Terrorisme environnemental

30 juin par Maria Lucia Fattorelli

Photo by ValK. du collectif Bon Pied Bon Oeil

Le dictionnaire Houaiss de la Langue portugaise définit ainsi le terrorisme : « manière d’imposer sa volonté par l’usage systématique de la terreur ».

La volonté de faire un maximum de profits dans l’exploitation minière à grande échelle au Brésil – rapidement, sans contrôle et en saccageant tout, pour extraire de la Terre le plus de minerais possibles dans les plus brefs délais et au moindre coût- a été imposée systématiquement par la terreur aux populations comme à la nature.

Les seuls bénéficiaires de ce terrorisme sont les patrons des grandes entreprises minières nationales et étrangères qui opèrent au Brésil. Non seulement la vente des minerais leur a permis de faire des millions de bénéfices, mais ils ont utilisé l’eau à volonté et on leur a accordé en prime différents privilèges fiscaux tels que des incitations fiscales à l’exportation, des exonérations sur la distribution des dividendes ou sur le transfert des bénéfices à l’étranger.

Les victimes de ce terrorisme sont :
– toutes les populations lésées dans leur droit à la vie, à la liberté, à la sécurité et à la propriété,
– la Nature, qui a été saccagée sans la moindre considération et a reçu de surcroît des tonnes de déchets contaminés. La Dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
écologique
contractée ainsi est incalculable.

La Constitution fédérale considère, dans son article 5, alinéa XLIII, que toutes les personnes jouissent de la garantie de l’inviolabilité de leur droit à la vie, à la liberté, à la sécurité et à la propriété et la loi considère comme délits non susceptibles d’amnistie la pratique de la torture, le trafic illégal de narcotiques et drogues assimilées, le terrorisme et les délits qualifiés de crimes atroces commis par leurs instigateurs, leurs exécutants et par ceux qui les ont laissés faire alors qu’ils pouvaient empêcher qu’ils soient commis.
La question environnementale, de par son importance fondamentale, est protégée par le chapitre VI de notre Constitution fédérale :

  • CHAPITRE VI De l’environnement
  • Art. 225. Toutes les personnes ont droit à un environnement écologiquement équilibré, bien d’usage commun du peuple, essentiel à une qualité de vie saine, ce qui met les Pouvoirs publics et la communauté dans l’obligation de le défendre et le préserver pour les générations présentes et futures.

Il s’agit donc d’un droit qui supplante tous les autres domaines : le droit à un environnement écologiquement équilibré est non seulement un droit individuel et collectif, mais c’est aussi un droit transgénérationnel qui concerne aussi les générations futures.

Les paragraphes et alinéas de l’article 225 déjà cité exigent de l’État une action énergique, lui imposent des devoirs, comme celui de la réparation des dommages induits par des activités et comportements préjudiciables à l’environnement, et introduisent la notion de culpabilité dans le paragraphe 3 et les dispositions de la Loi 6938 sur la politique nationale environnementale.

Les violations du droit à la vie, à la liberté, à l’égalité, la sécurité et à la propriété des biens des victimes de la récente tragédie survenue au Minais Gerais sont particulièrement brutales. Il s’agit là d’une véritable destruction de l’environnement et de la population de plusieurs villes, provoquée par une soif inextinguible de profit, tiré de l’exploitation prédatrice et imprudente du minerai de fer.

Il s’agit là d’une véritable destruction de l’environnement et de la population de plusieurs villes, provoquée par une soif inextinguible de profit

De telles atteintes existent dans bien d’autres domaines liés à ce type d’exploitation minière prédatrice au Brésil, le pays le plus riche en ressources naturelles de toute la planète. Cet article a pour objectif de montrer l’existence du terrorisme environnemental à partir de trois exemples d’extraction des minerais de fer, de niobium et d’or et veut souligner la nécessité d´étudier davantage les questions relatives à la « dette écologique », en tenant compte tout particulièrement du vote imminent du nouveau Code minier au Parlement national. Il est nécessaire d’exiger des réparations pour les dommages occasionnés jusqu’à aujourd’hui et de modifier le cap.


