printer printer Cliquer sur l'icône verte à droite
La dette américaine conduira-t-elle à une crise financière ?
par John Dillon
19 août 2006

L’ancien ministre des Finances américain Larry Summers considère avec circonspection le calme apparent des marchés financiers mondiaux, le comparant à la tranquillité qui précédait les crises des années 1990. Les déséquilibres qui menacent aujourd’hui la stabilité financière mondiale ont leur source dans la dette américaine.

Les États-Unis sont le pays le plus endetté de la planète. Leur dette extérieure, en termes du bilan des investissements internationaux, avoisinait 3 000 milliards de dollars à la fin de 2005 [1]. Il s’agit d’un montant comparable à la totalité de la dette de tous les pays en développement, qui, selon la Banque mondiale [2], atteignait 2 600 milliards de dollars en 2004. Si le déficit commercial des États-Unis maintient ce rythme de croissance, la dette nette pourrait atteindre 7 000 milliards de dollars lorsque George W. Bush quittera la Maison-Blanche [3].

Si la dette américaine augmente, c’est en raison de ses énormes déficits, courant et budgétaire. Le déficit courant, qui approche maintenant 6,5% du produit intérieur brut (PIB), dépasse le niveau jugé acceptable par le Fonds monétaire international (FMI). Il pourrait atteindre 8% d’ici 2008 et 12% d’ici 2010. Les déficits commerciaux américains sont majoritairement (90%) financés par les acheteurs étrangers d’instruments financiers en dollars, tels que les bons du Trésor. Comme l’explique l’économiste James K. Galbraith, [les États-Unis se procurent] « des produits et services réels, le fruit du dur labeur de gens beaucoup plus pauvres [que les consommateurs américains], contre la remise de chits (argent volant) qui ne leur demandent aucun effort » [4].

Aux yeux de l’ancien président français Charles de Gaulle, la capacité pour les É.-U. d’imprimer des billets pour dépenser à l’étranger constitue un « privilège exorbitant » [5]. Pour Andre Gunder Frank, il s’agit d’un « racket de confiance à l’échelle mondiale » qui se perpétuera tant que d’autres pays continueront à investir dans des actifs financiers américains [6]. Les investisseurs étrangers détiennent environ 53% des bons du Trésor américains, dont plus de la moitié sont entre les mains de banques centrales [7]. La Chine va bientôt dépasser le Japon au premier rang des investisseurs, et Taïwan et la Corée du Sud occupent aussi un rang élevé.

Les pays du Sud financent la dette des États-Unis

Les pays en développement détiennent une proportion étonnamment importante des dettes des É.-U. en réserves en devises étrangères dans les banques centrales. À la fin de 2004, l’ensemble des pays en développement avaient des réserves en devises étrangères d’une valeur de 1 592 milliards de dollars [8]. Environ 70% de ces réserves sont investies dans des actifs en dollars, soit aux É.-U soit sur les marchés des euro-dollars. Ces réserves dépassaient le total de la dette publique des pays en développement de -1 555 milliards en 2004 [9].

Cependant, seule une poignée de pays en développement sont en fait des créanciers nets. La moitié des réserves de ces pays, soit 775 milliards de dollars à la fin de 2004, sont détenues par l’Asie orientale, et approximativement les quatre-cinquièmes par la Chine. Les pays en développement de l’Asie orientale avaient 2,84 $ en réserves par dollar de dette publique extérieure. Partout ailleurs, les dettes publiques dépassent toujours les réserves en devises étrangères mais l’écart est moins important que ce à quoi l’on pourrait s’attendre. L’Europe de l’Est et l’Asie méridionale ont 0,89 $ en réserves par dollar de dette publique, et le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, 0,80 $ par dollar. L’Amérique latine et les Caraïbes ont moins, soit 0,44 $ par dollar de dette et, en dernier, l’Afrique subsaharienne, 0,34 $ [10].

Pourquoi les banques centrales, particulièrement en Asie, maintiennent-elles de telles réserves en devises ? Après la crise financière de 1997-98, les gouvernements d’Asie ont décidé de développer leurs réserves pour parer aux renversements soudains de flux de capitaux. Ils ont souhaité avoir davantage de disponibilités de trésorerie pour faire face aux manoeuvres spéculatives des cambistes.

