Résumé de : « The Eurozone between austerity and default »

Research on Money and Finance, septembre 2010

11 novembre 2010 par Stéphanie Jacquemont

Raisons de l’endettement des pays périphériques : déficits privés et UME

Les turbulences financières dans la zone euro sont dues :
- d’une part à la crise financière qui a éclaté en 2007
- et d’autre part à la nature de l’union monétaire européenne (UME). La pression systématique exercée sur les travailleurs a mené à un creusement des inégalités en termes de compétitivité et à l’émergence d’un Centre et d’une Périphérie au sein de la zone euro.

Pays de la Périphérie : Espagne, Portugal et Grèce (+ Irlande, mais une analyse distincte est nécessaire en raison des caractéristiques de ce pays). Les pays de la Périphérie ne sont pas aussi compétitifs et subissent les contraintes d’une politique monétaire uniforme et d’une stricte discipline budgétaire.

Les déficits de la balance des paiements Balance des transactions courantes
Balance des paiements
La balance des transactions courantes d’un pays ajoute à la balance des biens et services la balance des transferts unilatéraux, concernant des biens ou services importés ou exportés sans rétribution apparente : dons, subventions, envois d’argent à l’étranger par des travailleurs immigrés, etc. Le solde, appelé solde des paiements courants, traduit la position financière d’un pays par rapport au reste du monde.

Un pays disposant d’un excédent de ses paiements courants est un pays prêteur vis-à-vis du reste du monde. Inversement, si la balance d’un pays est déficitaire, ce pays devra se tourner vers les prêteurs internationaux afin d’emprunter pour ses besoins de financement. La balance des opérations en capital, dont le solde est l’opposé du solde des paiements courants, vient boucler la balance des paiements, qui est donc, par définition, équilibrée.
courants affichés par la Périphérie sont le revers des excédents du Centre, principalement de l’Allemagne. Ces déficits, qui peuvent correspondre à des déficits financiers du secteur privé ou du secteur public, peuvent être financés par des moyens générateurs de dettes (par ex. prêts) ou non générateurs de dettes (par ex. IDE Investissements directs à l’étranger
IDE
(extrait de CHESNAIS, 1994, p. 40)
Les investissements étrangers peuvent s’effectuer sous forme d’investissements directs ou sous forme d’investissements de portefeuille. Même s’il est parfois difficile de faire la distinction pour des raisons comptables, juridiques ou statistiques, on considère qu’un investissement étranger est un investissement direct si l’investisseur étranger possède 10% ou plus des actions ordinaires ou de droits de vote dans une entreprise. Bien qu’arbitraire, ce critère a été retenu car on estime qu’une telle participation est un investissement à long terme qui permet à son propriétaire d’exercer une influence sur les décisions de gestion de l’entreprise.
En revanche, un investissement étranger qui est inférieur à 10% sera comptabilisé comme un investissement de portefeuille. On considère que les investisseurs de portefeuille n’exercent aucune influence sur la gestion d’une société dont ils possèdent des actions. Les investissements en portefeuille désignent l’ensemble des dépôts bancaires et des placements financiers sous forme de titres publics ou privés.
Les flux d’investissement directs, quelle que soit leur destination, représentent la somme des éléments suivants : - apports nets en capital accordés par l’investisseur direct sous forme d’achat d’actions ou de parts, d’augmentation de capital ou créations d’entreprise ; - prêts nets, y compris les prêts à court terme et avances consenties par la maison mère à sa filiale ; - bénéfices non distribués (réinvestis).
). Mais dans la Périphérie, le pacte de stabilité et de croissance (PSC) n’a pas permis au secteur public d’enregistrer des déficits ; le déficit de la balance courante est donc principalement le fait de déficits privés, financés en majorité par des prêts des banques du Centre.

En gros, l’endettement des pays de la Périphérie est essentiellement dû au comportement du secteur privé dans le cadre de l’UME. Incapables de rivaliser avec le Centre, les secteurs privés se sont endettés, auprès des banques du Centre mais aussi auprès d’agents internes, l’économie de ces pays s’étant largement financiarisée depuis l’adoption de l’euro. La consommation a connu un boom dans les trois pays, et l’Espagne a vu se développer une bulle immobilière.

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Résumé complet de « The Eurozone beween austerity and default »

Le texte original : « THE EUROZONE BETWEEN AUSTERITY AND DEFAULT » date de september 2010 et compte 72 pages. Il a été écrit par C. Lapavitsas, A. Kaltenbrunner, G. Lambrinidis, D. Lindo, J. Meadway, J. Michell, J.P. Painceira, E. Pires, J. Powell, A. Stenfors, N. Teles http://www.researchonmoneyandfinanc...