Trump dégage, OTAN dégage

24 mai par CADTM Bruxelles

À l’occasion de la venue de Donald Trump à Bruxelles pour une réunion de l’OTAN OTAN
Organisation du traité de l’Atlantique Nord
Elle assure aux Européens la protection militaire des États-Unis en cas d’agression, mais elle offre surtout aux États-Unis la suprématie sur le bloc occidental. Les pays d’Europe occidentale ont accepté d’intégrer leurs forces armées à un système de défense placé sous commandement américain, reconnaissant de ce fait la prépondérance des États-Unis. Fondée en 1949 à Washington et passée au second plan depuis la fin de la guerre froide, l’OTAN comprenait 19 membres en 2002 : la Belgique, le Canada, le Danemark, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l’Islande, l’Italie, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, le Portugal, auxquels se sont ajoutés la Grèce et la Turquie en 1952, la République fédérale d’Allemagne en 1955 (remplacée par l’Allemagne unifiée en 1990), l’Espagne en 1982, la Hongrie, la Pologne et la République tchèque en 1999.
, le groupe local du CADTM Bruxelles a conçu un tract pour mettre en lumière les liens entre dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
et politiques migratoires.

LES PAYS DU NORD ET LES INSTITUTIONS FINANCIÈRES INTERNATIONALES, COUPABLES DU CHAOS MONDIAL

Durant sa campagne et depuis son accession au pouvoir, Trump a multiplié les discours et les mesures racistes ciblant les migrants. Symétriquement, il se dit contre les délocalisations et pour le protectionnisme, mais seulement vis-à-vis de ses rivaux dans la concurrence internationale. Pour les multinationales US, il défend une politique expansionniste des plus agressives.

Et s’il veut construire des murs pour empêcher les migrants d’entrer aux USA, et en chasser les sans-papiers qui y vivent depuis des années... sa politique impérialiste est la cause directe de ces phénomènes !

En accroissant encore le « nouveau désordre mondial », il ne peut qu’accentuer l’asservissement des pays du Sud, et donc pousser des millions de personnes à fuir la guerre et la misère qu’il va semer partout sur la Planète.

LES MIGRATIONS ONT AVANT TOUT DES CAUSES ECONOMIQUES

Ainsi, les migrations internationales d’Afrique vers l’Europe et d’Amérique latine vers les États-Unis ont connu un afflux massif fin des années 1980, après plusieurs années de plans d’ajustement structurel Ajustement structurel Les Plans d’ajustement structurel ont été imposés par les IFI en contrepartie de l’octroi de nouveaux prêts ou de l’échelonnement d’anciens prêts, projets financés par la Banque mondiale, conditionnalités du FMI, etc.
Les Plans d’austérité, appliqués depuis aux pays endettés du Nord, sont des copiés/collés des Plans d’ajustement structurel subits par les pays du Sud depuis 30 ans.
imposés par le FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

Cliquez pour plus.
et la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 189 membres en 2017) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRÊTS ACCORDÉS PAR LA BM :

1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site : http://www.banquemondiale.org
.
A partir de la crise de la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
de 1982, toute une série des pays d’Afrique et d’Amérique Latine se retrouvent dans la spirale infernale de l’endettement. Le FMI et la Banque mondiale proposent alors des prêts aux États endettés, mais uniquement pour qu’ils continuent à rembourser.

Et surtout, en leur imposant en contrepartie des plans d’ajustement structurel destinés à prendre le contrôle de leurs économies. Par ce biais, ils organisent un transfert énorme de la richesse produite dans ces pays vers les banques et les pays du Nord - avec la complicité des classes dirigeantes corrompues du Sud, qui prélèvent leur commission au passage. 

Bien sûr les pays du Sud ont dû également rembourser le FMI et la Banque mondiale. Par le biais des intérêts, la dette des pays en développement a dans les faits déjà été remboursée de nombreuses fois !

L’abaissement des barrières douanières a ouvert la porte à l’invasion dans ces pays de produits agricoles subventionnés par la politique agricole commune européenne (PAC), ou par la politique agricole des États-Unis (poulets congelés des États-Unis, oignons des Pays-Bas…). Ce qui a empêché les petits paysans d’écouler leur production, ruinant l’agriculture des pays africains et latino-américains.

