CADTM Afrique et le réseau mondial du CADTM

Solidarité avec la mobilisation du peuple malien

Communiqué de presse

15 juillet par CADTM International , CADTM Afrique


Vendredi 19 juin 2020 à Bamako (Mali)

Les autorités du Mali ont reçu à plusieurs fois les louanges du Fonds monétaire international FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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(FMI) et de la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 189 membres en 2017) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRÊTS ACCORDÉS PAR LA BM :

1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site :
. Souvenons-nous que si le FMI et la BM félicitent un pays pour ses « solides résultats », son « redressement économique », sa « politique budgétaire », ses « bonnes performances », la « bonne tenue de ses agrégats macroéconomiques », c’est que le gouvernement applique des politiques néolibérales anti populaires. Au Mali, l’ex Président de la République Amadou Toumani TOURE avait été loué par ces institutions de Breton Wood avant d’être balayé en 2012 ; Ibrahim Boubacar KEITA connait le même scénario en cette année 2020. En réalité, les félicitations du FMI et de la BM sont inversement proportionnelles au mécontentement du peuple populaires.

Ce qui intéresse le FMI et la BM, c’est que le pays concerné paie sa dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
à ses créanciers internationaux. Un « bon élève » est celui qui s’acquitte de cette obligation, quel que soit le coût social induit. Les démantèlements de nos systèmes d’éducation, de santé, de transport, de sport et de culture ; les thérapies de choc subies par l’agriculture, la pêche et la fonction publique ; les privatisations prédatrices des années 80 sont les résultats directs des Plans d’ajustement structurel Ajustement structurel Les Plans d’ajustement structurel ont été imposés par les IFI en contrepartie de l’octroi de nouveaux prêts ou de l’échelonnement d’anciens prêts, projets financés par la Banque mondiale, conditionnalités du FMI, etc.
Les Plans d’austérité, appliqués depuis aux pays endettés du Nord, sont des copiés/collés des Plans d’ajustement structurel subits par les pays du Sud depuis 30 ans.
(PAS) du FMI mis en œuvre par les différents chefs d’États malien. Les résultats sont toujours les mêmes, partout dans le monde : augmentation des inégalités et de la pauvreté et perte de souveraineté du pays.

Aucun pays « bon élève » du FMI et de la BM n’a jamais véritablement réussi à améliorer les indicateurs de développement humain de sa population. La priorité va au remboursement régulier de la dette au profit des grands banquiers et des pays créanciers. Le Mali consacre 470 milliards CFA tous les ans au paiement de la dette alors qu’aucun ministère n’a un budget équivalent. Nous empruntons plus de 30 milliards tous les mois alors que nous payons plus de 39 milliards pour le service de cette dette sur un encours au 31 décembre 2019, de 3 768 528 000 000 francs (trois mille milliards sept cent soixante-huit millions cinq cent vingt-huit mille francs CFA). Quand le FMI et la BM félicite un gouvernement c’est qu’ils appliquent des mesures impopulaires. C’est l’illustration parfaite de la situation qui sévit au Mali. Le Président de la République du Mali Ibrahim Boubacar KEITA, son Premier Ministre et Ministre de l’Économie et des Finances à la fois, ont été félicités à maintes reprises par le FMI et la BM. Et au même moment, leur gestion est décriée par le peuple malien tout entier.

Cela a provoqué une vaste mobilisation populaire, connu sous le nom de Mouvement du 05 juin 2020 (M5/RFP), qui a exigé la démission du Président de la République et de tout son régime. C’est un mouvement qui est composé de personnalités et de citoyens-nes de différentes origines, des mouvements sociaux dont des syndicats, ainsi que des organisations politiques.

Le peuple se révolte car il est pris en otage par une minorité au pouvoir qui est en train de le tromper, le maltraiter voire de le priver de tous ses droits fondamentaux tels que la santé, l’éducation, la sécurité, la bonne justice, le bien-être socioéconomique ainsi que la paix.

Le CADTM Afrique et le réseau mondial du CADTM condamnent la répression exercée par le régime et apporte son soutien total à la résistance du peuple.

Le CADTM Afrique et le réseau mondial du CADTM soutiennent les demandes suivantes :

  • Le Mali devrait procéder à un audit de sa dette dès que possible, avec la participation des citoyens et des citoyennes, afin de répudier les dettes illégitimes, illégales et/ou odieuses.
  • L’arrêt immédiat des assassinats ciblés de manifestants (on dénombre plusieurs morts).
  • L’arrêt immédiat des interpellations irrégulières, des enlèvements de dirigeants du M5/RFP dont plusieurs se trouvent en prison voire même portés disparus ou entrés dans la clandestinité.
  • L’arrêt immédiat de l’instrumentalisation des éléments de la Police Politique du régime pour opérer des destructions de biens publics et privés (comme à l’Office de la Radio et Télévision du Mali et ailleurs) afin de discréditer la lutte pacifique du M5/RFP.

Le CADTM Afrique et le réseau mondial du CADTM :

  • rendent hommage au courage et à la détermination de la jeunesse qui paye un lourd tribut à la répression et qui refuse désormais de confier son avenir à un régime corrompu et sans avenir
  • dénoncent devant l’opinion publique nationale et internationale les dérives répressives du régime d’Ibrahim Boubacar Keita dont ils exigent le départ pur et simple.


Le CADTM Afrique et le réseau mondial du CADTM, le 15 juillet 2020




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