Les mines de fer

Des tonnes de déchets miniers ont été déversées dans le Minas Gerais, suite à la rupture de deux barrages de l’entreprise SAMARCO à Mariana, faisant des dizaines de victimes humaines, y compris des jeunes et d’innocents petits enfants.

Le district de Bento Rodrigues a été enseveli ; des dizaines d’autres communes des États de Minas Gerais et Espírito Santo ont été affectées se retrouvant privées d’eau, ce qui a mis en difficulté toute une série d’entreprises et d’activités professionnelles et a eu un impact direct sur la vie de millions de personnes ; le Rio Doce a été totalement pollué, les poissons ont été exterminés, sans parler de la disparition prévisible de nombreuses espèces, lors de l’arrivée de la pollution jusqu’à l’Océan Atlantique ...

Ce sont là d’évidentes violations du droit à la vie, à la liberté, à la sécurité et aux biens des victimes, terrorisées également par la pollution et les destructions qui se sont brusquement abattues sur eux.

Que valent les vies des personnes, des poissons et des animaux ? Que vaut le Rio Doce ? Quelle est la valeur des dégâts causés par le manque d’eau et des impacts sur tant d’activités ? Il faut le calculer et faire payer leur dette écologique à ces gens qui ne raisonnent qu’en termes de valeur des choses avec un prix en espèces sonnantes et trébuchantes. Des photos satellites prises avant et après la catastrophe, donnent une vue de l’immense désastre environnemental provoqué par la SAMARCO, propriété de Vale et de la société anglo-australienne BHP Billiton. Pour la seule année 2014, le montant des ventes brutes facturées, donné par l’entreprise, s’est élevé à 7,6 milliards de réaux !

Ces photos montrent comment la plupart des maisons de Bento Rodrigues ont été ensevelies. En outre, la boue a continué à polluer les eaux de ce qui était jusque là le beau et riche Rio Doce.

La présence de particules de métaux lourds comme le plomb, l’aluminium, le fer, le baryum, le cuivre, le bore et même le mercure a été attestée par des analyses demandées par le Service Autonome des Canalisations et des Egoûts du Bajo Guandu. Toutes les espèces vivantes du Rio Doce ont été décimées ! Des photos prises par Elvira Nascimento montrent la situation du Rio Doce et l’ampleur de la catastrophe environnementale.

Nous ne pouvons accepter comme excuse qu’il ne s’agirait que d’un simple accident. Il est évident qu’il y a eu des négligences, au vu de l’énorme quantité de déchets accumulés, capables d’ensevelir la commune et de provoquer des inondations dans des dizaines d’autres, d’emporter un fleuve tout entier, décimant toutes les espèces vivantes et de traverser deux États pour arriver à l’océan qui sera lui aussi affecté. Et il y a encore une autre menace car un autre barrage encore plus grand risque lui aussi de céder.


Le Niobium

La ville thermale d’Araxá – célèbre pour les propriétés curatives de ses eaux- est le théâtre d’un autre scandale lié à l’exploitation minière dans le Minas Gerais qui doit aussi être considéré comme du terrorisme environnemental : c’est l’exploitation du niobium par l’entreprise CMMB. Un rapport, établi en juillet 2015 sur la base de la Note technique nº 1 de la Fundación del Estadual del Medio Ambiente - FEAM (Fondation Etatique de l’environnement) et de l’Instituto de Minería de Gestión del Agua (Institut Minier de Gestion de l’Eau) dénonce la pollution des eaux de la région.

