension des remboursements et l’instauration d’un audit de la dette afin de procéder d’une manière indépendante et souveraine à l’évaluation de la dette publique et à l’annulation de toute les dettes illégitimes.

En Tunisie, le Front populaire a également présenté à l’Assemblée des représentants du peuple un projet de loi en Tunisie visant à instaurer juridiquement un Audit de la dette

L’association Attac CADTM Maroc appelle à un audit de la dette.

Ce sont autant d’expériences de lutte que nous devons soutenir, élargir et populariser, elles sont partie prenante du programme de lutte pour l’émancipation nationale et sociale des peuples de la région, de la libération de toutes les formes d’exploitation, de discrimination et de l’esclavage.

La rencontre du 23 et 24 décembre 2016 en Tunisie constitue une nouvelle étape dans la mobilisation des forces révolutionnaires de la région arabe afin d’unifier autour d’objectifs communs les rangs des organisations militantes permettant ainsi d’inverser les rapports de force dans la région en faveur des forces du changement révolutionnaire contre le régime social en place. Participeront à ce séminaire des militantes s et militants d’Égypte, d’Algérie, du Maroc, du Liban et de Tunisie.

Association d’ATTAC CADTM Maroc et RAID ATTAC CADTM (Tunisie).
Les membres du Réseau international du Comité pour l’annulation de la dette illégitime Dette illégitime Comment on détermine une dette illégitime ?

4 moyens d’analyse

* La destination des fonds :
l’utilisation ne profite pas à la population, bénéficie à une personne ou un groupe.
* Les circonstances du contrat :
rapport de force en faveur du créditeur, débiteur mal ou pas informé, peuple pas d’accord.
* Les termes du contrat :
termes abusifs, taux usuraires...
* La conduite des créanciers :
connaissance des créanciers de l’illégitimité du prêt.
(CADTM).


Auteur

ATTAC/CADTM Maroc

membre du réseau CADTM en bref : L’Association pour la Taxation des Transactions en Aide aux Citoyens au Maroc (ATTAC Maroc) a été créée en 2000. ATTAC Maroc est membre du réseau international du Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde (CADTM) depuis 2006 (devenu Comité pour l’abolition des dettes illégitimes depuis juin 2016). Nous comptons 11 groupes locaux au Maroc. ATTAC veut être un réseau aidant à l’appropriation par les acteurs engagés dans l’activité sociale, associative, syndicale et plus largement militante des enjeux de la mondialisation sur les problématiques de résistance sociale et citoyenne. www.attacmaroc.org http://arabic.cadtm.org/

Adresse : n°140, rue Cadi Bribri Akkari 10000. Rabat. Maroc Email azikiomar2008@gmail.com Site Web attacmaroc.org Tel 00 212 6 61 17 30 39

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