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Face à la forte hausse des dettes à rembourser repenser les alternatives
par Eric Toussaint
11 février 2022

Selon le Financial Times, les pays les plus pauvres doivent faire face à une hausse de 11 milliards de dollars des remboursements de leur dette en 2022 [1]. De son côté, la Banque mondiale met en garde contre le risque de « défauts de paiement désordonnés ».

Les pays les plus pauvres font face à une hausse de 11 milliards de dollars des remboursements de leur dette en 2022

Un groupe de 73 pays à faible et moyen revenu devra rembourser environ 35 milliards de dollars aux prêteurs officiels bilatéraux et du secteur privé en 2022, soit une hausse de 45 % par rapport à 2020.

Le Sri Lanka étant considéré comme l’un des plus vulnérables. Le Ghana, le Salvador et la Tunisie, risquent aussi d’être en difficulté. La Zambie est déjà en défaut de paiement depuis 2020 pour un montant de 3 milliards de dollars et sa situation ne s’améliore pas [2]. Le gouvernement zambien est en train de négocier un nouveau crédit du FMI qui, s’il est accordé, exigera du pays des mesures d’austérité.

73 pays à faible et moyen revenu devront rembourser 35 milliards de dollars aux prêteurs officiels bilatéraux et du secteur privé en 2022, soit une hausse de 45 % par rapport à 2020

Les pays les plus pauvres du monde sont confrontés à une augmentation de près de 11 milliards de dollars des remboursements de leur dette cette année, après que nombre d’entre eux ont rejeté le plan du FMI et de la BM de 2020 car il était lié à des nouvelles conditionnalités et à une perte supplémentaire de souveraineté. Ces pays se sont tournés vers les marchés financiers pour financer leur réponse à la pandémie de coronavirus.

David Malpass, président de la Banque mondiale, a averti que l’insistance des créanciers à recevoir leur paiement aura comme conséquence qu’augmente le risque de défauts de paiement qui se feront dans le désordre. « Les pays sont confrontés à une reprise des paiements de la dette au moment précis où ils n’ont pas les ressources nécessaires pour les effectuer », a-t-il déclaré.

Comme l’explique le Financial Times lui-même, cette augmentation est la conséquence du fait que les économies en développement s’endettent davantage pour faire face à l’impact du coronavirus sur l’économie et les soins de santé, ainsi que la hausse du coût du refinancement des emprunts existants et la reprise des remboursements de la dette qui avaient été suspendus après le déclenchement de la pandémie.

Le président de la Banque mondiale a annoncé que le risque de défauts de paiement augmentait et qu’ils se feront dans le désordre

Selon la Banque mondiale, environ 60 % de tous les pays à faible revenu doivent restructurer leur dette ou risquent de devoir le faire, et de nouvelles crises de la dette souveraine sont probables.

Les gouvernements et les entreprises des pays à revenu faible et intermédiaire ont émis des obligations d’une valeur d’environ 300 milliards de dollars chaque année en 2020 et 2021, soit plus d’un tiers de plus que les niveaux pré-pandémiques, selon les données de l’Institute of International Finance, un cartel de grandes banques et de sociétés financières privées.

Les émissions de titres souverains par les pays en développement ont bondi pendant la pandémie. L’augmentation imminente des remboursements intervient en dépit d’une initiative mondiale concoctée par le G20 avec le FMI, la Banque mondiale et le Club de Paris, visant à alléger le fardeau de la dette des pays pauvres, qui s’est avérée être un pétard mouillé [3].

Selon la Banque mondiale, environ 60 % de tous les pays à faible revenu doivent restructurer leur dette ou risquent de devoir le faire

L’initiative de suspension du service de la dette, lancée par le groupe des grandes économies du G20 en avril 2020, visait à reporter environ 20 milliards de dollars dus par 73 pays à des prêteurs bilatéraux entre mai et décembre 2020. Le CADTM avait dénoncé en octobre 2020 dans des termes très clairs les mesures prises par le G20 [4]. Mais bien qu’elle ait été prolongée jusqu’à la fin de 2021, seuls 46 pays ont demandé à rentrer dans cette initiative. C’est ce que reconnaît le Club de Paris lui-même [5]. En 2020 et 2021, il faut souligner que ces 46 pays continuaient de toute manière à rembourser le service de la dette due aux créanciers privés et à une série de prêteurs multilatéraux. Ces 46 pays doivent maintenant rembourser l’entièreté du service de la dette de l’année 2022, c’est-à-dire, les dettes dues aux créanciers bilatéraux, multilatéraux et privés.