La pollution provoquée par l’entreprise CMMB à Araxá menace la population et le tourisme. La note technique indique que la concentration en métaux lourds est six fois supérieure à celle qui est autorisée et que la cause de cette pollution de l’eau en est l’exploitation du niobium par la Compañía Brasileña de Metalurgia y Minería – CBMM (Compagnie brésilienne de métallurgie et des mines), qui ne respecte pas les normes et la législation en vigueur.

Elle pointe de surcroît une série d’inexactitudes dans les rapports et dans les cartes de la CBMM ; des contrôles inadéquats et insuffisants ; des retards dans l’exécution des demandes de la FEAM et surtout le non-respect des normes exigées par l’Associação Brasileira de Normas Técnicas ABNT (Association brésilienne de normalisation technique).

Selon le rapport, la pollution affecte les eaux souterraines et superficielles, ainsi que le sol et le sous-sol et les études montrent de très forts taux de pollution dus non seulement au baryum mais aussi à d’autres métaux présents à forte dose et dangereux pour la consommation humaine comme le chrome, le plomb, le vanadium et l’uranium qui apparaissent à de très hauts niveaux dans certains échantillons.

Le niobium est un minerai de très grande valeur, rare, stratégique, permettant des alliages spéciaux très résistants aux fortes températures, indispensable pour les avions, les satellites, les fusées, différents types de matériel médical et autres usages particuliers, comme pour l’industriel nucléaire, par exemple.

Le Canada ne dispose que de 2 % des réserves de niobium du monde. Il garantit des services publics de santé et d’éducation de très grande qualité à sa population. Le Brésil en détient 98 % ! Mais il l’exploite mal. La société CMMB du Minas Gerais, en particulier, pollue l’environnement et le commercialise de façon totalement opaque. La population ne profite pas des bénéfices de cette immense richesse, mais c’est elle qui subit et assume les dégâts environnementaux qui ont de graves conséquences sur la vie des personnes affectées qui souffrent de nombreuses maladies, dues essentiellement à l’eau contaminée par la CMMB.


L’or

On pourrait remplir des livres avec l’histoire des crimes environnementaux et des dommages matériels, humains, écologiques, etc., liés à l’exploitation de l’or au Brésil. Nous ne mentionnerons ici que le cas récent de Volta Grande, où se construit le barrage de Belo Monte.

Nous ne pouvons accepter comme excuse qu’il ne s’agirait que de simples accidents. Il est évident qu’il y a des négligences graves.

Les photos ci-dessous font partie de la série « La dévastation du Xingu par l’image » et mettent en évidence la violation du droit à la vie, à la liberté, à la sécurité et aux biens des personnes affectées par la construction de la centrale. On y voit l’une des îles du Xingu déforestée et brûlée pour permettre l’élargissement et le remplissage de la retenue de Belo Monte, et l’un des trous artificiels d’où l’on a arraché toute la végétation et une grande partie des minerais.

Plusieurs populations indigènes ont été sévèrement affectées par ce que l’on ne peut qu’appeler un véritable terrorisme. De puissantes mobilisations ne sont pas parvenues à stopper les grands intérêts impliqués dans la construction de la centrale. Le Ministère public a tenté à plusieurs reprises de paralyser l’ouvrage, mais le travail continue, de façon accélérée. Le choix du lieu ne convient pas à la construction de l’usine, où il a fallu faire d’énormes excavations, mais il semble que ce soit un endroit stratégique pour l’entreprise minière étrangère, d’après ce qu’il ressort de sa page web : www.belosun.com.


La dette écologique

Le concept de dette écologique est peu connu au Brésil et ce n’est pas par hasard. Luiz Henrique Lima a publié une importante contribution où il montre de façon très claire l’existence d’une dette écologique, même si elle n’a pas encore été calculée et quantifiée, comme indiqué dans le passage suivant. L’une des auteurs, May (1995) aborde rapidement le sujet : « […] il doit y avoir un fonds pour une « dette environnementale » destiné aux nations dont les ressources ont été pillées pendant les cinq derniers siècles pour satisfaire les demandes insatiables du Nord ».

