Pérou

Solidarité internationale avec la population de Cajamarca

Communiqué unitaire

2 février 2014 par Collectif


Une campagne médiatique a été lancée dernièrement au Pérou contre le mouvement de solidarité internationale avec la population de Cajamarca (Andes Nord du Pérou), en lutte pacifique depuis trois ans, pour la défense de l’eau et de l’environnement, contre le méga projet minier « Conga » de l’entreprise Yanacocha (multinationale Newmont-Buenvaventura-Banque mondiale).

Ce projet d’exploitation minière à ciel ouvert détruira cinq lacs de haute montagne, 700 sources d’eau et 260 has de prairies humides. Il constitue une menace directe pour la santé et la vie des habitants ainsi que pour l’environnement de cette importante région agricole péruvienne et contaminera tout le réseau hydrographique en aval avec un impact sur des milliers de personnes.

Depuis trois ans, les populations concernées résistent de manière pacifique. La réponse des autorités a été la répression : en juillet 2012, cinq personnes furent tuées et une cinquantaine furent blessées par balles. L’indignation provoquée par cette vague de violence avait alors soulevé l’ensemble de la population de cette région des Andes et suscité la solidarité nationale et internationale.

Le méga projet « Conga » fut officiellement suspendu en août 2012.

Aujourd’hui, toutes les associations démocratiques, organisations sociales, syndicats et personnalités étrangères qui manifestèrent leur indignation et leur solidarité avec Cajamarca, et dont les objectifs humanitaires ne peuvent être mis en doute, sont l’objet d’une campagne de dénigrement lancée dans la presse péruvienne. Lancée par un consultant au service des entreprises minières, cette campagne s’attaque à des organisations et personnalités connues pour leur engagement en faveur de la défense de la démocratie, des Droits de l’homme, des droits environnementaux, du droit à l’eau reconnu partie intégrante des droits humains au niveau international depuis la résolution de l’Assemblée générale de l’ONU du 28 juillet 2010 et du droit à consultation préalable, reconnu par la convention 169 de l’OIT OIT
Organisation internationale du travail
Créée en 1919 par le traité de Versailles, l’Organisation internationale du travail (OIT, siège à Genève) est devenue, en 1946, la première institution spécialisée des Nations unies. L’OIT réunit les représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs, dans le but de recommander des normes internationales minimales et de rédiger des conventions internationales touchant le domaine du travail. L’OIT comprend une conférence générale annuelle, un conseil d’administration composé de 56 membres (28 représentants des gouvernements, 14 des employeurs et 14 des travailleurs) et le Bureau international du travail (BIT) qui assure le secrétariat de la conférence et du conseil. Le pouvoir du BIT (Bureau International du Travail) est très limité : il consiste à publier un rapport annuel et regroupe surtout des économistes et des statisticiens. Leurs rapports défendent depuis quelques années l’idée que le chômage provient d’un manque de croissance (de 5% dans les années 60 a 2% aujourd’hui), lui-même suscité par une baisse de la demande. Son remède est celui d’un consensus mondial sur un modèle vertueux de croissance économique, ainsi que sur des réflexions stratégiques au niveau national (du type hollandais par exemple). L’OIT affirme qu’il est naïf d’expliquer le chômage par le manque de flexibilité et que les changements technologiques n’impliquent pas une adaptation automatiquement par le bas en matière de salaires et de protection sociale.
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Cette campagne vise également à discréditer tous ceux qui, au Pérou, se sont opposés au projet minier « Conga » et qui continuent à défendre les droits de la population. Elle met en danger des personnes accusées de recevoir des soutiens de l’étranger et de s’opposer au développement du Pérou.

Nous avons des raisons pour exprimer notre préoccupation au moment où la loi N° 30151 vient d’être adoptée garantissant l’impunité des forces policières et de l’armée en cas d’abus et de violences et violant ouvertement les conventions internationales et où d’importants contingents de police sont installés dans les trois villes de la région de Cajamarca (Celendín, Cajamarca et Bambamarca).

Nous constatons également avec inquiétude la déclaration d’impunité et l’abandon des recherches pour établir la responsabilité de l’assassinat des cinq victimes des manifestations de juillet 2012 par le tribunal de Chiclayo.

Nous dénonçons par conséquent cette campagne médiatique et exigeons du groupe de presse El Comercio notre droit élémentaire de réponse.
Nous demandons au gouvernement péruvien de désavouer cette campagne diffamatoire contre des organisations et des personnalités politiques reconnues pour leur défense des droits démocratiques en France, en Europe, au Pérou et dans le monde entier.

Nous alertons toutes les organisations de défense des droits humains au niveau national et international, appelons à la plus grande vigilance et réaffirmons solennellement et fermement notre solidarité avec les populations de Cajamarca, les membres des rondes paysannes et les dirigeants sociaux et politiques péruviens directement menacés.

Nous appelons toutes les organisations sociales et démocratiques défendant les droits humains et environnementaux à renouveler leur solidarité en signant ce communiqué unitaire et à rejoindre la coordination que nous constituons en France et en Europe

A Paris le 31 janvier 2014

Premiers signataires France :

Europe :

  • Association de péruviens en Suède
  • Comité Celendin Hambourg
  • Forum de péruviens à l’extérieur-Italie

La Marche nationale de l’eau, partie de Cajamarca le 1er février 2012 vers Lima.
http://fr.globalvoicesonline.org/2012/02/10/97736/




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