13 janvier

Liège, Belgique

Traité transatlantique, victoire des multinationales, défaite des peuples

Conférence-débat

13 janvier 2016, à 19h

Salle Wittert, Université de Liège, 7 Place du 20 août à Liège

Avec Raoul-Marc Jennar (politologue, militant écosocialiste et internationaliste) Animateur : Olivier le Bussy (journaliste à LLB)

Dans l’esprit des philosophes des Lumières et des conquêtes démocratiques qui vont de 1789 à la Déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948, s’est peu à peu mis en place, dans la partie occidentale de l’Europe, un modèle de société. Un modèle, certes inachevé, mais qui a connu de grandes avancées tendant vers la réalisation de l’accès pour tous à la santé, à l’éducation, à la culture, au logement, à l’eau, à l’énergie, aux transports, au travail.

Depuis une trentaine d’années, des accords, négociés par les gouvernements successifs, tant au niveau européen qu’au niveau mondial, ont entrepris de remettre en cause ces avancées. Les traités européens, les accords de l’OMC OMC
Organisation mondiale du commerce
Née le 1er janvier 1995, elle remplace le forum permanent de négociation qu’était l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) où les États avaient seulement le statut de « parties contractuelles ». Un des objectifs de l’OMC est le démantèlement, lorsqu’ils existent encore, des monopoles nationaux constitués en vertu d’une décision publique. C’est déjà le cas pour les télécommunications dont la décision a été prise dans le cadre de l’OMC en février 97. Mais il en reste d’autres comme les chemins de fer qui attirent la convoitise des grands groupes financiers.

Un autre objectif est la libéralisation totale des investissements. L’instrument utilisé a été le projet d’Accord multilatéral sur l’investissement (AMI). L’AMI dont l’élaboration avait été décidée lors de la réunion ministérielle de l’OCDE de mai 1995, vise l’ensemble des investissements : directs (industrie, services, ressources naturelles) et de portefeuille. Il prévoit des dispositifs de protection, notamment pour le rapatriement total des bénéfices. L’AMI a été comme tel abandonné en 1997 mais est réapparu sous la forme d’une multitude d’Accords bilatéraux sur l’investissement, ce sont les nouveaux « habits » de l’AMI.

L’OMC fonctionne selon le mode « un pays - une voix » mais les délégués des pays du Sud ne font pas le poids face aux tonnes de documents à étudier, à l’armée de fonctionnaires, avocats, etc. des pays du Nord. Les décisions se prennent entre puissants dans les « green rooms ». Toutefois, dans la lancée de l’épisode de Seattle en novembre 1999, la conférence de Cancun (Mexique) en septembre 2003 a été marquée par la résistance d’un groupe de 22 pays émergents du Sud, qui se sont alliés en la circonstance pour mener la conférence à l’échec, face à l’intransigeance des pays du Nord.
Site : http://www.wto.org/indexfr.htm
, les choix du FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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ont tous eu pour finalité de subordonner les droits fondamentaux des peuples au commerce, à l’économie et à la finance. La concurrence de tous contre tous, érigée en norme de vie en commun, est l’œuvre de tous les décideurs politiques au pouvoir depuis plus de trente ans.

Une ultime étape dans la destruction finale de ce modèle de société est sur le point d’être franchie. Avec le soutien de tous les gouvernements de l’Union européenne, une grande négociation a d’abord été menée avec le Canada. Elle est terminée depuis 2014, mais le texte de l’accord n’a pas encore été ratifié. Ensuite, une autre négociation est menée depuis le 8 juillet 2013 par la Commission européenne avec les USA.

Dans les deux cas, le mandat de négociation est clair : il s’agit de confier la définition des règles au secteur privé en lui donnant la capacité de remettre en cause nos législations et réglementations dans tous les domaines où les firmes privées considéreront que ces normes constituent une entrave à leurs profits : normes salariales, sociales, sanitaires, alimentaires, environnementales,… Que ces normes soient adoptées au niveau national ou régional, elles seront susceptibles d’être attaquées par les firmes privées.

Comme cela fut fait, singulièrement en France, avec le traité constitutionnel européen, chacun doit s’emparer de ces textes et se mobiliser pour exiger le retrait de la Belgique et de ses entités fédérées de tels projets.

Pour le connaître et en débattre, nous avons invité l’essayiste Raoul Marc JENNAR, politologue, militant écosocialiste et internationaliste, auteur de plusieurs ouvrages sur l’Europe et un des animateurs nationaux de la campagne contre le TCE en 2005. Il a publié en mars 2014 « Le grand marché transatlantique. La menace sur les peuples d’Europe » (Cap Bear Editions, Perpignan).

Organisateurs  
FGTB Liège-Huy-Waremme, CSC Liège-Huy-Waremme, FPS, CGSP Wallonne, CNE, CEPAG, PTB Liège, mouvement VEGA, ECOLO-J, Jeunes FGTB Liège-Huy-Waremme, PSL, LCR, Fédération de Liège du PC, mpOC-Liège, CADTM, MOC Liège-Huy-Waremme, Les Amis de la Terre Belgique, ATTAC Liège, Form’Action Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
André Renard, Acteurs des Temps Présents, Barricade, Beau-Mur, les Amis du Monde Diplomatique.


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