Tout l’appareil théorique de l’économie de l’environnement, de l’économie écologique et de la comptabilité environnementale mène à la reconnaissance de l’existence de la dette écologique. On pourra discuter de son ampleur et des méthodes de calcul et de récupération, mais non de son existence.

Dans son Encyclique récente et courageuse « Laudato Si », le Pape François mentionne explicitement la « Dette écologique » engendrée par la destruction croissante de l’environnement et il lie un tel péché au modèle économique qui idolâtre le Dieu marché avec sa logique d’accumulation sans scrupules, quel qu’en soit le prix humain ou écologique. Les inégalités n’affectent pas seulement les individus mais aussi des pays entiers et obligent à penser à une éthique des relations internationales. De fait, il existe une véritable « dette écologique » en particulier entre le Nord et le Sud, liée aux déséquilibres commerciaux et à une utilisation disproportionnée, à l’échelle historique, des ressources naturelles par quelques pays. Les exportations de certaines matières premières pour satisfaire les marchés du Nord industrialisé ont causé des dégâts localisés, comme par exemple la pollution par le mercure dans les mines d’or ou par le dioxyde de soufre dans celles de cuivre.

Les pays en voie de développement continuent à alimenter le progrès des pays les plus riches au détriment de leur présent et de leur futur

Le Pape François fait le lien entre la « dette écologique » et la dette financière, qui, dans le cas du Brésil, n’a jamais été auditée et fonctionne selon le schéma que nous appelons le Système dette. La dette extérieure des pays pauvres est devenue un instrument de contrôle, mais ce n’est pas le cas avec la dette écologique. Par bien des aspects, les pays en voie de développement, où sont situées les réserves de la biosphère les plus importantes, continuent à alimenter le progrès des pays les plus riches au détriment de leur présent et de leur futur. Le Pape François parle de la nature comme de « Notre maison » et dédie des chapitres spécifiques de sa Lettre aux problèmes de pollution et de changement climatique, à l’eau, à la perte de la biodiversité, à la détérioration de la qualité de la vie humaine et à la dégradation de la situation sociale, aux inégalités globales, l’ensemble de ces thèmes étant reliés.

L’environnement humain et l’environnement naturel se dégradent ensemble ; et l’on ne peut aborder correctement la question de la détérioration environnementale si l’on ne prête pas attention aux causes liées à la détérioration humaine et sociale. De fait, la détérioration de l’environnement et de la société affecte, en particulier, les plus vulnérables de la planète : « Tant l’expérience commune de la vie ordinaire que l’investigation scientifique démontrent que ce sont les pauvres qui souffrent davantage des plus graves effets de toutes les agressions environnementales » |1|.

Le Brésil est le pays de la planète qui possède le plus de réserves naturelles, comme le souligne Luiz Henrique Lima :

Dans une étude réalisée pour le Fonds pour l’Environnement Mondial (UNEP), Rodenburg, Tunstall et Van Bolhuis (1995) ont construit des indicateurs environnementaux globaux. Parmi eux, l’Indicateur de Capital Naturel - ICN, qui s’intéresse aux zones naturelles restantes et à la biodiversité. L’ICN, grosso modo, peut être considéré comme une approche de la dimension mais non de la valeur des services et des fonctions des écosystèmes à l’intérieur des frontières nationales. L’étude de l’UNEP présente le Brésil comme le pays du monde qui dispose du plus grand stock de capital naturel.

Au vu des dommages séculaires infligés à notre pays, riche et appauvri à la fois, il est urgent d’approfondir les études sur la Dette écologique afin de quantifier et revendiquer les dommages et préjudices résultant de l’exploitation de l’environnement, et au-delà de corriger le tir, dès à présent, afin d’éviter des dommages écologiques et humains qui ne font que satisfaire des désirs et des intérêts sans scrupules qui hypothèquent l’avenir de l’humanité.

