Sommet de l’OMC : Le gouvernement argentin veut expulser la société civile

Communiqué de presse d’Attac France

11 décembre 2017 par Attac France


Suite à la décision du gouvernement argentin d’empêcher la participation de 26 organisations de la société civile internationale au sommet de l’OMC OMC
Organisation mondiale du commerce
Née le 1er janvier 1995, elle remplace le forum permanent de négociation qu’était l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) où les États avaient seulement le statut de « parties contractuelles ». Un des objectifs de l’OMC est le démantèlement, lorsqu’ils existent encore, des monopoles nationaux constitués en vertu d’une décision publique. C’est déjà le cas pour les télécommunications dont la décision a été prise dans le cadre de l’OMC en février 97. Mais il en reste d’autres comme les chemins de fer qui attirent la convoitise des grands groupes financiers.

Un autre objectif est la libéralisation totale des investissements. L’instrument utilisé a été le projet d’Accord multilatéral sur l’investissement (AMI). L’AMI dont l’élaboration avait été décidée lors de la réunion ministérielle de l’OCDE de mai 1995, vise l’ensemble des investissements : directs (industrie, services, ressources naturelles) et de portefeuille. Il prévoit des dispositifs de protection, notamment pour le rapatriement total des bénéfices. L’AMI a été comme tel abandonné en 1997 mais est réapparu sous la forme d’une multitude d’Accords bilatéraux sur l’investissement, ce sont les nouveaux « habits » de l’AMI.

L’OMC fonctionne selon le mode « un pays - une voix » mais les délégués des pays du Sud ne font pas le poids face aux tonnes de documents à étudier, à l’armée de fonctionnaires, avocats, etc. des pays du Nord. Les décisions se prennent entre puissants dans les « green rooms ». Toutefois, dans la lancée de l’épisode de Seattle en novembre 1999, la conférence de Cancun (Mexique) en septembre 2003 a été marquée par la résistance d’un groupe de 22 pays émergents du Sud, qui se sont alliés en la circonstance pour mener la conférence à l’échec, face à l’intransigeance des pays du Nord.
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qui ouvre ses portes le 11 décembre à Buenos Aires , plusieurs personnes ont été expulsées ces derniers jours, au mépris des règles minimales du droit des personnes, comme s’en inquiètent l’ONU et l’Union européenne.

Nous exprimons notre pleine solidarité avec toutes celles et tous ceux qui ont été banni·e·s du territoire argentin. Après avoir bloqué une représentante d’Attac France accréditée comme observatrice à l’OMC - finalement autorisée à rentrer suite à l’intervention de l’ambassade de France - notre ami d’Attac Norvège, Petter Slaatrem Titland, a été expulsé via le Brésil, malgré les interventions des autorités norvégiennes, qui demandent des excuses au gouvernement argentin.

Les arguments de « sécurité » mis en avant par le gouvernement argentin s’accordent avec sa politique intérieure de criminalisation des mouvements sociaux. En témoignent l’accusation de « terrorisme » pour l’association Attac, diffusée dans les media argentins. Si nous ne pouvons pas attendre des excuses du gouvernement argentin, nous exprimons tous nos remerciements aux organisations argentines et internationales qui ont mis en place un dispositif juridique d’urgence et ont eu le souci du respect du droit.

Nous demandons que tous les membres de la société civile qui se rendent à Buenos Aires à l’occasion de la réunion interministérielle de l’OMC puissent entrer sur le territoire argentin.

Attac France
Paris et Buenos Aires, 9 décembre 2017

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Source : Attac France