La pandémie a également creusé les déficits budgétaires. Plus de la moitié des États pauvres sont aujourd’hui en surendettement ou en risque de surendettement, contre 30 % en 2015.

Le nouveau profil des créanciers rendra plus difficile les restructurations de dettes. En l’espace de dix ans, le secteur privé est en effet devenu le premier prêteur des pays à bas et moyen revenu. Il détenait ainsi 40 % de la dette extérieure totale de l’Afrique en 2019, contre seulement 17 % vingt ans plus tôt.

Les coûts d’emprunt augmentent

Entretemps, les coûts d’emprunt augmentent. Au cours des deux premières années de la pandémie, le maintien des bas taux d’intérêt par les grandes banques centrales ont permis aux gouvernements d’emprunter à un coût relativement faible car les prêteurs cherchaient dans le Sud global de meilleurs rendements que ceux obtenu au Nord. Mais comme les investisseurs s’attendent de plus en plus à un resserrement des conditions monétaires mondiales cette année, il devient plus coûteux de refinancer les dettes existantes. La Réserve fédérale des États-Unis a entamé un processus de relèvement des taux afin de lutter contre la poussée de l’inflation sur leur territoire. Cela va probablement entraîner dans le futur un important rapatriement des capitaux financiers vers le Nord et en particulier dans un premier temps vers les États-Unis.

Le processus a déjà commencé. Dans de nombreux pays, les taux d’intérêt restent inférieurs au rythme de la croissance des prix, et les capitaux transfrontaliers quittent les actions et les obligations des marchés émergents. Les fonds d’investissement étrangers ont commencé à se détourner des marchés émergents. « L’accès au marché est une chose merveilleuse lorsqu’il y a de l’argent bon marché, mais il pourrait y avoir une vision différente lorsque les conditions se durcissent », a déclaré Ayhan Kose, chef de l’unité de prévision économique de la Banque mondiale.

« Les problèmes d’endettement s’accumulent… Nous risquons vraiment d’assister à une nouvelle décennie perdue pour les pays en développement », a déclaré Rebeca Grynspan, secrétaire générale de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement

« Les problèmes d’endettement s’accumulent et l’espace fiscal du monde en développement va continuer à se réduire. Nous risquons vraiment d’assister à une nouvelle décennie perdue pour les pays en développement », a déclaré Rebeca Grynspan, secrétaire générale de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement.

Cité par le Financial Times, Gregory Smith, stratège des marchés émergents chez M&G Investments, a déclaré : « Une autre crise de la dette, quelle que soit la manière dont elle est déclenchée, aurait un impact très fort sur les pays très endettés... »

Le « cadre commun » oblige les pays participants à s’entendre d’abord avec les créanciers bilatéraux et le FMI, puis à obtenir le même allégement de la dette auprès des créanciers privés. Seuls le Tchad [6], l’Éthiopie et la Zambie se sont portés candidats, et les négociations n’ont abouti à ce stade à aucune progression.

Au-delà des alertes lancées par la Banque mondiale et d’autres institutions

Au-delà des facteurs conjoncturels du démarrage de cette nouvelle crise de la dette du Sud global, il convient de mettre en lumière les causes structurelles et historiques.

La Banque mondiale, le FMI, le Club de Paris, les classes dominantes du Nord et du Sud affirment depuis les indépendances que tout pays du Sud qui veut connaître un progrès économique doit obligatoirement à la fois s’endetter et ouvrir son marché intérieur aux produits et aux investissements étrangers. Les mêmes acteurs affirment que les pays du Sud qui sont riches en matières premières doivent exploiter celles-ci au maximum et les exporter. Cette vision dogmatique qui repose sur le triptyque : dette, ouverture maximale des économies et extractivisme maintient les pays dans la dépendance, dans la subordination, dans le sous-développement et dans l’endettement permanent. L’écrasante majorité de la population de ces pays vit, dans le meilleur des cas, dans la précarité et, au pire, dans la pauvreté extrême.