La baisse des impôts et les conflits armés augmentent la dette américaine

Il ne faut pas chercher bien loin la cause des problèmes financiers de Washington. George W. Bush a promis une baisse d’impôts, pour les classes aisées, d’un montant de 350 milliards de dollars sur 10 ans. L’invasion et l’occupation de l’Afghanistan et de l’Iraq ont déjà coûté 250 milliards de dollars, auxquels 6 milliards s’ajoutent chaque mois. En 2004, à la fin du premier mandat de Bush, les recettes fiscales fédérales étaient inférieures de 145 milliards de dollars à ce qu’elles étaient en 2000, la dernière année de l’administration Clinton, tandis que les dépenses en 2004 étaient de 503 milliards de dollars supérieures à ce qu’elles étaient en 2000. Au cours d’une conversation privée, en septembre 2005, Alan Greenspan, le président de la Réserve fédérale américaine, reconnaissait que l’administration américaine ne maîtrisait plus son déficit budgétaire [11].

Pour financer leurs déficits, courant et budgétaire, les É.-U empruntent quotidiennement 2,6 milliards de dollars, s’appropriant 80% de l’épargne mondiale nette. C’est un montant faramineux.

Cette situation inquiète certains investisseurs étrangers qui ont investi en dollars US. En novembre 2004, M. Greenspan avouait que les étrangers pourraient se lasser de financer les déficits records des É.-U. et diversifier leurs investissements ou exiger des É.-U. des taux d’intérêt plus élevés. De fait, des banques centrales diversifient déjà leurs portefeuilles. La Banque des règlements internationaux annonce que les gouvernements asiatiques ont réduit la proportion de leurs réserves en dollars par rapport à d’autres monnaies comme l’euro, la livre ou le franc suisse, passant de 81% au troisième trimestre de 2001 à 67% en septembre 2004.

Entre juin 2004 et janvier 2006, la Réserve fédérale américaine a relevé les taux d’intérêt de 3,5 points de pourcentage, en partie pour maintenir les investissements étrangers aux É.-U. Cette hausse des taux a contribué à stabiliser le dollar qui avait baissé de 38% par rapport à l’euro, de 25% par rapport au dollar canadien et de 23% par rapport au yen, entre février 2002 et mars 2005.

Toute dévaluation du billet vert revient en fait au non-paiement d’une partie de la dette des É.-U. parce que les « nouveaux » dollars qu’ils impriment pour servir la dette ont une valeur inférieure à celle des « anciens » dollars qu’ils ont empruntés. Pour les investisseurs étrangers, cela représente des pertes qui se chiffrent en milliards de dollars.

Pourquoi donc les pays asiatiques, en particulier, continuent-ils d’assumer des pertes en conservant tant d’actifs en dollars ayant un faible rendement, tout en permettant aux É.-U. de vivre au-delà de leurs moyens ? Le Japon accepte depuis longtemps de payer le prix de la protection militaire américaine pour son commerce et ses investissements étrangers. Tokyo a payé 13 des 61 milliards de dollars qu’a coûtés la première guerre du Golfe, en 1990, pour protéger son accès au pétrole du Moyen-Orient. L’ancien président George H. Bush a donc fait une meilleure affaire que son fils puisqu’il a obtenu du Japon une subvention pour sa guerre alors que George W. Bush, lui, n’obtient que des prêts.

La Chine a prêté aux É.-U. des milliards de dollars provenant de son énorme excédent commercial - qui d’ailleurs ne cesse de grossir -, sorte de financement de ses exportations. L’excédent commercial de la Chine dépasse maintenant 200 milliards de dollars, la Chine exportant aux É.-U. six fois plus de marchandises qu’elle n’importe de ce pays. Jusqu’à tout récemment, la Chine maintenait la parité du renminbi (ou yuan) avec le dollar américain pour éviter que ses exportations n’aient à subir les effets d’une augmentation des cours ou d’une baisse de part de marché en cas de réévaluation par rapport au dollar. À la suite des énormes pressions exercées sur elle par les É.-U., la Chine a fini par céder et, en juillet 2005, a procédé à une réévaluation de sa monnaie par rapport à un panier de devises, soit une réévaluation à la hausse de 2,1% par rapport au dollar américain.

