[Video] Santé pour tou-tes ! Pour la levée des brevets privés !

26 octobre par Eric Toussaint , Frank Prouhet , Aude Martenot , Eliane Mandine


Depuis le début de la pandémie, plus de 240 millions de cas et près de 5 millions de décès dus au COVID ont été officiellement répertoriés. Outre les différentes mesures instaurées pour freiner la propagation de la pandémie, la majorité des pays s’est lancée dans une campagne de vaccination de leur population. La question du Covid montre une nouvelle fois que nous ne sommes pas tou-tes égaux face à une même situation, selon notre classe sociale, notre genre, selon que l’on appartienne à un pays du Nord ou du Sud. Tandis que plus de 60 % de la population d’Amérique du Nord et d’Europe occidentale sont vaccinés, seuls 2,1 % de la population des 27 pays à faible revenu ont reçu une dose contre le Covid…

Les dispositifs comme le COVAX ayant pour objectif affiché d’assurer un accès équitable à la vaccination pour tous les pays se révèlent pratiquement inopérantes. Surtout, elle montre l’hypocrisie des plus grandes puissances et des institutions internationales, qui derrière leurs beaux discours, ne tiennent pas leurs engagements. Angela Merkel en Allemagne, Emmanuel Macron en France, Ursula von der Leyen pour la Commission européenne, Joe Biden aux États-Unis, tou-tes s’étaient engagé-es pour que les vaccins contre le Covid soient un bien public mondial et qu’en conséquence les brevets privés seraient levés, au moins temporairement.

A ce jour, c’est tout le contraire qui se produit. La recherche et la production des vaccins ont été financées en presque totalité par les pouvoirs publics. Avec le concours des institutions internationales, les gouvernements occidentaux ont largement financé les grandes firmes pharmaceutiques privées et leur ont donné carte blanche pour réaliser de juteux profits, parfois dans le cadre de mécanisme d’évasion fiscale, au détriment de la santé de tou-tes, des biens communs, au prix d’une énorme hausse de la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
publique, dont les populations connaissent déjà les effets délétères de l’austérité à venir.

Les 13 et 14 octobre dernier, le garde-fou des brevets privés, le Conseil des Adpic s’est réuni à l’OMC OMC
Organisation mondiale du commerce
Née le 1er janvier 1995, elle remplace le forum permanent de négociation qu’était l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) où les États avaient seulement le statut de « parties contractuelles ». Un des objectifs de l’OMC est le démantèlement, lorsqu’ils existent encore, des monopoles nationaux constitués en vertu d’une décision publique. C’est déjà le cas pour les télécommunications dont la décision a été prise dans le cadre de l’OMC en février 97. Mais il en reste d’autres comme les chemins de fer qui attirent la convoitise des grands groupes financiers.

Un autre objectif est la libéralisation totale des investissements. L’instrument utilisé a été le projet d’Accord multilatéral sur l’investissement (AMI). L’AMI dont l’élaboration avait été décidée lors de la réunion ministérielle de l’OCDE de mai 1995, vise l’ensemble des investissements : directs (industrie, services, ressources naturelles) et de portefeuille. Il prévoit des dispositifs de protection, notamment pour le rapatriement total des bénéfices. L’AMI a été comme tel abandonné en 1997 mais est réapparu sous la forme d’une multitude d’Accords bilatéraux sur l’investissement, ce sont les nouveaux « habits » de l’AMI.

L’OMC fonctionne selon le mode « un pays - une voix » mais les délégués des pays du Sud ne font pas le poids face aux tonnes de documents à étudier, à l’armée de fonctionnaires, avocats, etc. des pays du Nord. Les décisions se prennent entre puissants dans les « green rooms ». Toutefois, dans la lancée de l’épisode de Seattle en novembre 1999, la conférence de Cancun (Mexique) en septembre 2003 a été marquée par la résistance d’un groupe de 22 pays émergents du Sud, qui se sont alliés en la circonstance pour mener la conférence à l’échec, face à l’intransigeance des pays du Nord.
Site :
à Genève pour discuter d’une levée temporaire des brevets, sans succès, sans surprise. A la fin du mois à Rome c’est au G20 G20 G20 : Le Groupe des vingt (G20) est un groupe composé de dix-neuf pays et de l’Union européenne dont les ministres, les chefs de banques centrales et les chefs d’État se réunissent régulièrement. Il a été créé en 1999, après la succession de crises financières dans les années 1990. Il vise à favoriser la concertation internationale, en intégrant le principe d’un dialogue élargi compte tenu du poids économique croissant pris par un certain nombre de pays. Sont membres : Allemagne, Afrique du Sud, Arabie saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, États-Unis, France, Inde, Indonésie, Italie, Japon, Mexique, Royaume-Uni, Russie, Turquie, l’Union européenne (représentée par le Président du conseil et celui de la Banque centrale européenne). que cette question sera de nouveau soulevée. Fin novembre, ce sera là encore à l’agenda d’une nouvelle réunion de l’OMC en présence des ministres.

Profitons de ces futurs sommets, pour créer une mobilisation croissante et faire infléchir les gouvernements des grandes puissances en faveur de la levée des brevets privés !

Pour en discuter, nous accueillions ce lundi 25 octobre 2021 de 18h30 à 20h30 :

* Chee Yoke Ling n’a pu participer à la conférence.

Conférence organisée et avec le soutien de : CADTM, Collectif Brevets sur les vaccins anti-covid, stop ! Réquisition, Third World Network, People’s Health Movement International, Centrale Sanitaire Suisse Romande et CETIM.




Eric Toussaint

docteur en sciences politiques des universités de Liège et de Paris VIII, porte-parole du CADTM international et membre du Conseil scientifique d’ATTAC France.
Il est l’auteur des livres, Capitulation entre adultes : Grèce 2015, une alternative était possible, Syllepse, 2020, Le Système Dette. Histoire des dettes souveraines et de leur répudiation, Les liens qui libèrent, 2017 ; Bancocratie, ADEN, Bruxelles, 2014 ; Procès d’un homme exemplaire, Éditions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Il est coauteur avec Damien Millet des livres AAA, Audit, Annulation, Autre politique, Le Seuil, Paris, 2012 ; La dette ou la vie, Aden/CADTM, Bruxelles, 2011. Ce dernier livre a reçu le Prix du livre politique octroyé par la Foire du livre politique de Liège.
Il a coordonné les travaux de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce créée le 4 avril 2015 par la présidente du Parlement grec. Cette commission a fonctionné sous les auspices du parlement entre avril et octobre 2015.

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Frank Prouhet

, animateur du Collectif Brevets sur les vaccins anti-covid, stop ! Réquisition

Aude Martenot

, est membre de la CSSR (Centrale Sanitaire Suisse Romande)

Eliane Mandine

, animatrice du Collectif Brevets sur les vaccins anti-covid, stop ! Réquisition