Un semestre féministe CADTM

16 octobre par CADTM Belgique


Aujourd’hui nous avons encore et toujours besoin du féminisme. Les places et les rues inondées par les femmes* en Espagne, Argentine, Italie, Pologne, Puerto Rico, Belgique nous rappellent que l’émancipation des femmes* est encore un objectif à atteindre.

Nous voulons- en tant que CADTM- apporter notre petite pierre à ce grand édifice des luttes féministes. C’est pourquoi nous avons décidé de consacrer le semestre qui vient à des thématiques féministes (en espérant que cela soit un premier d’une longue série !). La thématique féministe nous tient vraiment à cœur puisque une compréhension complète des mécanismes capitalistes ne peut se faire qu’avec des lunettes d’observation genrées. Aujourd’hui les luttes féministes sont centrales dans le combat contre l’austérité et la dette. Ce n’est pas aux femmes* de payer cette dette puisque, nous le rappelons, elles sont les véritables créancières d’une énorme dette sociale.

Esperanzah (2-3-4 août)

Cette année la thématique du village des possibles à Esperanzah est celle des privilèges. Les privilèges liés à notre condition sociale et politique, liés à notre couleur de peau, notre classe sociale, notre genre, notre identité religieuse ou sexuelle, nos dispositions physiques. Et nous y participons volontiers avec notre super outil pédagogique “La dettingite” (voir en bas) afin de mettre en évidence la condition des femmes et des personnes LGTBQI+ dans la société et l’impact de l’austérité et de la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
sur ces personnes.

Plus d’infos

Université d’été du CADTM Europe (6-7-8 septembre, Wépion)

Notre université d’été de cette année consacrera une part importante à la thématique féministe. Ainsi, une attention particulière a été portée sur le choix des intervenantes ainsi que des plénières qui donnent une place importantes aux luttes, expertises, points de vue et mouvements féministes. Nous avons notamment inclus dans le programme un atelier en non- mixité consacré au sexisme dans les milieux militants, un arpentage du livre « Féminisme pour les 99% » et un atelier sur l’écoféminisme, avec l’universitaire australienne Ariel Salleh.

En soirée, nous accueillerons aussi les Sorties de Chaudron et leur performance Häxan (Reloaded) sur la chasse aux sorcières ainsi que Laure Clerjon pour sa conférence gesticulée Autrices, lutteuses et poétesses remontent en selle ! Ou comment l’expérience de la non mixité nous transforme.

Plus d’infos & inscription

LCD : « Microcrédit : le business de la pauvreté » (23 septembre 2019 à 19h au Cafet’ Collective Kali)

Avec Samia Lakraker (ATTAC-CADTM Maroc) et Yvonne Ngoyi (Union des femmes pour la dignité humaine, membre du CADTM International, République démocratique du Congo). Le microcrédit est largement présenté dans l’opinion publique comme une solution miracle pour sortir des millions d’individus de la pauvreté. Pourtant, dans de nombreux pays du « Sud global », les emprunteuses et emprunteurs s’organisent collectivement contre les abus de ces pratiques financières qui constituent en réalité un piège d’endettement pour des populations déjà précaires. Taux d’intérêt Taux d'intérêt Quand A prête de l’argent à B, B rembourse le montant prêté par A (le capital), mais aussi une somme supplémentaire appelée intérêt, afin que A ait intérêt à effectuer cette opération financière. Le taux d’intérêt plus ou moins élevé sert à déterminer l’importance des intérêts.
Prenons un exemple très simple. Si A emprunte 100 millions de dollars sur 10 ans à un taux d’intérêt fixe de 5 %, il va rembourser la première année un dixième du capital emprunté initialement (10 millions de dollars) et 5 % du capital dû, soit 5millions de dollars, donc en tout 15millions de dollars. La seconde année, il rembourse encore un dixième du capital initial, mais les 5 % ne portent plus que sur 90 millions de dollars restants dus, soit 4,5 millions de dollars, donc en tout 14,5 millions de dollars. Et ainsi de suite jusqu’à la dixième année où il rembourse les derniers 10 millions de dollars, et 5 % de ces 10 millions de dollars restants, soit 0,5 millions de dollars, donc en tout 10,5 millions de dollars. Sur 10 ans, le remboursement total s’élèvera à 127,5 millions de dollars. En général, le remboursement du capital ne se fait pas en tranches égales. Les premières années, le remboursement porte surtout sur les intérêts, et la part du capital remboursé croît au fil des ans. Ainsi, en cas d’arrêt des remboursements, le capital restant dû est plus élevé…
Le taux d’intérêt nominal est le taux auquel l’emprunt est contracté. Le taux d’intérêt réel est le taux nominal diminué du taux d’inflation.
usuriers, conditions de remboursement drastiques, ou encore illisibilité des contrats sont autant de caractéristiques de ces prêts de microcrédit dont les agences ciblent en priorité des personnes sans accès à un emploi formel, et majoritairement des femmes précaires, qui n’ont souvent pas d’autre solution, pour rembourser leur premier emprunt, que de se tourner vers d’autres agences de microfinance, ou même vers des usuriers locaux…
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Comptoir de la dette “Nous nous voulons vivantes libres et désendettées” (le 7 novembre à 18h au CFS, Bruxelles)

