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Pourquoi le CADTM prendra pleinement part à la journée mondiale de lutte contre les accords de libre-échange
par Anouk Renaud
15 avril 2015

Ces dernières années, les projets d’accords de libre-échange de l’Union européenne s’accélèrent. Si la fièvre libre-échangiste européenne continue ses ravages dans les pays du Sud (pensons au cas récent de l’Équateur, mais aussi aux accords de partenariat économique - APE - avec les pays africains) elle touche désormais également les pays du Nord. Que ce soit le TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership) négocié avec les Etats-Unis ou le CETA (Comprehensive Economic and Trade Agreement) clôturé avec le Canada, ces accords constituent une importante menace pour l’endettement des Etats.

Tout d’abord, parce que les indemnisations versées dans le cadre du mécanisme de règlement des différends investisseurs-États, représenteront un coût non négligeable pour le contribuable. Pour preuve les millions de dollars déjà payés par les Canadiens, les Mexicains et les Américains en vertu du chapitre 11 de l’ALENA (Accord de Libre Echange Nord-Américain). Faute de trésorerie courante, les États déboutés devant les cours arbitrales auront sans aucun doute recours à l’emprunt pour dédommager les investisseurs mécontents de normes protégeant la santé, l’environnement ou les droits des travailleurs. A l’instar des sauvetages bancaires, les États s’endetteront de manière illégitime pour éponger les pertes des institutions privées.

A l’instar des sauvetages bancaires, les États s’endetteront de manière illégitime pour éponger les pertes des institutions privées.

S’il faut encore démontrer en quoi ce mécanisme répond aux intérêts des multinationales au détriment des droits humains fondamentaux, prenons le cas de l’Argentine qui vient d’être condamnée, par la cour arbitrale de la Banque mondiale (le CIRDI) à verser 405 millions de dollars à Suez pour avoir renationalisé le service de l’eau.

De plus, les États qui décideront de prendre les mesures qui s’imposent pour réduire leur endettement s’exposeront à de possibles poursuites de créanciers ayant investi dans leurs titres de la dette. Alors même que ces titres résultent pour beaucoup d’un endettement illégitime, odieux voire illégal. L’Argentine et la Grèce ont déjà fait les frais de fonds vautours s’appuyant sur des accords de libre-échange pour exiger la rémunération au prix fort de leur investissement.

Les dirigeants essayent de nous faire accepter rigueur budgétaire et accords de libre-échange en nous promettant des lendemains qui chantent (plus d’emplois, retour de la croissance…). Les mesures d’austérité au prétexte du remboursement des dettes et les accords de libre-échange pour soi-disant favoriser les exportations n’ont en réalité qu’un seul et même objectif : satisfaire les intérêts des multinationales et des créanciers en démolissant conquêtes sociales et environnement.

C’est pourquoi, ce 18 avril à l’occasion de la journée mondiale contre les accords de libre-échange, le CADTM sera aux côtés des plateformes D19-20, Hart Boven Hart, Acteurs des Temps présents et Tout autre chose pour réaffirmer les messages qu’il avait déployés avec des militant.e.s le 19 décembre dernier sur les bâtiments des institutions européennes : stop au TTIP, stop à l’austérité et annulation de toutes les dettes illégitimes !

Au programme du 18 avril :

Rue Plétinckx 19, 1000 Bruxelles
10h – 12h30 : ateliers-débats. Le CADTM animera avec ATTAC et FairFin un atelier « Dette publique et régulation bancaire ».
12h30-13h30 : Assemblée de convergence : « Quelles stratégies pour stopper les accords de libre-échange et construire des alternatives ? »
14h : grande manifestation au départ de la rue Plétinckx. Le CADTM prendra la parole devant une banque.
Voir : http://www.d19-20.be/


Anouk Renaud

Militante au CADTM Belgique