Sans céder ouvertement aux pressions américaines, la Chine doit se méfier des menaces de représailles du Congrès américain. Par contre, des mesures sévères de protectionnisme de la part des Américains pourraient se retourner contre eux. Wal-Mart, le principal employeur américain, importe 70% de sa marchandise de Chine, où les travailleurs gagnent moins en une journée que les travailleurs américains en une heure [12]. Un grand nombre de manufacturiers ont déjà délocalisé leur production en Chine. Les augmentations de prix résultant de la réévaluation pourraient en réalité accroître le déficit commercial américain si le pays n’était pas capable de produire les mêmes marchandises.

L’équilibre de la terreur financière

Les gouvernements et les banques centrales d’Asie, les investisseurs privés, Washington et Wall Street ont tous intérêt à éviter une crise financière. L’ancien ministre des Finances Larry Summers décrit la situation comme étant « l’équilibre de la terreur financière » puisque, en cas de « fusion financière », tout le monde perdrait [13]. Pour Andre Gunder Frank, il est aussi nécessaire d’éviter cette situation qu’il ne l’est d’éviter notre annihilation par les armes nucléaires. Autant les riches que les pauvres souffriraient d’une crise financière qui entraînerait le chômage de millions de personnes et anéantirait des milliards de dollars d’actifs financiers.

Bien que les pays d’Asie prennent soin de ne pas précipiter une crise, les investisseurs privés ne sont pas tout à fait aussi enclins à subir des pertes pour préserver un équilibre instable de la terreur. Comme l’expliquait un banquier européen dans la revue d’actualités mexicaine Proceso, lorsqu’un financier prête ou investit, le problème pour lui n’est pas de prêter à quelqu’un ou d’investir dans une industrie qui ne fera pas faillite. Potentiellement, tout le monde peut faire faillite. Le problème est d’être capable de prêter ou d’investir jusqu’à 15 minutes avant la faillite ... [et puis] de s’en sortir à temps. [14] [souligné par nous]
Les cambistes privés surveillent les signes précurseurs du « point critique » où la baisse progressive de la valeur du billet vert déboucherait sur l’abandon du dollar. Par exemple, lorsque la banque centrale coréenne a fait savoir, en février 2005, qu’elle diversifierait ses réserves au profit des dollars canadiens et australiens, les marchés financiers mondiaux se sont affolés. Selon le New York Times, l’annonce de la Corée a fait le tour du monde, elle a déchaîné un vent de panique et les courtiers en devises se sont empressés de se débarrasser de leurs dollars de crainte que les banques centrales du Japon et de la Chine... ne lui emboîtent le pas [15]. La Banque de Corée a rapidement fourni des clarifications, expliquant qu’il ne s’agissait pas d’une déclaration d’intention, simplement d’une proposition, et la fièvre spéculative est retombée.

Mais la crainte demeure qu’un incident de cette nature déclenche une panique générale. Si une forte pression était exercée sur le dollar, il est à prévoir qu’elle entraînerait une hausse importante des taux d’intérêt américains afin d’attirer à nouveau les investisseurs. Les données suivantes démontrent la vulnérabilité de l’économie américaine à une hausse des taux d’intérêt :

- La famille américaine moyenne dépense 1,22 $ par dollar gagné, possède 13 cartes de crédit dont le solde débiteur s’élève à 9 312 $ - le double d’il y a 10 ans [16].

- Les citoyens américains ont emprunté 1 600 milliards de dollars sur la valeur de leurs maisons à une époque où de nombreux observateurs prédisent que la bulle immobilière est prête à éclater.

- À la fin de 2004, l’endettement des sociétés américaines non financières atteignait 2 900 milliards de dollars.

Étant donné la précarité de cette situation, ce dont le monde a besoin est, comme le disait John Maynard Keynes, d’un « programme de désarmement financier ». Il proposait de créer une monnaie internationale remplaçant l’or ou les monnaies nationales pour régler les comptes commerciaux. Or, plutôt que de prendre des mesures pour réduire les déficits, Bush poursuit ses ambitions impériales.

Les conditions sont réunies pour une crise

Les conditions sont réunies pour une crise financière semblable, sans être identique, à celle du début des années 1980. Elle avait été déclenchée par les énormes augmentations de taux d’intérêt conçues par le président de la Réserve fédérale de l’époque, Paul Volcker, en réaction à la spéculation sur le dollar et à l’inflation censée être causée, en partie, par le cours élevé du pétrole. L’économiste principal de Standard & Poor’s estime maintenant qu’une baisse rapide du dollar pourrait faire remonter les taux d’intérêt américains à 15% ou 20%, souvenir désagréable du taux usuraire du début des années 1980.