La dette qui est contractée par la plupart des gouvernements est utilisée pour financer des projets et des politiques qui augmentent en réalité la dépendance du pays et aboutissent à un échec. Cela ne permet pas au pays de se désendetter et il entre dans une logique permanente d’endettement. Les nouveaux emprunts servant à rembourser les anciens. Périodiquement des circonstances extérieures rendent très difficile ou impossible le remboursement. Les causes les plus fréquentes : la hausse des taux d’intérêts au niveau international qui renchérit le coût du refinancement de la dette, la hausse des prix des produits importés qui augmente la facture des importations en monnaies fortes, la réévaluation du dollar ou d’autres devises fortes par rapport à la monnaie nationale, une mauvaise récolte qui diminue les revenus d’exportation, la baisse des prix des produits exportés, les effets d’une crise économique internationale, les conséquences d’une pandémie,… Conjoncturellement, dans le cas du Sri Lanka, c’est ce dernier facteur qui rend très difficile la situation. Alors que le pays dépend des devises que procurent les touristes étrangers qui viennent passer des vacances sur l’île, la pandémie a provoqué une chute brutale des revenus et le gouvernement éprouve la plus grande peine pour rembourser la dette.

Encadré : Mensonges théoriques

Selon la théorie économique dominante, le développement du Sud est retardé à cause d’une insuffisance de capitaux domestiques (insuffisance de l’épargne locale). Toujours selon la théorie économique dominante, les pays qui souhaitent entreprendre ou accélérer leur développement doivent faire appel aux capitaux extérieurs en utilisant trois voies : primo, s’endetter à l’extérieur ; secundo, attirer les investissements étrangers ; tertio, augmenter les exportations pour se procurer les devises nécessaires à l’achat de biens étrangers permettant de poursuivre leur croissance. Pour les pays les plus pauvres, il s’agit aussi d’attirer des dons en se comportant en bons élèves des pays développés.

La réalité contredit cette théorie : ce sont les PED qui fournissent des capitaux aux pays les plus industrialisés [7]. Pour en savoir plus sur les théories dominantes, lire : « Les mensonges théoriques de la Banque mondiale » https://www.cadtm.org/Les-mensonges-theoriques-de-la-Banque-mondiale

La collaboration entre la Banque mondiale et le FMI est fondamentale afin d’exercer la pression maximale sur les pouvoirs publics. Et pour parfaire la mise sous tutelle de la sphère publique et des autorités, pour pousser plus avant la généralisation du modèle, la collaboration du duo Banque mondiale/FMI s’étend à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) depuis sa naissance en 1995.

Les gouvernements alliés aux transnationales utilisent l’action coercitive d’institutions publiques multilatérales pour imposer leur modèle aux peuples

L’agenda caché de ces institutions et des classes dominantes vise la soumission des sphères publique et privée de toutes les sociétés humaines à la logique de la recherche du profit maximum dans le cadre du capitalisme. La mise en pratique de cet agenda caché implique la reproduction de la pauvreté (non sa réduction) et l’augmentation des inégalités. Elle implique une stagnation voire une dégradation des conditions de vie d’une grande majorité de la population mondiale, combinée à une concentration de plus en plus forte de la richesse. Elle implique également une poursuite de la dégradation des équilibres écologiques qui met en danger l’avenir même de l’humanité.

Un des nombreux paradoxes de l’agenda caché, c’est qu’au nom de la fin de la dictature de l’État et de la libération des forces du marché, les gouvernements alliés aux transnationales utilisent l’action coercitive d’institutions publiques multilatérales (Banque mondiale – FMI - OMC) pour imposer leur modèle aux peuples.

Rompre avec un modèle et un système qui mènent reproduisent la pauvreté et creusent les inégalités

Face à l’évidence des risques de suspension de paiement de la dette, de la montée criante des inégalités et du creusement du fossé entre les économies opulentes et les économies appauvries suite à l’application du modèle résumé plus haut, les dirigeant·es des institutions multilatérales multiplient les déclarations pour exprimer leurs préoccupations.

Ces institutions ne font aucune autocritique, elles ne mettent jamais en évidence les causes réelles de la situation.

C’est pour ces raisons qu’il faut rompre radicalement avec le modèle appliqué par la Banque mondiale, le FMI, l’OMC, l’OCDE, le Club de Paris, les classes dominantes du Nord et du Sud.

