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Communiqué de presse
Le CADTM s’insurge contre la venue de Paul Wolfowitz et Louis Michel en République Démocratique du Congo (RDC)
8 mars 2007

Un mois après la répression des manifestants dans le Bas-Congo ayant fait au moins 137 morts, la RDC reçoit du jeudi 8 au vendredi 9 mars la visite conjointe de Paul Wolfowitz, président de la Banque mondiale et de Louis Michel, commissaire européen au développement et à l’aide humanitaire.

Leur mission principale est de superviser la mise en œuvre du Programme multi-pays de Démobilisation et Réintégration financé principalement par la Banque mondiale et la Commission européenne. Ce programme lancé en 2002 vise à assurer la paix dans la région des Grands Lacs.

Or, la stabilité dans cette région restera menacée tant que des transnationales comme l’entreprise canadienne Anvil Mining ou la société britannique Afrimex continueront à exploiter les ressources naturelles de la RDC sans que la population congolaise ne puissent en profiter. Ces entreprises du Nord bénéficient directement des politiques néo-libérales imposées par la Banque mondiale et la Commission européenne aux pays du Tiers-monde dans le cadre de l’initiative PPTE ( Pays Pauvres Très Endettés ) et qui empêchent la satisfaction des besoins humains fondamentaux en violation flagrante de la Déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948 et du Pacte sur les droits économiques, sociaux et culturels de 1966.

Le CADTM dénonce la responsabilité écrasante de la Banque mondiale et de la Commission européenne dans la situation actuelle de la RDC et leur conteste le droit de se présenter comme des acteurs du développement.

La Banque mondiale, après avoir prêté massivement au dictateur Mobutu, allié stratégique des Etats-Unis pendant la Guerre froide jusqu’au début des années 1990, fait peser aujourd’hui sur la population le poids de cette dette odieuse qui atteignait 10,8 milliards de dollars en 2006. Pour rembourser cette dette, la Banque mondiale contraint la RDC à privatiser les entreprises publiques comme la Gecamines, entreprise minière et fer de lance de l’économie congolaise, provoquant ainsi le départ de 10 000 employés congolais ; à brader ses ressources naturelles aux entreprises du Nord et à sacrifier les secteurs sociaux dont la population a tant besoin.

L’Union européenne est aussi complice de l’appauvrissement des Congolais et compte sur le président Joseph Kabila pour renforcer la domination des transnationales européennes par la signature des Accords de Partenariat Economique (APE) prévue pour le début de l’année 2008.

Le CADTM exige la fin des politiques imposées par la Banque mondiale et l’Union européenne à la RDC ainsi que l’annulation totale et inconditionnelle de cette « dette odieuse » selon les propres termes de l’ancien vice-président de la Banque mondiale Joseph Stiglitz, lors de sa conférence au Sénat belge le 1er mars 2007. Un audit de la dette congolaise doit être réalisé par la population pour récupérer les biens mal acquis dont la fortune de Mobutu estimée à 8 milliards de dollars.

Enfin, il est urgent de mettre fin à l’impunité de la Banque mondiale qui non seulement appauvrit le peuple congolais mais continue à garantir les investissements de Anvil Mining, société canadienne accusée de complicité dans le massacre en octobre 2004 des villageois de Kilwa situé dans le Katanga.

Eric TOUSSAINT (CADTM Belgique), Damien MILLET (CADTM France), Luc MUKENDI (CADTM Lubumbashi), Victor NZUZI (CADTM Kinshasa), Renaud VIVIEN (CADTM France) numéro GSM : 04 97 04 799