12 octobre > 19 octobre

Genève, Suisse

Semaine de Mobilisation des Peuples pour dénoncer l’impunité des multinationales

Nous appelons à une mobilisation globale le 12 octobre pour dénoncer l’impunité des multinationales, dans le cadre de la Semaine de Mobilisation des Peuples

La mondialisation Mondialisation (voir aussi Globalisation)
(extrait de F. Chesnais, 1997a)
Jusqu’à une date récente, il paraissait possible d’aborder l’analyse de la mondialisation en considérant celle-ci comme une étape nouvelle du processus d’internationalisation du capital, dont le grand groupe industriel transnational a été à la fois l’expression et l’un des agents les plus actifs.
Aujourd’hui, il n’est manifestement plus possible de s’en tenir là. La « mondialisation de l’économie » (Adda, 1996) ou, plus précisément la « mondialisation du capital » (Chesnais, 1994), doit être comprise comme étant plus - ou même tout autre chose - qu’une phase supplémentaire dans le processus d’internationalisation du capital engagé depuis plus d’un siècle. C’est à un mode de fonctionnement spécifique - et à plusieurs égards important, nouveau - du capitalisme mondial que nous avons affaire, dont il faudrait chercher à comprendre les ressorts et l’orientation, de façon à en faire la caractérisation.

Les points d’inflexion par rapport aux évolutions des principales économies, internes ou externes à l’OCDE, exigent d’être abordés comme un tout, en partant de l’hypothèse que vraisemblablement, ils font « système ». Pour ma part, j’estime qu’ils traduisent le fait qu’il y a eu - en se référant à la théorie de l’impérialisme qui fut élaborée au sein de l’aile gauche de la Deuxième Internationale voici bientôt un siècle -, passage dans le cadre du stade impérialiste à une phase différant fortement de celle qui a prédominé entre la fin de Seconde Guerre mondiale et le début des années 80. Je désigne celui-ci pour l’instant (avec l’espoir qu’on m’aidera à en trouver un meilleur au travers de la discussion et au besoin de la polémique) du nom un peu compliqué de « régime d’accumulation mondial à dominante financière ».

La différenciation et la hiérarchisation de l’économie-monde contemporaine de dimension planétaire résultent tant des opérations du capital concentré que des rapports de domination et de dépendance politiques entre États, dont le rôle ne s’est nullement réduit, même si la configuration et les mécanismes de cette domination se sont modifiés. La genèse du régime d’accumulation mondialisé à dominante financière relève autant de la politique que de l’économie. Ce n’est que dans la vulgate néo-libérale que l’État est « extérieur » au « marché ». Le triomphe actuel du « marché » n’aurait pu se faire sans les interventions politiques répétées des instances politiques des États capitalistes les plus puissants (en premier lieu, les membres du G7). Cette liberté que le capital industriel et plus encore le capital financier se valorisant sous la forme argent, ont retrouvée pour se déployer mondialement comme ils n’avaient pu le faire depuis 1914, tient bien sûr aussi de la force qu’il a recouvrée grâce à la longue période d’accumulation ininterrompue des « trente glorieuses » (l’une sinon la plus longue de toute l’histoire du capitalisme). Mais le capital n’aurait pas pu parvenir à ses fins sans le succès de la « révolution conservatrice » de la fin de la décennie 1970.
néolibérale a ouvert la voie à l’exploitation sauvage du monde par les grandes puissances économiques. Les mégaprojets, l’agroalimentaire et la militarisation, entre autres processus, expriment un système patriarcal, néolibéral et raciste qui équivaut à une attaque contre la vie en tant que telle. En conséquence, les droits des peuples ont été systématiquement violés, la Terre et ses ressources détruites, pillées et contaminées, tandis que les entreprises multinationales continuent de commettre des crimes économiques et écologiques en toute impunité. On nous plonge également dans une crise environnementale et climatique aux proportions inconnues, dont le système ne reconnaît pas la responsabilité.

Soucieuses de maximiser leurs profits, les entreprises multinationales cherchent à opposer des travailleuses et travailleurs de différentes régions tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Les violations systématiques des droits humains qui touchent des millions de personnes, expulsées de force par les industries extractives, le libre-échange ou le négoce de la guerre, et contraintes de suivre de longues routes migratoires, constituent de nouveaux marchés et bénéfices pour les entreprises civiles et militaires.

Les communautés et les Peuples s’opposent à l’avancée de cette offensive qui implique, dans la plupart des cas, la combinaison de l’action Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
institutionnelle des gouvernements d’extrême droite et de celle violant les droits collectifs des Peuples conduits par des acteurs tels que les multinationales et les banques. Les preuves de la violation des droits humains par ces entreprises sont largement documentées et se traduisent sur le terrain par des catastrophes environnementales, la mort de militant/es, de dirigeants de communautés.

La signature de nouveaux traités internationaux en matière de commerce et d’investissement confère plus de droits aux « investisseurs » qu’aux personnes et aux communautés touchées. Pire encore, grâce aux des tribunaux d’arbitrage arbitrage, appelés ISDS, les intérêts des entreprises sont protégés au détriment de l’intérêt public.

Afin de défier le pouvoir des multinationales et le système qui le protège, il est nécessaire et urgent de donner une réponse systématique. Nous devons unir nos expériences, nos luttes, apprendre collectivement de nos victoires et de nos échecs, partager des stratégies et des analyses afin de réduire l’impunité de ces entreprises et banques. Le processus du Traité Contraignant des Nations Unies sur les multinationales et les droits humains représente un espace, dans le cadre du Conseil des droits humains des Nations Unies, où nous pouvons obliger les entreprises à respecter les droits humains, en créant un mécanisme permettant aux États et aux peuples touchés poursuivre les multinationales.

La 5e Session du Groupe de Travail Intergouvernemental (OEIGWG) chargé de préparer le Traité des Nations Unies sur les Multinationales et d’autres entreprises, et les droits humains, aura lieu entre le 14 et le 18 octobre 2019. La Campagne Globale pour revendiquer la souveraineté des Peuples, Démanteler le pouvoir des Multinationales et mettre fin à l’Impunité, sera présente à nouveau à Genève, comme chaque année depuis le début du processus en 2014, afin de faire pression sur les gouvernements et éviter que le processus soit déraillé.


Dans ce cadre :


Qui sommes-nous ?

La Campagne Globale pour revendiquer la souveraineté des peuples, le démantèlement du pouvoir des multinationales et la lutte contre l’impunité (Campagne Globale) est un réseau de plus de 250 mouvements sociaux, organisations de la société civile, syndicats et communautés touchées par les activités des STN. Ces groupes résistent à l’accaparement des terres, à l’extraction minière, aux salaires d’exploitation, à la destruction de l’environnement et des ressources et aux déplacements forcés causés par les entreprises multinationales à l’échelle mondiale, mais plus particulièrement en Afrique, en Asie, en Europe et en Amérique latine. La Campagne est une réponse structurelle globale des peuples face au pouvoir des multinationales. Elle promeut le dialogue, les stratégies, l’échange d’informations et d’expériences, et sert d’espace pour rendre visibles les résistances, approfondir la solidarité et soutenir les luttes.

#BindingTreaty

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