Retour sur l’action médiatique « La terre c’est notre business ! » co-organisée par le CADTM et ses partenaires à Bruxelles le 10 octobre

20 octobre 2014 par CADTM Belgique


Le 10 octobre dernier, plusieurs ONG belges (SOS FAIM, AEFJN, FIAN, CADTM, CNCD-11.11.11, 11.11.11) ont participé à une action symbolique contre la Banque mondiale devant le Ministère des finances à Bruxelles.

L’action Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
s’est déroulée pendant la semaine d’action contre la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
et les IFI qui représente chaque année, une nouvelle occasion pour dénoncer les politiques néfastes des institutions internationales (en particulier le FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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et la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 189 membres en 2017) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRÊTS ACCORDÉS PAR LA BM :

1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site :
) et plus largement le « système dette ». (voici l’appel de cette année http://cadtm.org/Semaine-mondiale-d-action-contre).

Cette action devant le Ministère des finances s’inscrivait également dans le cadre de la campagne « Our land our business » [1] qui rejette les nouvelles politiques de la Banque mondiale dans le secteur de l’agriculture et le nouveau projet “Benchmarking the Business of Agriculture -BBA ».

Bien loin d’ aider les paysans, ce projet de la Banque mondiale constitue une porte d’entrée pour les grandes multinationales de l’agriculture. Le BBA qui s’inspire directement d’un autre rapport de la Banque mondiale, le « Doing Business », est conçu pour aider les décideurs politiques à renforcer l’agro-industrie à l’échelle mondiale et de promouvoir l’émergence d’un secteur agricole commercial.

Le BBA établit un classement des différents pays à travers le monde en fonction de la facilité d’y « faire des affaires » dans l’agriculture. Ce projet doit permettre d’identifier et de comparer les politiques et réglementations qui limitent l’accès au marché pour les investisseurs dans le secteur agricole : accès aux intrants Intrants Éléments entrant dans la production d’un bien. En agriculture, les engrais, pesticides, herbicides sont des intrants destinés à améliorer la production. Pour se procurer les devises nécessaires au remboursement de la dette, les meilleurs intrants sont réservés aux cultures d’exportation, au détriment des cultures vivrières essentielles pour les populations. , aux semences, aux marchés, aux financements, incitations fiscales, etc.

Le classement du BBA récompensera ainsi la déréglementation du secteur agricole et facilitera l’accaparement des terres dans le monde entier. L’accaparement des terres dépossède les paysans, les éleveurs et les communautés autochtones qui sont pourtant les garants de la production alimentaires dans le monde. [2]

Les ONG présentes à l’action rejettent le modèle de développement imposé par la Banque mondiale qui va à l’encontre du droit à la souveraineté alimentaire, à un développement économique et social respectueux de l’environnement et des droits humains.



Notes

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