Ce débat est urgent : un nouveau « Code minier » est sur le point d’être présenté au Congrès national, qui place les intérêts des entreprises minières avant tout autre intérêt écologique ou humain. Le projet en discussion ne mentionne aucune responsabilité pour les dommages causés par les activités minières à l’eau et au sol. Il y est affirmé que les entreprises minières « utilisent l’eau dont elles ont besoin pour leurs opérations de concession » et que toute activité susceptible d’interrompre les opérations des mines à grande échelle est interdite.

Ce sont des parlementaires dont les campagnes ont été financées par les grandes entreprises minières, qui sont à la tête de ce véritable scandale, comme le montre l’important rapport intitulé « Qui est qui dans les débats sur le nouveau Code minier ». Non seulement ce projet révèle un mépris total des dispositions du chapitre VI de la Constitution fédérale, mais il va totalement à l’opposé des principes éthiques de préservation et respect de l’environnement, énoncés par le Pape François, ainsi que des aspirations de la société civile nationale et internationale qui exige que « les entreprises multinationales paient le juste prix » pour tout ce qu’elles extraient de nos terres.


Conclusion

Les violations du droit à un environnement équilibré, et du droit à la vie, à la liberté, à l’égalité, à la sécurité et aux biens des victimes de la récente tragédie du Minas Gerais, des habitants de la région de Araxá et de la région du Xingu et de leurs descendants, sont récurrentes et brutales. Elles sont la conséquence de la soif d’un profit illimité qui prévaut dans les exploitations minières de fer, niobium et or, respectivement. Ce ne sont là que trois exemples de terrorisme environnemental, cause de dommages incommensurables sur les personnes et l’environnement, tandis que les patrons des grandes entreprises minières nationales et étrangères opérant au Brésil gagnent des milliards chaque année et ne paient pratiquement pas d’impôt sur leurs profits indécents.

Le dernier crime environnemental commis au Minas Gerais montre l’urgence d’une enquête sur les activités minières au Brésil. Le minerai ne se renouvelle pas, il ne produit pas deux récoltes.

Les organes de contrôle environnemental du pays sont en voie de démantèlement. Ainsi, l’IBAMA, a connu des coupes budgétaires successives et a dû recourir à des ventes d’immeubles et à des prêts internationaux de la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 184 membres en 2003) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRETS ACCORDES PAR LA BM :
1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site : http://www.banquemondiale.org
et de la BID, comme cela a été rapporté en mai dernier. Le DNPM connait aussi des coupes budgétaires. Elles ont été justifiées par la nécessité d’économiser afin de pouvoir payer les intérêts de la dette publique, qui n’a jamais été auditée et sur laquelle pèsent différents indices d’illégalité et d’illégitimíté, documentés par la CPI de la dette publique de la Chambre des députés.

Il est nécessaire de faire payer la terrible dette écologique que ces pratiques prédatrices de l’exploitation minière ont engendrée. Le dernier crime environnemental commis au Minas Gerais montre l’urgence d’une enquête sur les activités minières au Brésil. Le minerai ne se renouvelle pas, nous le savons tous, il ne produit pas de récoltes. Il est urgent de faire avancer le débat sur le terrorisme environnemental, les études sur la dette écologique et sa quantification pour remédier ainsi aux dégâts provoqués et changer rapidement le cap actuel.


Traduit par Lucile Daumas à partir du texte original en portugais et de la traduction espagnole de Maria Elena Saludas.


Cet article est extrait du magazine du CADTM : Les Autres Voix de la Planète


Notes

|1| Encyclique. Op. Cit.

Auteur.e

Maria Lucia Fattorelli

CADTM Brésil et coordinatrice nationale de l’audit citoyen de la dette du Brésil. Membre de la Commission pour la vérité sur la dette grecque. A participé aussi à l’audit de la dette de l’Équateur en 2008.


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