Soutien aux deux faucheurs de chaises marseillais convoqués devant le tribunal

28 janvier par Attac France

Crédit photo : Creative Commons NK1 fokus21.org

Ce vendredi 15 janvier au matin, des policiers sont venus chercher à leurs domiciles Antoine Richard, militant d’Attac Marseille, et Matthieu Laurentin, président d’Attac Marseille, pour les placer en garde à vue. Ils ont été entendus dans le cadre de l’enquête menée suite aux deux actions Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
de réquisition citoyenne qui ont eu lieu dans des agences BNP Paribas de Marseille en octobre et novembre dernier. Ils ont été libérés vendredi en fin d’après midi et vont être convoqués au tribunal suite à la plainte de la banque. Une soixantaine de personnes étaient présentes pour les soutenir à leur sortie du commissariat.

Le Conseil d’administration d’Attac France apporte son soutien total à ces deux faucheurs de chaises et revendique la légitimité de ces actions face à des banques qui organisent l’évasion fiscale, sont implantées dans les paradis fiscaux Paradis fiscaux
Paradis fiscal
Territoire caractérisé par les cinq critères (non cumulatifs) suivants :
(a) l’opacité (via le secret bancaire ou un autre mécanisme comme les trusts) ;
(b) une fiscalité très basse, voire une imposition nulle pour les non-résidents ;
(c) des facilités législatives permettant de créer des sociétés écrans, sans aucune obligation pour les non-résidents d’avoir une activité réelle sur le territoire ;
(d) l’absence de coopération avec les administrations fiscales, douanières et/ou judiciaires des autres pays ;
(e) la faiblesse ou l’absence de régulation financière.

La Suisse, la City de Londres et le Luxembourg accueillent la majorité des capitaux placés dans les paradis fiscaux. Il y a bien sûr également les Iles Caïmans, les Iles anglo-normandes, Hong-Kong, et d’autres lieux exotiques. Les détenteurs de fortunes qui veulent échapper au fisc ou ceux qui veulent blanchir des capitaux qui proviennent d’activités criminelles sont directement aidés par les banques qui font « passer » les capitaux par une succession de paradis fiscaux. Les capitaux généralement sont d’abord placés en Suisse, à la City de Londres ou au Luxembourg, transitent ensuite par d’autres paradis fiscaux encore plus opaques afin de compliquer la tâche des autorités qui voudraient suivre leurs traces et finissent par réapparaître la plupart du temps à Genève, Zurich, Berne, Londres ou Luxembourg, d’où ils peuvent se rendre si nécessaires vers d’autres destinations.
et qui financent des projets contribuant au réchauffement climatique en toute impunité.

Rappelons que la banque qui a porté plainte fait l’objet de poursuites collectives (class action) devant la justice américaine par 68 plaignants qui lui demandent 2,4 milliards de dollars de dommages et intérêts pour avoir facilité, en violant l’embargo américain, le financement du terrorisme au Soudan.

Attac dénonce la multiplication des mesures liberticides favorisées par l’état d’urgence, et qui frappent en particulier les citoyennes et citoyens menant des actions de désobéissance civique.


Voir en ligne : Attac France