Le comportement irresponsable de l’administration Bush, particulièrement son unilatéralisme et son militarisme, rappelle aussi le comportement de la Maison-Blanche sous Nixon. En 1971, au moment où il dissociait le dollar de l’or, Richard Nixon imposait une surcharge générale de 10% sur toutes les importations aux États-Unis afin de forcer une réévaluation des monnaies des autres pays, leur faisant supporter ainsi une partie du fardeau de la crise américaine. On parle maintenant de plus en plus à Washington de mesures unilatérales et protectionnistes plus sévères comme une [autre] surcharge générale sur les importations [17].

Autre preuve de l’unilatéralisme des É.-U., leur propre réaction aux conseils du FMI. Celui-ci procède tous les ans à un examen de l’économie américaine, à la suite duquel il offre ses conseils au ministère des Finances et à la Réserve fédérale américaine. Selon le Wall Street Journal, la Réserve acquiesce poliment et, la plupart du temps, ignore les conseils, contrairement aux pays pauvres qui, eux, ne peuvent s’offrir le luxe de les jeter à la corbeille... Quant au ministère des Finances, bien qu’il ignore les conseils du FMI, il est généralement le premier à insister pour que les pays en développement les suivent au pied de la lettre [18]. L’arrogance de Washington vis-à-vis du FMI et la perte de prestige du Fonds, depuis la façon désastreuse dont il a géré la crise financière asiatique, ne donnent-elles pas d’autant plus raison aux pays en développement de ne pas en tenir compte non plus ?

Géopolitique du pétrole, de l’argent et du militarisme confondus

Le militarisme américain est à la fois une cause et une victime éventuelle de la situation financière du pays. Linda Bilmes, secrétaire adjointe au ministère du Commerce américain de 1999 à 2001, prévoit que si les troupes américaines restent au Moyen-Orient encore cinq ans, le coût total pour les Américains dépassera 1 300 milliards de dollars [19]. Son calcul prend en compte les frais d’invalidité et les soins de santé des anciens combattants victimes de blessures de guerre.

L’effondrement du dollar pourrait conduire à la fermeture de quelque 725 bases américaines à l’étranger et au rapatriement de quelque 446 000 soldats.

En 1975, Henry Kissinger avait conclu un accord avec la monarchie saoudienne lui offrant une protection militaire contre la garantie que le produit de la vente du pétrole serait converti en pétrodollars. Les autres pays de l’OPEP avaient suivi l’exemple saoudien et consenti officiellement à ne vendre le pétrole qu’en dollars américains. Toutefois, ce consensus a commencé à se désagréger. En effet, en 2001, Saddam Hussein a décidé de vendre son pétrole moyennant euros, ce qui a contrarié l’administration Bush et lui a donné une raison supplémentaire de le renverser.
Maintenant, l’Iran envisage à son tour de négocier son pétrole brut en euros. Selon certains observateurs, c’est ce projet, plutôt que son programme nucléaire, qui motive le regain d’animosité de la Maison-Blanche envers l’Iran [20].

Conséquences pour le Canada

En cas de crise financière américaine, le Canada est dans une position plus vulnérable que tout autre pays. Environ 40% de notre économie repose sur nos échanges avec les États-Unis : exportations, investissements ou placements et tourisme. Lorsque Richard Nixon a imposé unilatéralement sa surcharge de 10% sur toutes les importations, en 1971, Ottawa a eu beau demander une exemption, la Maison-Blanche a fait la sourde oreille. L’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) ne fera guère de différence, à en juger la façon dont l’administration Bush ignore ses obligations dans l’affaire du bois-d’œuvre de résineux.

Une nouvelle crise pourrait avoir les mêmes effets dévastateurs que la crise financière des années 1980, qui a entraîné une profonde récession au Canada, où le chômage est passé de 7,5% à 11,9% entre 1980 et 1983. Depuis la signature de l’ALENA, en 1988, les exportations canadiennes vers les É.-U., exprimées en pourcentage du PIB, ont doublé. En 2004, 85% des exportations canadiennes étaient destinées aux É.-U. Le Canada paiera cher cette dépendance excessive.
Il est temps de retrouver la vision qu’offrait la « troisième option » du Premier ministre Pierre Trudeau. Loin d’être une simple diversification des échanges ailleurs qu’aux É.-U., la troisième option de Trudeau était « essentiellement une option de politique intérieure », qui correspondait tout à fait à la détermination de Trudeau de renforcer les institutions canadiennes. Elle s’inspirait du Rapport Gray [1972], qui soulignait à quel point l’importance des capitaux étrangers dans le pays avait réduit l’influence du Canada sur son propre développement économique, sapant ses capacités dans le domaine de la recherche et des sciences [21]. La troisième option visait à diminuer notre dépendance exagérée de l’exportation de nos matières premières et à ne pas nous retrouver sous la coupe des É.-U.

