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Presse internationale
La série des remboursements anticipés effectués par l’Algérie se poursuit
par Lyès Ibalitène
24 juin 2006

Dans une logique d’offensive ayant gagné en vitesse depuis la signature, le mois dernier, de l’accord multilatéral avec le Club de Paris, un nouvel accord bilatéral a été signé hier avec l’Autriche pour le remboursement anticipé de la totalité de la dette algérienne rééchelonnée vis-à-vis de ce pays pour un montant de 369 millions de dollars.

Une opération de désendettement qui devrait donner encore lieu à d’autres initiatives bilatérales du genre d’ici à la fin du mois de juin en cours, selon le ministre des Finances, et permettre ainsi à l’Algérie de porter le montant de ses remboursements anticipés depuis le seul accord avec le Club de Paris à la coquette somme de 4,3 milliards de dollars, alors que d’autres montants ont déjà été dépensés au profit d’autres institutions financières internationales dans le même cadre de remboursement anticipé de la dette extérieure algérienne.

Du coup, et en attendant la conclusion d’autres accords, cette dette extérieure est en train de connaître une conséquente réduction de son volume, permettant au pays de rompre radicalement et agréablement avec les années où les rééchelonnements s’imposaient comme seule et unique monnaie de change à laquelle pouvait prétendre l’Algérie. Au détriment d’une majorité de citoyens qui payaient, et continuent à payer, les frais multiples d’une économie bâtie sur la rente et capable alors seulement de s’endetter sans pouvoir honorer ses échéanciers, au grand bonheur, bien sûr, de ses créanciers. Des citoyens victimes de cette même économie et de ses gestionnaires mais qui, comble de l’irrationnel, ont été les premiers, sinon les seuls, à être condamnés à subir l’austérité érigée en mode d’emploi pour les larges couches populaires durant les années 1990.

Depuis, les temps ont bien changé pour le pays et, dans une conjoncture visiblement florissante pour notre trésorerie - à ne pas confondre avec notre économie -, d’autres citoyens issus de générations plus jeunes pourraient, à court et moyen terme, profiter d’une situation financière nettement plus avantageuse, à travers une dette pratiquement effacée et, surtout, des recettes en devises qui ne cessent de gonfler nos caisses au rythme d’un prix de baril de pétrole appelé à se maintenir à des tarifs qui sont, justement, à l’origine de l’audace actuellement affichée par l’Algérie vis-à-vis de ses créanciers.

Reste que l’opération de désendettement tous azimuts que se sont fixée les responsables du pays ne saurait absolument pas donner lieu aux résultats escomptés si ces mêmes recettes engrangées grâce aux ressources pétrolières ne sont pas, enfin, converties en plus-value à travers des investissements qui leur éviterait de retourner rapidement à leurs pays d’origine. Autrement dit, le désendettement, le véritable désendettement, est celui pratiqué par un pays qui produit pour l’éviter et non par celui qui n’a que le pétrole pour le payer. N’est-ce pas qu’il vaut mieux être endetté et produire que ne pas avoir de dettes et être improductif ?


Source : La Tribune (Alger), 22 juin 2006,
AllAfrica.com

Lyès Ibalitène

Lyès Ibalitène