Les privatisations des services publics et la diminution de l’emploi dans ce secteur ont détruit ou empêché la création de millions d’emplois utiles pour les populations, les privant de toute perspective.
Les ravages de ces plans d’ajustement structurel ont incité une bonne part de la jeunesse de ces pays à émigrer pour venir en Europe ou aux États-Unis au péril de leur vie.

L'OTAN  : GENDARME DU CAPITALISME OCCIDENTAL

Certains ont voulu voir dans Trump un « pacifiste », suite à ses critiques de l’OTAN OTAN
Organisation du traité de l’Atlantique Nord
Elle assure aux Européens la protection militaire des États-Unis en cas d’agression, mais elle offre surtout aux États-Unis la suprématie sur le bloc occidental. Les pays d’Europe occidentale ont accepté d’intégrer leurs forces armées à un système de défense placé sous commandement américain, reconnaissant de ce fait la prépondérance des États-Unis. Fondée en 1949 à Washington et passée au second plan depuis la fin de la guerre froide, l’OTAN comprenait 19 membres en 2002 : la Belgique, le Canada, le Danemark, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l’Islande, l’Italie, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, le Portugal, auxquels se sont ajoutés la Grèce et la Turquie en 1952, la République fédérale d’Allemagne en 1955 (remplacée par l’Allemagne unifiée en 1990), l’Espagne en 1982, la Hongrie, la Pologne et la République tchèque en 1999.
. Mais dans les faits, il est un « va-t-en-guerre » au moins aussi dangereux que ses prédécesseurs.
En l’espace de trois mois à peine, il a multiplié les interventions et intimidations militaires : largage en Afghanistan de la plus dévastatrice bombe depuis Hiroshima et Nagasaki, manœuvres navales dirigées contre la Corée du Nord… Loin de vouloir réduire les capacités de l’Otan, son exigence est que les autres États membres de l’Alliance augmentent leur contribution financière.


En Europe aussi, nous avons subi les affres de cette politique cupide et cynique.

Les migrations en provenance des Balkans sont intervenues une décennie plus tard, suite au déclenchement de la guerre civile en ex-Yougoslavie en 1992. Elle-même consécutive aux plans d’ajustement du FMI et de la Banque mondiale, qui ont étranglé la Yougoslavie et poussé les différents États de la confédération à s’affronter, pour tirer leur épingle du jeu au détriment de leurs voisins.

Les pays d’Europe du Nord (l’Allemagne et la France en tête d’une coalition sous la bannière de l’OTAN) sont intervenus militairement pour assurer la poursuite du remboursement de la dette au service des intérêts du Nord, en semant le chaos dans la région.

Par ailleurs, la participation financière de la Belgique à la construction du nouveau bâtiment de l’OTAN à Evere (qui a coûté 1, 1 milliard d’euros en tout) et l’achat ruineux de nouveaux avions de chasse (15 milliards au total, en comptant les pièces de rechange, l’entraînement des pilotes, la mise à jour des logiciels...) contribueront largement à aggraver l’endettement public.

Belgique hors de l’OTAN - OTAN hors de Belgique  

Dette au Sud comme au NORD : Un même mécanisme de domination
Au Nord comme au Sud, le paiement de la dette publique constitue un puissant mécanisme d’extorsion d’une bonne part partie des richesses produites par les peuples, au profit du 1% les plus riches.

POUR QUELLES SOLUTIONS SE BATTRE ?

1) L’annulation de la dette des pays du Sud, l’abandon total des plans d’ajustement structurel qui continuent toujours sous un autre nom.

2) La rétrocession par les pays du Nord des biens mal acquis des dictateurs dans les banques suisses, britanniques, françaises, belges, étasuniennes, etc.

3) L’octroi de réparations pour la colonisation, ainsi que l’abolition des institutions financières internationales actuelles et de l’OTAN et leur remplacement par des institutions démocratiques…
Telles sont quelques-unes des mesures que nous préconisons, pour un monde juste et égalitaire, permettant aux peuples du Sud comme du Nord de vivre décemment.

NON à Trump et sa politique impérialiste, sexiste et raciste !
Non aux murs, non aux dettes illégitimes, Oui à la solidarité internationale !

Le CADTM anime un groupe local à Bruxelles, ouvert à tou-te-s, qui se réunit régulièrement, pour toute personne intéressée :
CADTM Bxl : chiara@cadtm.org,