Réussite de l’action internationale de désobéissance civile non-violente « NATO Game Over » le 22 mars 2008 au quartier-général de l’OTAN à Bruxelles

24 mars 2008 par CADTM Belgique


Samedi 22 mars, à dix jours du prochain sommet de l’OTAN OTAN
Organisation du traité de l’Atlantique Nord
Elle assure aux Européens la protection militaire des États-Unis en cas d’agression, mais elle offre surtout aux États-Unis la suprématie sur le bloc occidental. Les pays d’Europe occidentale ont accepté d’intégrer leurs forces armées à un système de défense placé sous commandement américain, reconnaissant de ce fait la prépondérance des États-Unis. Fondée en 1949 à Washington et passée au second plan depuis la fin de la guerre froide, l’OTAN comprenait 19 membres en 2002 : la Belgique, le Canada, le Danemark, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l’Islande, l’Italie, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, le Portugal, auxquels se sont ajoutés la Grèce et la Turquie en 1952, la République fédérale d’Allemagne en 1955 (remplacée par l’Allemagne unifiée en 1990), l’Espagne en 1982, la Hongrie, la Pologne et la République tchèque en 1999.
à Bucarest, 450 manifestants venus de 17 pays européens opposés à la logique de guerre entretenue par l’OTAN ont été emprisonnés pendant plusieurs heures (de 6 à 10 heures) au Palais de justice de Bruxelles. Parmi eux se trouvaient 11 membres du CADTM Belgique.

Le motif de leur détention : avoir participé à l’action Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
internationale « NATO Game Over », une action non violente de désobéissance civile organisée par le mouvement de paix Vredesactie (Action pour la Paix) ayant réuni pas moins de 1000 manifestants, selon les chiffres de la police belge.

Leur objectif était de dénoncer le rôle criminel de l’OTAN dans la préparation et la conduite des guerres, comme en Afghanistan ou en Irak, ainsi que le stockage d’armes nucléaires par les Etats-Unis sur le territoire belge. Rappelons que c’est au quartier général de l’OTAN que sont prises les décisions politiques relatives aux armes nucléaires. Pour faire entendre leurs voix, les 1000 manifestants ont alors tenté de pénétrer dans le quartier général de l’OTAN, situé à Evere en Belgique, et d’en sceller portes, fenêtres et accès. Une soixantaine de personnes est parvenue à entrer dans l’enceinte de l’OTAN ; les autres ayant été arrêtées à proximité de cette forteresse.

Quatre aspects de cette action internationale méritent d’être soulignés :

- Tout d’abord, cette action était légitime au regard du droit international et du droit belge. En effet, le stationnement d’armes nucléaires par les Etats-Unis sur le territoire belge est contraire à plusieurs articles du Traité de non-prolifération des armes nucléaires, à l’avis de la Cour internationale de Justice (l’organe judiciaire des Nations unies) du 8 juillet 1996 ou encore à la résolution du Sénat belge qui demande le retrait des armes nucléaires belges (résolution S 3-985/5 du 21/04/2005). Dès lors, les manifestants se trouvaient dans une situation de nécessité juridique qui les obligeaient à agir, en tentant de pénétrer dans le quartier général de l’OTAN.

- Ensuite, cette action s’est déroulée comme prévue ; sans violence de la part des manifestants. Les forces de l’ordre (équipées de canons à eau, spray au poivre, chiens d’attaque…) ont, quant à elles, fait preuve d’une réaction souvent musclée, voir violente selon les agents. Un député belge devrait d’ailleurs interpeller prochainement le Ministre de l’Intérieur de la Belgique sur la réaction disproportionnée des forces de l’ordre face aux manifestants.

- La rétention administrative des manifestants au Palais de justice de Bruxelles a été entachée de plusieurs irrégularités. Certains manifestants ont fait l’objet de violences physiques et verbales. Notons toutefois l’esprit de solidarité et de bonne humeur entre les détenus qui ont scandé des chants et slogans révolutionnaires pendant ces longues heures de rétention.

- Enfin, saluons la très bonne organisation de cette journée d’action : avant l’action, une farde contenant toutes les informations pratiques et juridiques a été remise à chaque participant. Pendant l’action, une équipe de permanence était chargée de recevoir tous les appels des participants lors de leur arrestation, des avocats et des médecins étaient également mobilisés. Après l’action, de la nourriture a été distribuée aux participants.



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