Rapport sur la protection sociale dans le monde 2017-2019

Selon l’OIT, 4 milliards de personnes dans le monde sont sans protection sociale

5 décembre par Organisation internationale du travail (OIT)

© Pierre Holtz / UNICEF

Un nouveau rapport de l’OIT OIT
Organisation internationale du travail
Créée en 1919 par le traité de Versailles, l’Organisation internationale du travail (OIT, siège à Genève) est devenue, en 1946, la première institution spécialisée des Nations unies. L’OIT réunit les représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs, dans le but de recommander des normes internationales minimales et de rédiger des conventions internationales touchant le domaine du travail. L’OIT comprend une conférence générale annuelle, un conseil d’administration composé de 56 membres (28 représentants des gouvernements, 14 des employeurs et 14 des travailleurs) et le Bureau international du travail (BIT) qui assure le secrétariat de la conférence et du conseil. Le pouvoir du BIT (Bureau International du Travail) est très limité : il consiste à publier un rapport annuel et regroupe surtout des économistes et des statisticiens. Leurs rapports défendent depuis quelques années l’idée que le chômage provient d’un manque de croissance (de 5% dans les années 60 a 2% aujourd’hui), lui-même suscité par une baisse de la demande. Son remède est celui d’un consensus mondial sur un modèle vertueux de croissance économique, ainsi que sur des réflexions stratégiques au niveau national (du type hollandais par exemple). L’OIT affirme qu’il est naïf d’expliquer le chômage par le manque de flexibilité et que les changements technologiques n’impliquent pas une adaptation automatiquement par le bas en matière de salaires et de protection sociale.
montre que des efforts massifs restent nécessaires pour garantir que le droit à la sécurité sociale devienne une réalité pour tous.

Malgré d’énormes progrès dans l’extension de la protection sociale dans beaucoup de régions du monde, le droit humain à la sécurité sociale n’est pas encore une réalité pour une majorité de la population mondiale, constate un nouveau rapport phare de l’Organisation internationale du Travail OIT
Organisation internationale du travail
Créée en 1919 par le traité de Versailles, l’Organisation internationale du travail (OIT, siège à Genève) est devenue, en 1946, la première institution spécialisée des Nations unies. L’OIT réunit les représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs, dans le but de recommander des normes internationales minimales et de rédiger des conventions internationales touchant le domaine du travail. L’OIT comprend une conférence générale annuelle, un conseil d’administration composé de 56 membres (28 représentants des gouvernements, 14 des employeurs et 14 des travailleurs) et le Bureau international du travail (BIT) qui assure le secrétariat de la conférence et du conseil. Le pouvoir du BIT (Bureau International du Travail) est très limité : il consiste à publier un rapport annuel et regroupe surtout des économistes et des statisticiens. Leurs rapports défendent depuis quelques années l’idée que le chômage provient d’un manque de croissance (de 5% dans les années 60 a 2% aujourd’hui), lui-même suscité par une baisse de la demande. Son remède est celui d’un consensus mondial sur un modèle vertueux de croissance économique, ainsi que sur des réflexions stratégiques au niveau national (du type hollandais par exemple). L’OIT affirme qu’il est naïf d’expliquer le chômage par le manque de flexibilité et que les changements technologiques n’impliquent pas une adaptation automatiquement par le bas en matière de salaires et de protection sociale.
(OIT).

Selon les nouvelles données présentées dans le Rapport mondial sur la protection sociale 2017-2019 : Protection sociale universelle pour atteindre les Objectifs de développement durable, seuls 45 % de la population bénéficient effectivement d’au moins une prestation sociale, tandis que les 55 % restants – 4 milliards de personnes – sont laissés sans protection.

Le nouveau rapport montre aussi que 29 pour cent seulement de la population mondiale disposent d’un accès à une sécurité sociale globale – en légère hausse par rapport aux 27 pour cent de 2014-15 – tandis que les 71 autres pour cent, soit 5,2 milliards de personnes ne sont pas, ou alors partiellement, protégées.

« L’absence de protection sociale place ces personnes en situation de vulnérabilité vis-à-vis de la maladie, de la pauvreté, des inégalités et de l’exclusion sociale tout au long de leur vie. Dénier ce droit humain à 4 milliards de personnes à l’échelle mondiale est un obstacle considérable au développement social et économique. Si de nombreux pays ont parcouru un long chemin pour renforcer leur système de protection sociale, des efforts majeurs sont encore nécessaires pour garantir que ce droit à la protection sociale devienne une réalité pour tous », a déclaré le Directeur général de l’OIT, Guy Ryder.

Le rapport recommande d’augmenter les dépenses publiques en matière de protection sociale pour étendre la couverture de protection sociale, en particulier en Afrique, en Asie et dans les États arabes, afin d’assurer au moins un socle de protection sociale minimal pour tous.

