Saisie mobilière chez BNP Paribas Fortis en Belgique : « ceci est un début de réappropriation ! »

20 février 2015 par Collectif « qui vole qui ? »


Une trentaine de personnes se sont rendues dans une agence bruxelloise de BNP Paribas Fortis ce matin et sont reparties avec... des meubles ! Des chaises, une table, des plantes, etc. : une première saisie pour commencer à récupérer les milliards d’euros que la banque place dans les paradis fiscaux afin de permettre à ses plus riches clients d’échapper à l’impôt. La licence bancaire leur a symboliquement été retirée par l’apposition de scellés pour fraude fiscale à très grande échelle et préjudice à l’intérêt général, deux des crimes qui figurent dans la longue liste des faits d’armes de cette banque.

Forcément, les banques s’expriment peu sur le sujet. Et pour cause, les sommes mentionnées par plusieurs sources sont abyssales. Rien qu’en Belgique, l’évasion fiscale - notamment orchestrée par les banques – entraînerait de 10 à 20 milliards d’euros de manque à gagner pour l’État et le financement des services publics.

Une rapide comparaison entre ces 10 milliards et les quelques 250 millions qu’il entend récupérer en saignant plus de 35 000 chômeur.se.s ne laisse planer aucun doute sur ses priorités.

Quand les banques nous pissent dessus, l’État nous dit qu’il pleut et accuse la gloutonnerie du peuple qui aurait vidé ses caisses. Résultat : l’État coupe dans toutes les dépenses publiques tandis qu’il continue à sauver les banques. Une rapide comparaison entre ces 10 milliards et les quelques 250 millions qu’il entend récupérer en saignant plus de 35 000 chômeur.se.s ne laisse planer aucun doute sur ses priorités.

En Belgique comme ailleurs, l’État est au courant des agissements de la banque depuis des années et ne fait rien contre cela. Il va falloir que la population s’en occupe elle-même. « Nous reviendrons chercher le reste, Bisou » annonce une banderole laissée sur place...

Généreux, les militant.e.s ont offert à la direction un peu de lecture sur la confiscation de la démocratie par la finance en leur remettant les livres Bancocratie, Le livre noir des banques, Banques qui pillent, banques qui pleurent... Ils et elles sont ensuite reparti.e.s avec le mobilier sous le bras pour le remettre à la population. Le mobilier a été installé dans l’espace public avec un écriteau « Ceci n’est pas un siège, mais un début de réappropriation ».

Cette action Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
fait écho à une opération similaire menée jeudi dernier dans une agence HSBC de Bayonne, par l’association Bizi. Si les 180,6 milliards d’euros d’évasion fiscale d’HSBC révélés par l’affaire Swissleaks font aujourd’hui la une de l’actualité, ils ne constituent en réalité que la partie émergée de l’iceberg. Toutes les grosses banques jouent le même jeu. BNP Paribas, la cible du jour, n’est pas en reste puisqu’elle compte 214 filiales dans les paradis fiscaux Paradis fiscaux
Paradis fiscal
Territoire caractérisé par les cinq critères (non cumulatifs) suivants :
(a) l’opacité (via le secret bancaire ou un autre mécanisme comme les trusts) ;
(b) une fiscalité très basse, voire une imposition nulle pour les non-résidents ;
(c) des facilités législatives permettant de créer des sociétés écrans, sans aucune obligation pour les non-résidents d’avoir une activité réelle sur le territoire ;
(d) l’absence de coopération avec les administrations fiscales, douanières et/ou judiciaires des autres pays ;
(e) la faiblesse ou l’absence de régulation financière.

La Suisse, la City de Londres et le Luxembourg accueillent la majorité des capitaux placés dans les paradis fiscaux. Il y a bien sûr également les Iles Caïmans, les Iles anglo-normandes, Hong-Kong, et d’autres lieux exotiques. Les détenteurs de fortunes qui veulent échapper au fisc ou ceux qui veulent blanchir des capitaux qui proviennent d’activités criminelles sont directement aidés par les banques qui font « passer » les capitaux par une succession de paradis fiscaux. Les capitaux généralement sont d’abord placés en Suisse, à la City de Londres ou au Luxembourg, transitent ensuite par d’autres paradis fiscaux encore plus opaques afin de compliquer la tâche des autorités qui voudraient suivre leurs traces et finissent par réapparaître la plupart du temps à Genève, Zurich, Berne, Londres ou Luxembourg, d’où ils peuvent se rendre si nécessaires vers d’autres destinations.
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Si les 180,6 milliards d’euros d’évasion fiscale d’HSBC révélés par l’affaire Swissleaks font aujourd’hui la une de l’actualité, ils ne constituent en réalité que la partie émergée de l’iceberg.

Ce n’est un secret pour personne, toutes les grosses banques ont des investissements et des pratiques scandaleuses et néfastes sur les plans sociaux, écologiques et financiers. Leur rôle devrait être de financer des projets socialement utiles et non pas de travailler à enrichir leurs actionnaires. C’est pourquoi il est impératif de retirer la licence bancaire à ces criminels en col blanc, de socialiser le secteur bancaire (en le plaçant sous le contrôle des travailleurs et des usagers) et d’annuler la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
qu’ils ont eux même créée.

Il ne fait nul doute que les banques excellent dans le partage d’informations et de pratiques lorsqu’il s’agit de spéculer, cacher et voler... Qu’elles se rassurent, nous en tirons bon enseignement. De Bayonne à Bruxelles, d’Athènes à la City, de Madrid à Berlin : que les banques surveillent leur mobilier...

Cordialement,

Le collectif « Qui vole qui ? »

Source de la vidéo : http://www.zintv.org/Action-BNP-Paribas-Evasion-Fiscale



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