Il faut mettre radicalement en cause le concept de développement étroitement lié au modèle productiviste. Ce modèle de développement exclut la protection des cultures et de leur diversité ; il épuise les ressources naturelles et dégrade de manière irrémédiable l’environnement. Ce modèle considère la promotion des droits humains au mieux comme un objectif à atteindre à long terme (or, à long terme, nous serons tous morts) ; le plus souvent, la promotion des droits humains est perçue comme un obstacle à la croissance ; le modèle considère l’égalité comme un obstacle, voire un danger.

Il faut mettre radicalement en cause le concept de développement étroitement lié au modèle productiviste

Si des mouvements populaires accédaient au gouvernement dans plusieurs PED et mettaient en place leur propre banque de développement et leur propre fonds monétaire international, ils seraient parfaitement en mesure de se passer de la Banque mondiale, du FMI et des institutions financières privées des pays les plus industrialisés.

Il n’est pas vrai que les PED doivent recourir à l’endettement pour financer leur développement. De nos jours, le recours à l’emprunt sert essentiellement à assurer la poursuite des remboursements. Malgré l’existence d’importantes réserves de change [8], les gouvernements et les classes dominantes locales du Sud n’augmentent pas l’investissement et les dépenses sociales.

De nos jours, le recours à l’emprunt sert essentiellement à assurer la poursuite des remboursements

Il faut rompre avec la vision dominante qui voit dans l’endettement une nécessité absolue.

De plus, il ne faut pas hésiter à abolir ou répudier des dettes odieuses ou illégitimes. En effet une grande partie des dettes ont été contractées contre l’intérêt de la population.

Ceci étant dit, l’endettement public n’est pas une chose mauvaise en soi s’il est conçu d’une manière radicalement différente du système actuel.

L’emprunt public est tout à fait légitime s’il sert des projets légitimes et si ceux qui contribuent à l’emprunt le font de manière légitime.

L’endettement public n’est pas une chose mauvaise en soi s’il est conçu d’une manière radicalement différente du système actuel

La dette publique pourrait être utilisée pour financer d’ambitieux programmes de transition écologique plutôt que pour appliquer des politiques antisociales, extractivistes et productivistes qui favorisent la concurrence entre les nations.

En effet, les autorités publiques peuvent utiliser des prêts, par exemple, pour :

  • financer la fermeture complète des centrales thermiques et nucléaires ;
  • remplacer les énergies fossiles par des sources d’énergie renouvelables respectueuses de l’environnement ;
  • financer une conversion des méthodes agricoles actuelles (qui contribuent au changement climatique et utilisent beaucoup d’intrants chimiques responsables de la diminution de la biodiversité) en favorisant la production locale d’aliments biologiques pour rendre l’agriculture compatible avec notre lutte contre le changement climatique ;
  • réduire radicalement les transports aériens et routiers et développer les transports collectifs et l’utilisation du chemin de fer ;
  • financer un programme ambitieux de logements sociaux à faible consommation d’énergie ;
  • financer la recherche médicale publique et les dépenses de santé publique pour faire face aux graves problèmes de santé qui affectent l’humanité.

Un gouvernement populaire n’hésitera pas à forcer les entreprises (nationales, étrangères ou multinationales) ainsi que les ménages plus riches à contribuer à l’emprunt sans en tirer aucun profit, c’est-à-dire avec un intérêt nul et sans compensation en cas d’inflation.

Dans le même temps, les ménages des classes populaires qui ont une épargne seront invités à confier celle-ci aux pouvoirs publics pour financer les projets légitimes mentionnés ci-dessus. Ce financement volontaire par les classes populaires serait rémunéré à un taux réel positif, par exemple 4 %. Cela signifie que si l’inflation annuelle atteignait 3 %, les autorités publiques paieraient un taux d’intérêt nominal de 7 %, pour garantir un taux réel de 4 %.

Un tel mécanisme serait parfaitement légitime car il permettrait de financer des projets réellement utiles à la société et parce qu’il contribuerait à réduire la richesse des riches tout en augmentant les revenus des classes populaires.

Il y a également d’autres mesures qui doivent permettre de financer de manière légitime le budget de l’État : obtenir à taux zéro un crédit de la banque centrale, établir un impôt sur les grosses fortunes et les très hauts revenus, prélever des amendes sur les entreprises responsables de la grande fraude fiscale, réduire radicalement les dépenses militaires, mettre fin aux subsides aux banques et à des grandes entreprises, augmenter les impôts sur les entreprises étrangères notamment dans le secteur des matières premières, etc.

