Communiqué de presse

Unissons-nous pour abattre la dictature de la dette

16 mai 2011 par Raid Attac/Cadtm Tunisie


Meeting populaire. Dimanche 22 mai 2011, 14h-18h, Bourse Bourse La Bourse est l’endroit où sont émises les obligations et les actions. Une obligation est un titre d’emprunt (l’émetteur la vend à l’acheteur qui doit la rembourser à un taux et une échéance déterminés) et une action est un titre de propriété d’une entreprise. Les actions et les obligations peuvent être revendues et rachetées à souhait sur le marché secondaire de la Bourse (le marché primaire est l’endroit où les nouveaux titres sont émis pour la première fois). du travail, Tunis

Quatre mois après la chute du dictateur, la situation en Tunisie reste très instable, voire explosive, notamment du fait de l’aggravation de la pauvreté et du chômage.

Dans le même temps, le 1er ministre laisse planer le doute sur une probable cessation de paiement de l’Etat, en disant qu’il ne pourrait peut-être plus pouvoir assurer les salaires.

Le couvre-feu est rétabli sur l’agglomération de Tunis et sur d’autres villes, la police réprime de nouveau violemment les manifestants et se livre à des vagues d’arrestations, la presse est prise pour cible par des policiers cagoulés lors des manifestations, des sites internet sont de nouveau bloqués. Les ex-RCDistes s’activent partout en jetant de l’huile sur le feu, alimentant le sentiment d’insécurité qui règne dans le pays.

Le gouvernement provisoire n’a de solution à offrir aux pauvres, aux chômeurs et aux travailleurs en général, que la poursuite de la même politique économique et sociale de l’ex-dictateur, qui a conduit le pays à la faillite et à la révolution, pense que seul la répression peut ramener la stabilité.

C’est le sens de l’appel du premier ministre du gouvernement provisoire Beji Caid Essebsi au rétablissement de l’autorité de l’Etat. La formule idéale pour lui c’est un ‘Etat fort’ et une ‘société résignée’, la dictature en somme. Mais, il se trompe dangereusement, ce chemin est celui de la guerre civile et du véritable chaos. C’est celui que les tunisiennes et les tunisiens refusent.

Notre association Raid Attac Tunisie propose des solutions immédiates, concrètes et applicables pour renforcer le processus démocratique et rétablir la stabilité économique et sociale, seuls conditions pour la construction d’une nouvelle Tunisie sur des bases saines et solides.

La suspension du paiement de la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
extérieure est une mesure hautement importante. Il s’agit, pour la seule année 2011, de plus d’un milliard d’euros prévus en tant que service de la dette Service de la dette Somme des intérêts et de l’amortissement du capital emprunté. de l’ex-dictateur. La moitié vient d’être payée le 06 avril, l’autre moitié est prévue en septembre.

Cette somme importante aurait dû être utilisée pour faire face à l’urgence sociale seule condition pour rétablir la stabilité dans le pays. Le gouvernement provisoire préfère lui jouer au pyromane et au pompier !

Le 22 mai 2011 Raid Attac Cadtm organise un grand meeting populaire à la bourse du travail à Tunis, avec la participation, aux côtés de militantes et de militants tunisiens, de 4 euro-parlementaires européens du groupe Gauche Unitaire Européenne (Marie-Christine VERGIAT, France ; Paul MURPHY, Irlande ; Georgios TOUSSAS, Grèce ; Joao FERREIRA, Portugal.) et qui représentent une pétition signée par 75 parlementaires belges, allemands, français et européens appuyant notre revendication.

Le peuple tunisien qui s’est débarrassé du dictateur a le droit de se débarrasser aussi de sa dette laissée derrière lui.

Le peuple tunisien a le droit de choisir entre le payement de la dette du dictateur et la satisfaction de ses propres droits économiques, sociaux et culturels. C’est une question démocratique fondamentale et de justice sociale.

Conférence de presse, 16 mai 2011, à 11h, espace El Teatro, El Mechtel.

Tunis, le 13 mai 2011
Raid Attac Cadtm Tunisie
Le porte-parole
Fathi Chamkhi




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