Conséquences pour la dette extérieure illégitime des pays du Sud

On pouvait lire dans le numéro de The Economist de décembre 2004 que si la baisse du dollar américain continuait, on se trouverait en présence du plus grand manquement à ses engagements de la part d’un pays qui ait existé dans toute l’histoire [22]. Cette modification unilatérale des modalités de la dette américaine est un autre exemple du privilège excessif rattaché au fait d’être l’émetteur de la principale monnaie de réserves du monde. Les pays du Sud, quant à eux, ne jouissent pas du privilège d’emprunter des fonds dans leur propre monnaie. Mais l’exemple de ce que se permet le plus important débiteur au monde donne aux gouvernements du Sud une raison supplémentaire de refuser de rembourser des dettes illégitimes de toute évidence vu leur origine : des dettes odieuses parce qu’elles ont été contractées par des dictateurs ou parce qu’elles se sont accumulées en raison de taux d’intérêt exorbitants.

Comment réagiront les gouvernements des pays du Sud face à une autre crise financière semblable à celle de 1982 susceptible d’entraîner soudainement une réduction de leurs gains à l’exportation et une augmentation des taux d’intérêt qui les mettront dans l’impossibilité de servir la dette ?

Cela dépendra principalement du pouvoir du mouvement pour la justice mondiale et du souvenir qu’auront les gens des résultats désastreux des impératifs du FMI auxquels on s’était soumis lors des crises des années 1980 et 1990. Lorsque la prochaine crise éclatera, ce mouvement poussera les gouvernements des pays du Sud à rejeter toute dette illégitime et à refuser de signer tout accord avec le FMI.


John Dillon est coordinateur du programme Justice économique globale de KAIROS. Contact : jdillon chez kairoscanada.org

KAIROS : Initiatives canadiennes œcuméniques pour la justice réunit onze Églises et institutions religieuses dans son œuvre pour la justice sociale au Canada et à travers le monde.

Notes :

[1Tous les chiffres sont exprimés en dollars américains. Le montant net des investissements à l’étranger d’un pays comprend les investissements directs à l’étranger, les obligations et les prêts.

[2Global Development Finance (2005) de la Banque mondiale mesure la dette à l’exclusion des investissements directs à l’étranger.

[3Dean Baker, “Dangerous Trends : The Growth of Debt in the U.S. Economy”, 7 septembre 2004, www.cepr.net

[4cité dans Asad Ismi “U.S. can’t keep relying on other countries to pay for its imperial excesses” The CCPA Monitor, mai 2005 Ottawa.

[5Ibrahim Warde, “Le sort du dollar se joue à Pékin”, Le Monde diplomatique, mars 2005

[6Andre Gunder Frank, “The Naked Hegemon”, Asia Times 10/01/04

[7Financial Times, 16 août 2005

[8Global Development Finance 2005 de la Banque mondiale,Washington

[9Eric Toussaint, “Utopie pour briser la spirale infernale de la dette”, CADTM, 8 juin 2005.

[10d’après Global Development Finance 2005 de la Banque mondiale

[11The Globe and Mail, Toronto, 26 septembre 2005, B1

[12Ibrahim Warde, op. cit.

[13Financial Times, 7 décembre 2004

[14Proceso No. 1020, 20 mai 1996, p.19, Mexico DF

[15cité dans Asad Ismi, op. cit.

[16Financial Times, 16 août 2005

[17The Globe and Mail, Toronto, 23 décembre 2004

[18Wall Street Journal, 30 septembre 1999

[19The New York Times, 20 août 2005

[20Muckraker Report, 4 janvier 2006

[21Jeremy Kinsman, “Who is my neighbour ? Trudeau and Foreign Policy” London Journal of Canadian Studies 18 : 2002/2003, p.110.

[22The Economist, 4 décembre 2004, p.9

John Dillon