Tôt ou tard, les peuples se libéreront de l’esclavage de la dette et de l’oppression exercée par les classes dominantes au Nord et au Sud. Ils obtiendront par leur lutte la mise en place de politiques qui redistribuent les richesses et qui mettent fin au modèle productiviste destructeur de la nature. Les pouvoirs publics seront alors contraints de donner la priorité absolue à la satisfaction des droits humains fondamentaux.

Sortir du cycle infernal de l’endettement sans tomber dans une politique de charité

Sortir du cycle infernal de l’endettement sans tomber dans une politique de charité

Pour cela, une démarche alternative est requise : il faut sortir du cycle infernal de l’endettement sans tomber dans une politique de charité, qui vise à perpétuer un système mondial dominé entièrement par le capital, par quelques grandes puissances et par les sociétés transnationales. Il s’agit de mettre en place un système international de redistribution des revenus et des richesses afin de réparer le pillage multiséculaire auquel les peuples dominés de la périphérie ont été et sont encore soumis.

Ces réparations sous forme de dons ne donnent aucun droit d’immixtion des pays les plus industrialisés dans les affaires des peuples dédommagés. Au Sud, il s’agit d’inventer des mécanismes de décision sur la destination des fonds et de contrôle sur leur utilisation aux mains des populations et des autorités publiques concernées. Cela ouvre un vaste champ de réflexion et d’expérimentation.


L’auteur remercie Claude Quémar et Milan Rivié pour leur relecture


Notes :

[1Financial Times, « Default alert as poorest countries face $11Bn surge in debt payments », 18 janvier 2022

[2Voir les pages 7 et 8 du rapport d’Eurodad de mai 2021, https://www.cadtm.org/Dette-et-Covid-19-en-Equateur-au-Kenya-au-Pakistan-aux-Philippines-et-en-Zambie Voir aussi Financial Times, « Zambia’s president vows not to favour Chinese creditors in restructuring », 31 janvier 2022

[3Milan Rivié, « 6 mois après les annonces officielles d’annulation de la dette des pays du Sud : Où en est-on ? », 17 septembre 2020. Disponible à : https://cadtm.org/6-mois-apres-les-annonces-officielles-d-annulation-de-la-dette-des-pays-du-Sud

[4CADTM International, « Le CADTM condamne les mesures du G20 sur la dette », 16 octobre 2020. Disponible à : https://www.cadtm.org/Le-CADTM-condamne-les-mesures-du-G20-sur-la-dette

[6Rapport du FMI n°21/267 sur le Tchad, disponible sur le site du FMI, consulté le 3 février 2022.

[7Milan Rivié, « Flux financiers illicites : Afrique première créancière au monde », CADTM, publié le 15 octobre 2020, http://cadtm.org/Flux-financiers-illicites-Afrique-premiere-creanciere-au-monde.

[8Les réserves de change sont des avoirs en devises étrangères et en or détenues par une banque centrale. Elles prennent aussi la forme de bons et obligations du Trésor d’États étrangers, en particulier les bons du Trésor des États-Unis.

Eric Toussaint

docteur en sciences politiques des universités de Liège et de Paris VIII, porte-parole du CADTM international et membre du Conseil scientifique d’ATTAC France.
Il est l’auteur des livres, Capitulation entre adultes : Grèce 2015, une alternative était possible, Syllepse, 2020, Le Système Dette. Histoire des dettes souveraines et de leur répudiation, Les liens qui libèrent, 2017 ; Bancocratie, ADEN, Bruxelles, 2014 ; Procès d’un homme exemplaire, Éditions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Il est coauteur avec Damien Millet des livres AAA, Audit, Annulation, Autre politique, Le Seuil, Paris, 2012 ; La dette ou la vie, Aden/CADTM, Bruxelles, 2011. Ce dernier livre a reçu le Prix du livre politique octroyé par la Foire du livre politique de Liège.
Il a coordonné les travaux de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce créée le 4 avril 2015 par la présidente du Parlement grec. Cette commission a fonctionné sous les auspices du parlement entre avril et octobre 2015.