Retour sur l’action du 25 mars à Bruxelles contre les accaparements de terre soutenus par la Banque mondiale

26 mars 2015 par Rémi Vilain

Ce mercredi 25 mars 2015 s’est tenue devant la Tour des Finances de Bruxelles une action Action
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Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
pour dénoncer l’implication de la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 184 membres en 2003) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRETS ACCORDES PAR LA BM :
1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site : http://www.banquemondiale.org
dans le phénomène toujours plus important des accaparements de terre - et plus largement du type de politiques foncières qu’elle promeut.

En marge de sa conférence annuelle « Land and Poverty » (terre et pauvreté) qui se déroule du 23 au 27 mars 2015 à Washington, dont l’objet est de discuter des nouvelles politiques foncières à mettre en œuvre dans les pays du Sud. En soutien au FSM (Forum social mondial) qui se tient à Tunis du 24 au 28 mars 2015 pour proposer des alternatives aux modèles néo-libérale et capitaliste actuels. L’occasion était parfaite pour tenir cette action Action
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Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
publique et ainsi converger avec la campagne internationale « Our Land Our Business » soutenue par plus de 200 organisations internationales.

Manuel Eggen, représentant de FIAN Belgique nous informe sur la nécessité de cette action publique : « Nous sommes ici devant la Tour des Finances qui représente le Ministère des Finances, qui est l’organe qui représente la Belgique au sein de la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 184 membres en 2003) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRETS ACCORDES PAR LA BM :
1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site : http://www.banquemondiale.org
. Nous avons mené une action aujourd’hui pour dénoncer les accaparements de terre et les implications de la Banque mondiale [dans ce processus]. Chaque année on a des nouveaux cas d’accaparements de terre où on découvre une implication de la Banque dans ces acquisitions à large échelle aux dépends des petit.e.s paysan.ne.s »
.

Une représentante de la délégation hondurienne de FIAN, Ana Maria Pineda, victime de ces politiques et présente pour cette action d’envergure nous informe que : « Notre message est que nous ne voulons plus de double discours, avec tant de victimes, ces demi-vérités… Il s’agit d’une institution financière internationale qui prétend vouloir éradiquer la pauvreté et soutenir les petit.e.s producteurs et productrices au Honduras. C’est loin d’être le cas ».

Organisée par plusieurs ONG belges telles que le CNCD (Centre National de Coopération au Développement), le FIAN (FoodFirst Information and Action Network), l’AEFJN (Africa Europe Faith Justice Network), Quinoa, le CADTM (Comité pour l’Annulation de la Dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
du Tiers-Monde) et soutenue par Oxfam, l’action publique de ce 25 mars 2015 avait pour but principal de dénoncer les projets financés et soutenus par la Banque mondiale qui favorisent accaparements de terre et déplacements de populations paysannes dans les Pays du Sud, mais aussi le modèle agro-industriel en général qui tue également nos paysan.ne.s du Nord.

C’est ainsi que plus d’une quarantaine de personne se sont réunies afin de réaliser une saynète reflétant la dure réalité du business mené sur les terres arables et facilité par la Banque mondiale, ce que Stéphane Desgain du CNCD définit comme une « violence qui consiste à financer les entreprises qui accaparent les terres ».

Le but de la saynète (voir la vidéo ci-dessous) était d’interpeller la société civile sur la nécessité d’agir rapidement et efficacement en faveur de la protection des droits des paysan.ne.s et de lutter contre ces politiques foncières en faveur d’un modèle agro-industriel qui détruit l’espace vital de millions de paysan.ne.s à travers le monde, tout autant qu’il détruit le modèle agricole familial pourtant bien plus durable, vecteur d’emplois, et productif.

C’est face à cette cruelle réalité, que des paysan.ne.s se sont révolté.e.s devant les bureaux improvisés pour l’occasion de la Banque mondiale. On pouvait ainsi les entendre clamer leurs revendications légitimes : « What do we want ? Food Sovereignty ! When do we want it ? Now ! », « STOP aux accaparements de terre », « Tout est à nous, rien n’est à eux, tout ce qu’ils ont ils l’ont volé », ou encore « Ma terre, c’est ma vie ! ».

Dès lors, face à une telle mobilisation, ces bureaucrates de l’institution financière internationale n’ont eu d’autres choix que de capituler. Assaillis par les paysan.ne.s, ils n’ont pu que constater impuissants à la réappropriation de leurs bureaux par ces derniers.

En déversant de grandes quantités de terres dans ces bureaux et en semant des pommes de terre, les paysan.ne.s sont passé.e.s des paroles aux actes : « You make business on our agriculture, we make agriculture on your business ! ».

L’urgence est en effet palpable. Est-il nécessaire de rappeler que dans les plus de 800 millions de personnes qui souffrent actuellement de la faim sur notre planète, la majorité d’entre eux sont, paradoxalement, des agriculteurs ?

Nous espérons que le succès de cette action publique, relayée par les médias, permettra de participer à l’interpellation des populations afin de renverser ensemble les politiques foncières actuelles en faveur d’une promulgation d’une agriculture durable, écologique, à taille humaine, respectant à la fois la Terre, les producteurs et les consommateurs.
Nous en profitons pour remercier une nouvelle fois tou.te.s les participant.e.s à l’action publique de ce mercredi 25 mars 2015, et nous vous invitons à poursuivre la mobilisation pour promouvoir et implémenter des alternatives profitables à l’ensemble de l’humanité.

L’action en vidéo (ZinTV) :

Our land from zin tv on Vimeo.


Auteur.e

Rémi Vilain

Permanent au CADTM Belgique