Haïti

Réunion continentale du CADTM Amérique latine et Caraïbe à Port au Prince

31 octobre 2013 par CADTM AYNA


La réunion continentale du CADTM Amérique latine et Caraïbe s’est tenue à Port au Prince du 31 octobre au 2 novembre 2013.

Vous trouverez ci-contre, à droite, les autres articles concernant ces rencontres.

Avant le démarrage de la réunion, Éric Toussaint a donné une conférence le 29 octobre 2013 à l’université de Port au Prince sur le thème de la crise globale du capitalisme. 200 personnes en très grande majorité jeune (tranche 20-25 ans)étaient présentes.
Éric Toussaint a analysé la crise qui a débuté en 2007 - 2008 en montrant l’interconnexion des crises financière, économique, alimentaire, climatique, institutionnelle...

Eric Toussaint et Camille Chalmers

Puis il a poursuivi en parcourant l’histoire des 100 dernières années, de la première guerre mondiale à aujourd’hui, pour essayer d’en dégager les grands enseignements et a conclu sur l’action Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
du CADTM.
L’exposé a été suivi d’un débat très riche avec une dizaine d’interventions abordant beaucoup de sujets : Le capitalisme est-il à sa fin ? Que penser de l’intervention des Chinois en Afrique ? Que penser de l’exigence de restitution émanant des pays de la Caraïbe ? Quel est l’impact du consumérisme sur la crise alimentaire ? En quoi le refus d’assumer son patrimoine culturel fragilise-t-il un pays ? Rangez-vous ce qui s’est passé en Libye dans le printemps arabe ? Comment le capitalisme cherche-t-il à tirer profit de la crise climatique ? Le capitalisme n’impose-t-il pas sa version de la démocratie ? C’est quoi le Tiers monde aujourd’hui ? Que penser des socialistes européens à la François Hollande et son intervention au Mali ? Quelle stratégie révolutionnaire ? Êtes-vous pour la globalisation Globalisation (voir aussi Mondialisation) (extrait de Chesnais, 1997a)

Origine et sens de ce terme anglo-saxon. En anglais, le mot « global » se réfère aussi bien à des phénomènes intéressant la (ou les) société(s) humaine(s) au niveau du globe comme tel (c’est le cas de l’expression global warming désignant l’effet de serre) qu’à des processus dont le propre est d’être « global » uniquement dans la perspective stratégique d’un « agent économique » ou d’un « acteur social » précis. En l’occurrence, le terme « globalisation » est né dans les Business Schools américaines et a revêtu le second sens. Il se réfère aux paramètres pertinents de l’action stratégique du très grand groupe industriel. Il en va de même dans la sphère financière. A la capacité stratégique du grand groupe d’adopter une approche et conduite « globales » portant sur les marchés à demande solvable, ses sources d’approvisionnement, les stratégies des principaux rivaux oligopolistiques, font pièce ici les opérations effectuées par les investisseurs financiers, ainsi que la composition de leurs portefeuilles. C’est en raison du sens que le terme global a pour le grand groupe industriel ou le grand investisseur financier que le terme « mondialisation du capital » plutôt que « mondialisation de l’économie » m’a toujours paru - indépendamment de la filiation théorique française de l’internationalisation dont je reconnais toujours l’héritage - la traduction la plus fidèle du terme anglo-saxon. C’est l’équivalence la plus proche de l’expression « globalisation » dans la seule acceptation tant soit peu scientifique que ce terme peut avoir.
Dans un débat public, le patron d’un des plus grands groupes européens a expliqué en substance que la « globalisation » représentait « la liberté pour son groupe de s’implanter où il le veut, le temps qu’il veut, pour produire ce qu’il veut, en s’approvisionnant et en vendant où il veut, et en ayant à supporter le moins de contraintes possible en matière de droit du travail et de conventions sociales »
par en bas ? Quid de Chavez-Morales-Correa ?

Comme vous pouvez imaginer, cela a permis de donner des réponses qui vont au fond des choses.

Public étudiant

Le 30 octobre les délégués du CADTM en provenance d’Argentine, du Brésil, d’Uruguay, du Chili, d’Haïti, de Belgique et de France (pour des raisons indépendantes de leur volonté les délégués du Venezuela et de Colombie n’ont pu rejoindre Haïti) se sont réunis avec différents mouvements sociaux luttant sur les questions des droits humains, du féminisme, de la souveraineté alimentaire, de la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
, de l’éducation populaire…

Le 31 octobre au matin, la PAPDA (organisation haïtienne membre du CADTM) a tenu une conférence de presse pour présenter le programme d’activités du CADTM. Une dizaine de télévisions locales et une douzaine de radios locales étaient présentes.

A midi, a eu lieu une rencontre du CADTM avec 6 partis politiques progressistes haïtiens.

Ensuite, à 16h00 a eu lieu une conférence publique à l’université sur le thème de la crise de l’euro.




CADTM AYNA

Abya Yala Nuestra América
Abya Yala est le nom donné par les Indiens Kunas du Panama et de la Colombie au continent américain avant l’arrivée de Christophe Colomb et des européens. L’expression « Abya Yala » signifie « terre dans sa pleine maturité » dans la langue des Kunas. Le leader indigène aymara de Bolivie Takir Mamani a proposé que tous les peuples indigènes des Amériques nomment ainsi leurs terres d’origine, et utilisent cette dénomination dans leurs documents et leurs déclarations orales, arguant que « placer des noms étrangers sur nos villes, nos cités et nos continents équivaut à assujettir notre identité à la volonté de nos envahisseurs et de leurs héritiers. ». Abya Yala est choisie en 1992 par les nations indigènes d’Amérique pour désigner l’Amérique au lieu de le nommer d’après Amerigo Vespucci.

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