Ce rapport fait ressortir la contribution de la protection sociale universelle à l’éradication de la pauvreté, à la réduction des inégalités, à la promotion de la croissance économique et de la justice sociale, ainsi qu’à la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD), et montre comment beaucoup de pays en développement ont élaboré des dispositifs universels. Il souligne la nécessité d’étendre la protection sociale aux personnes travaillant dans l’économie informelle comme un moyen de formaliser leur emploi et d’améliorer leurs conditions de travail. « Cependant, les politiques d’austérité à court terme continuent de saper les efforts de développement à long terme. Les ajustements d’assainissement budgétaire ont des impacts sociaux négatifs considérables et compromettent la réalisation des ODD », a déploré Isabel Ortiz, Directrice du Département de la protection sociale de l’OIT.

« Des marges de manœuvre budgétaires existent pour étendre la protection sociale, même dans les pays les plus pauvres. Les gouvernements devraient être proactifs dans l’exploration de toutes les options de financement possibles pour promouvoir les ODD et le développement national grâce aux emplois décents et à la protection sociale », a-t-elle ajouté.


Principaux enseignements

Le rapport de l’OIT examine les différentes dimensions de la protection sociale, livrant des enseignements mondiaux et régionaux basés sur de nouvelles données dans les domaines suivants :

La protection sociale pour les enfants :

La protection sociale pour les femmes et les hommes en âge de travailler

  • La couverture de protection sociale pour les personnes en âge de travailler reste limitée. Seuls 41,1 % des mères de nouveau-nés perçoivent une allocation maternité et 83 millions de nouvelles mères ne sont pas couvertes.
  • Dans ce domaine, on constate aussi que seuls 21,8 % des travailleurs au chômage sont couverts par des allocations chômage, tandis que 152 millions de travailleurs sans emploi ne sont toujours pas couverts.
  • De nouvelles données de l’OIT montrent que seuls 27,8 % des personnes lourdement handicapées dans le monde touchent une prestation d’invalidité.

La protection sociale pour les femmes et hommes âgés

  • La recherche indique que, à l’échelle mondiale, 68 % des personnes ayant dépassé l’âge de la retraite touchent une pension de vieillesse, un résultat lié à l’expansion parallèle des pensions contributives et non contributives dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire.
  • Si les dépenses consacrées aux retraites et autres prestations pour les personnes âgées représentent 6,9 % du PIB en moyenne avec de fortes variations régionales, le rapport souligne que les niveaux de prestation sont souvent faibles et insuffisants pour sortir les personnes âgées de la pauvreté. Cette tendance est souvent alimentée par les mesures d’austérité.
  • Certains États sont en train de revenir sur la privatisation de leur système de retraite parce que les politiques de privatisation n’ont pas porté les fruits attendus. Des pays comme l’Argentine, la Bolivie, la Hongrie, le Kazakhstan et la Pologne reviennent vers des systèmes publics basés sur la solidarité.

La couverture santé universelle

  • Le rapport montre que le droit à la santé n’est pas encore une réalité dans de nombreuses régions du monde, en particulier dans les zones rurales où 56 pour cent de la population n’ont pas accès à une couverture maladie, contre 22 pour cent dans les zones urbaines. Il faudrait déployer environ 10 millions de professionnels de santé supplémentaires pour parvenir à une couverture sanitaire universelle et garantir la sécurité humaine, y compris en situation d’urgence comme lors de la crise Ebola.
  • Les soins de longue durée – dont ont surtout besoin les personnes âgées – excluent encore plus de 48 % de la population mondiale, les femmes étant affectées de manière disproportionnée. Seuls 5,6 pour cent de la population mondiale vivent dans des pays qui offrent une couverture de soins de longue durée conformément à leur législation nationale à l’ensemble de la population.
  • Pour cette raison, environ 57 millions de travailleurs « volontaires » non rémunérés assument l’essentiel de la couverture en soins de longue durée. Ce sont principalement les femmes qui prennent en charge les soins informels aux membres de leur famille. En investissant davantage dans ces services de soins, on pourrait atténuer la pauvreté des personnes âgées et générer des millions d’emplois pour faire face à la pénurie de travailleurs qualifiés dans le domaine des soins, qu’on estime à 13,6 millions à l’échelle mondiale.

Le Rapport mondial sur la protection sociale offre un vaste éventail de données nationales, régionales et mondiales sur la couverture de protection sociale, sur les prestations et les dépenses publiques en matière de protection sociale. En proposant de nouvelles estimations sur la couverture effective de protection sociale, il fournit la référence de base de 2015 pour l’indicateur 1.3.1 de l’Objectif de développement durable (ODD).

Adoptés en 2015, les ODD des Nations Unies reflètent l’engagement conjoint des pays à « mettre en œuvre des systèmes nationaux de protection sociale pour tous, y compris des socles » pour réduire et prévenir la pauvreté (ODD 1.3).

Cet engagement envers l’universalisme réaffirme l’accord mondial sur l’extension de la couverture sociale scellé par la recommandation (n° 202) de l’OIT sur les socles de protection sociale, adoptée par les gouvernements, les travailleurs et les employeurs de 185 pays en 2012.


Source : Organisation Internationale du Travail


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