L’analyse féministe est la clé fondamentale pour comprendre non seulement les rapports de pouvoir dans la société mais aussi l’impact genré de la dette privée. Si on veut changer les choses - affirment les autrices du livre “Une lecture féministe de la dette” - « il est nécessaire de dé-confiner, de de-privatiser cette problématique, lui donner un corps, une voix, un territoire ». Pratiquer « un geste féministe » sur la dette ! Autrement dit, expliciter et collectiviser la violence de la dette pour en finir avec elle. Les deux autrices du livre, Veronica Gago et Luci Cavallero, activistes du mouvement Ni Una Menos en Argentine, seront avec nous à Bruxelles début novembre.
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Publication dettingite (fin septembre)

L’outil pédagogique “Dettingite” vise à expliquer l’impact des mesures d’austérité et de la dette sur les femmes dans le monde, tel un virus de la dette. Adaptable à plusieurs publics, l’animation peut être ludique et participative, permettant, à travers les vécus de quatre personnages - une sage-femme grecque, une confectionneuse de tissus Sri Lankaise, une Burkinabé expulsée de son village et une comédienne belge - de comprendre comment les femmes sont spécifiquement touchées par la dette et l’austérité. Un panneau grand format permet aussi de visualiser les mécanismes et conséquences de l’endettement public illégitime, illégal, odieux et insoutenable sur la vie des femmes.

Cycle éco-féminisme (de septembre à décembre 2019, Liège)

C’est en partenariat avec l’asbl liégeois Barricade, que nous organiserons dès la rentrée un cycle de plusieurs activités sur l’écoféminisme. Ce cycle aura pour objectif de découvrir et mieux comprendre les mouvements écoféministes dans toute leur diversité mais aussi de mettre en évidence leurs apports dans certains champs de luttes. En effet, à l’intersection de plusieurs enjeux, nous sommes convaincues que les mouvements écoféministes peuvent être une source d’inspiration précieuse pour enrichir nos réflexions et pratiques militantes.

L’atelier sur l’écoféminisme lors de l’Université d’été (cf. point précédent) constituera une très bonne introduction à ce cycle, qui devrait comprendre également une conférence sur l’apport des écoféministes sur la notion de dette. Un atelier pédagogique de découverte de l’écoféministe sera aussi organisé.

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Livre sur Dette et féminismes - début 2020

Les femmes* ne sont pas seulement victimes du système patriarcal ; elles sont aussi en première ligne des conséquences néfastes de la dette et des mesures d’austérité partout dans le monde. Le livre retrace les concepts et théories liant capitalisme et patriarcat, démontrant qu’ils renforcent mutuellement l’oppression des femmes* et s’enchevêtre avec d’autres rapports de domination. Le livre retrace ensuite les différentes « vagues » féministes dans l’histoire. Un chapitre se consacre entièrement à l’impact de l’austérité et de la dette sur les femmes au Sud comme au Nord du monde. Une réflexion sur les alternatives et les luttes féministes en cours apporte des éléments supplémentaires pour déconstruire le discours dominant du système dette et plaider en faveur de son abolition. Cette nouvelle lecture conclura se semestre féministe en beauté

Des semestres féministes partout, toute l’année !!

* toute personne identifiée comme femme et/ou se reconnaissant dans cette identité



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