Socialiser le logement en Europe !

10 avril par Collectif


Le samedi 6 avril 2019 se sont tenues de nombreuses actions dans toute l’Europe pour faire entendre son cri qu’il est temps d’arrêter la financiarisation du logement et de défendre le droit à un logement décent pour tous.

Le CADTM soutient ces actions et a signé cet appel lancé par plusieurs associations européennes (Portugal, Grèce, Pays-Bas, Allemagne).

Les mobilisations ont eu lieu dans plus de 17 villes en Allemagne, mais également aux Pays-Bas, en Espagne et en France.

Un logement décent pour tous ! Annulons les dettes privées illégitimes !

L’aggravation des problèmes de logement dans les villes européennes est une partie importante de la crise générale de l’UE. Les traités de l’UE garantissent la libre circulation des capitaux (articles 26 et 63 du TFUE), la libre concurrence des entreprises (article 107 du TFUE) et la restriction des budgets publics (pacte de stabilité et de croissance, pacte budgétaire européen).

Sans contrepartie sociale forte, ces principes constitutionnels protègent et promeuvent les abus de propriété pour la construction d’actifs Actif
Actifs
En général, le terme « actif » fait référence à un bien qui possède une valeur réalisable, ou qui peut générer des revenus. Dans le cas contraire, on parle de « passif », c’est-à-dire la partie du bilan composé des ressources dont dispose une entreprise (les capitaux propres apportés par les associés, les provisions pour risques et charges ainsi que les dettes).
financiers négociés au niveau mondial.

« Le logement est un besoin fondamental pour tout le monde et constitue donc un droit humain protégé par le droit international »

Cependant, le logement est un besoin fondamental pour tous et constitue donc un droit de l’homme protégé par le droit international. Dans la mesure où le traitement des logements en tant qu’actifs financiers menace leur abordabilité, leur accessibilité, leur sécurité d’occupation, leur adéquation ou leur habitabilité, les États membres de l’UE sont moralement et juridiquement tenus de contrôler et de socialiser les biens pour le bénéfice de leurs citoyens. Si le cadre de l’UE interdit une telle régulation sociale, cela devient un défi institutionnel pour les droits de l’homme. Nous voulons le contraire. Nous voulons que l’Union européenne devienne un stimulateur interne et externe, un promoteur et un garant du droit de toute personne de disposer d’un lieu de vie sûr, décent et abordable.

Pendant trop longtemps, de nombreux citoyens européens ont été victimes d’abus systématiques de terres, de logements, d’infrastructures et de budgets pour accroître leurs profits privés, tandis que les personnes engagées dans l’action Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
sociale pour protéger le droit au logement se sont retrouvées sur la défensive. Il existe cependant des exemples encourageants de luttes populaires émancipatrices couronnées de succès en vue de changements sociaux radicaux dans le système de logement. À Berlin, par exemple, une initiative populaire populaire organise actuellement un référendum sur l’expropriation de maisons appartenant à des propriétaires propriétaires de plus de 3 000 appartements et la socialisation de leurs propriétés dans des entités publiques démocratiques. Mais la lutte ne peut être gagnée tant qu’elle reste fragmentée et réduite uniquement aux niveaux local et régional.


La crise du logement ne sera jamais surmontée, à moins que les changements de politique suivants ne soient apportés
 :

  1. L’adoption du droit international au logement en tant que devoir fondamental de toutes les institutions de l’UE, des États membres et des entreprises, ainsi que la mise en œuvre concrète de ce droit humain fondamental sous la forme d’une stratégie européenne en matière de logement.
  2. Assurer, garantir et soutenir des segments réglementés publics de logements démocratiques sans but lucratif destinés à de larges couches de la population en dehors des règles de concurrence et des flux de capitaux financiers de l’UE.
  3. Un cadre de l’ UE qui permet, encourage et soutient la régulation sociale stricte des propriétaires privés à but lucratif, les loyers du marché, les marchés fonciers, les hypothèques, la transparence, les services de l’ établissement et les conséquences de l’hypothèque par défaut.
  4. Protéger, encourager et soutenir l’engagement et l’organisation des locataires et des autres habitants pour le respect de leurs droits et des changements structurels nécessaires dans le logement, le foncier et l’immobilier.

Soutenez la Journée européenne décentralisée d’action pour le logement intitulée « Ensemble contre le déplacement et #Mietenwahnsinn » le 6 avril 2019 !


Premiers signataires :

Bond Precaire Woonvormen et Globalinfo (Pays-Bas), MieterInnenverein Witten (Union des locataires de Witten, Allemagne), Habita ! (Portugal), Comité pour l’abolition de la dette illégitime Dette illégitime Comment on détermine une dette illégitime ?

4 moyens d’analyse

* La destination des fonds :
l’utilisation ne profite pas à la population, bénéficie à une personne ou un groupe.
* Les circonstances du contrat :
rapport de force en faveur du créditeur, débiteur mal ou pas informé, peuple pas d’accord.
* Les termes du contrat :
termes abusifs, taux usuraires...
* La conduite des créanciers :
connaissance des créanciers de l’illégitimité du prêt.
(CADTM, Belgique), Union Antiauctions Initiative et Stop Auctions (Grèce)



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